Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à Curaçao un mardi matin à 8 h 30, après un vol de nuit avec KLM qui a décolle de Paris avec 45 minutes de retard. L'aéroport international Hato n'est qu'à 10 km de Willemstad, mais le taxi non réglementé nous a facturé 35 florins, soit presque 17 euros, quand la route aurait dû en coûter 20. Premier conseil : toujours négocier avant de monter. L'hôtel Hilton Curaçao, situé sur le front de mer du quartier de Punda, s'est avéré être un bon point d'ancrage. Notre chambre donnait sur le Schottegat, ce détroit bleu étincelant qui traverse la ville. Le matin du 4 décembre, nous nous sommes levés à 5 h 45 pour attraper le bus local numéro 1A (compagnie Curaçao Bus), qui relie Willemstad aux plages du nord. Le voyage dure une quarantaine de minutes et coûte 3 florins. Plages et premiers contactsLa plage de Malmok, au nord, est notre première destination. Nous y arrivons vers 6 h 45. L'eau est tiède, presque 28 °C même le matin, et le sable est gris-blanc. Pas de foule à cette heure, juste quelques Curaçaoens qui font leur jogging sur le rivage. L'odeur iodée se mêle aux embruns de l'océan Atlantique qui arrive du large. C'est le genre de moment où on comprend pourquoi on a quitté la pluie parisienne. Nous descendons ensuite à la plage de Thalassa, près de Cas Abao. Le gestionnaire de cette petite baie nous demande 3 florins d'entrée par personne. Au restaurant de plage attaché au site, un ceviche de vivaneau coûte 18 florins (environ 9,50 euros), et c'est bon, bien garni de poisson frais et citron. Nous mangeons les pieds dans le sable vers 11 h 30. Willemstad et ses ruellesLe centre historique de Willemstad nous surprend par son mélange de couleurs : les bâtiments coloniaux des rues Breeustraat et Gobernadorstraat sont peints en rose bonbon, bleu canard, jaune vif. Nous visitons le Mikve Israel-Emmanuel, la plus ancienne synagogue en usage continu de l'hémisphère occidental, fondée en 1651. L'entrée coûte 5 dollars américains. À l'intérieur, l'odeur de bois ancien et de cire nous saisit immédiatement. Les vitraux filtrent une lumière apaisante. Le pont flottant Pontrebouwbrug, qui relie Punda à Otrobanda, nous fascine. Construit en 1888 et encore fonctionnel, il se lève plusieurs fois par jour pour laisser passer les bateaux. Nous l'avons vu se lever à 14 h, un spectacle mécanique qu'aucune photo ne rend vraiment. Galères et mauvaises surprisesOù ça se gâte : nous avons réservé une excursion en bateau vers Klein Curaçao (une petite île déserte) via un tour-opérateur de l'hôtel. Le prix affichait 75 dollars par personne. Le bateau était prévu à 8 h. À 8 h 30, pas de bateau. À 9 h 15, on nous apprend que l'excursion est annulée pour « conditions météo ». Aucun remboursement ne nous a été proposé spontanément. Après une heure de négociation à la réception de l'hôtel, nous avons obtenu un crédit pour le restaurant de l'établissement. C'est frustrant, mais nous avons appris qu'il faut toujours avoir un plan B aux Antilles. Le second problème : nous avons essayé le restaurant réputé « Iguanas » sur Breeustraat, basé sur les conseils de guides en ligne. L'attente a été 1 h 20 pour une table, et le service affamé à réclamer trois fois à boire avant de recevoir quelque chose. Le poisson grillé était bon (27 florins), mais le rapport prix-attente ne valait pas le coup. Moments authentiquesLes marchés locaux, eux, ne déçoivent pas. Au marché central de Willemstad, rue Schottegat, nous avons acheté des papayes jaunes (0,80 florin pièce), des fruits de la passion, et des épices. Un vendeur nous a parlé pendant 20 minutes du meilleur endroit pour acheter du sopi di piska (un bouillon de poisson traditionnel). Nous l'avons dégusté le lendemain chez une femme, Marcia, qui cuisine depuis 30 ans dans une petite maison-restaurant sans enseigne, à Otrobanda. Bol de sopi pour 12 florins. Le goût salé et riche du bouillon, épaissi avec du plantain, nous a ramenés à une certaine réalité des Antilles, loin des hôtels. La plage privée de Sunscape Curaçao offrait un jour de détente tranquille. Nous avons payé 20 dollars pour l'accès à la plage et aux chaises longues, ce qui inclut un verre gratuit. Assis là à 15 h, regardant le soleil virer à l'orange avant de basculer derrière les collines, on réalise que les mauvais moments font aussi partie du voyage.
Les bons plans repérés sur place.
Plage de Cas Abao : eau cristalline et restaurant de plage avec ceviche frais à 18 florins
Synagogue Mikve Israel-Emmanuel (Breeustraat) : architecture du XVIIe siècle, odeur de bois ancien captivante
Pontrebouwbrug : le pont flottant médiéval de Willemstad, à voir se lever à 14 h pour les bateaux
Marché central de Willemstad : fruits tropicaux bon marché et rencontres avec vendeurs locaux
Bus numéro 1A : 3 florins pour atteindre les plages du nord depuis le centre en 40 minutes
Photos — Willemstad, Curaçao
Et au final.
Curaçao nous a offert dix jours de mélange : belles plages, architecture coloniale sincère, cuisine locale généreuse. Mais il ne faut pas s'attendre à une destination vierge ou très bon marché. Les prix sont européens, les arnaques touristiques existent, et même les hôtels corrects parfois pêchent par le service. Nous repartirions, mais en sachant que c'est une destination pour profiter de l'eau et du calme, pas pour des promesses de paradis parfait.
