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Voyage Burkina Faso

Journal du Burkina Faso A la veille de mon départ, le 17 Juin, je n’ai aucune idée réelle sur le pays je vais. On m’a bien expliqué les risques, certain comportement et autres traditions, mais cela ne…

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lolopac
Publié en 2019
60 jours5/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

Journal du Burkina Faso A la veille de mon départ, le 17 Juin, je n’ai aucune idée réelle sur le pays je vais. On m’a bien expliqué les risques, certain comportement et autres traditions, mais cela ne m’a pas aidé à m’imaginer là bas. Je prends l’avion de Nice à Paris et de Paris à Ouagadougou. A 20h, je descends de l’avion dans lequel, sur chaque fauteuil, est présent un écran tactile, et en attendant celui qui va m’accueillir, Paul Miampo, je fais ma première rencontre. Un homme qui m’explique q’il a quitté sa mère depuis ses 14ans et que son seul but depuis est de trouver de l’argent pour la revoir. Ainsi je découvre l’effroyable terreur du tiers monde : les plus grandes richesse et le plus grand confort transite devant les yeux de la population sans qu’ils puissent en profiter ne serait-ce qu’un peu. Puis on m’accueille très chaleureusement dans des conditions vraiment privilégiées. Je passe une bonne nuit en espérant de ne pas me faire piquer par des moustiques. Désormais mes seuls buts sont, certes de faire de mon mieux pour ceux pour qui je suis venu mais surtout de me garder en bonne santé. Ici je combats quotidiennement le paludisme et la turista. Je ne peux plus me ronger les ongles, je dois me laver les mains tout le temps, dormir avec une moustiquaire, me mettre du spray anti-moustique à longueur de journée, refuser certaines nourritures, et je n’ai pas le droit de me blesser ! Mon premier jour est un dimanche. Le pneu de la 205 est crevé, il faut le réparer. Je vais le faire changer à un jeune garçon qui rebouche le petit trou fait par un clou avec une pâte dont je reste curieux de connaître la composition. Puis, pour regonfler le pneu, il utilise de la semoule mouillée et un peu de colle. Pendant ce temps Ali, le grand frère de Paul, me demande si j’ai des frères et sœur. Je lui réponds que j’ai un frère et une sœur, il me rétorque q’il en a quarante… De quoi me donner un sacré frisson. Au bout d’une heure à contempler ce travail impressionnant, je rentre avec un pneu en état de marche pour repartir aussitôt dans l’un des très rares sites touristiques. « Le village de l’artisanat ». On y voit des habits, des instruments de musique, des draps dessinés, des sculptures en bois, en bronze et en divers métaux, et des céramiques ave, derrière chaque comptoir, l’artisan qui travaille ses œuvres. Puis en repartant nous faisons un tour de Ouaga 2000. Un quartier tout nouveau dans cette ville de 1 million d’habitants. J’observe alors des villas, ou plutôt devrai-je dire des palais. Environ une cinquantaine de vestige de la corruption, plus impressionnantes les unes que les autres. Cela me retourne le cœur de voir une telle disparité entre les 90% de la population qui sont prêts à mourir pour apporter à leur famille un petit sou et les 10% restant qui pourraient réparer une bonne partie des problèmes de ce pays rien qu’en offrant un carreau de leur maison. Je rentre chez Paul pour finir ce très chaud dimanche. Ici je rencontre quasiment tous les frères de Paul tous plus chaleureux les uns que les autres et je passe une excellente fin d’après-midi avec eux. Le dessert du dîner est une mangue. J’avais goûté auparavant ce fruit en France et malgré que je savais que j’en aimais le goût, toutes avaient trop de défauts pour être appréciées. Ici le goût des mangues est exceptionnel. J’ai hâte de goûter d’autres fruits. Je passe ma soirée avec les enfants, me disant que je suis bien ici, que je me sens en sécurité dans leur maison. Les gens chez qui je suis forment un beau couple : lui, burkinabé, pasteur, choqué par son enfance sans doute en certain point malheureuse, gère une organisation humanitaire, La Brique, qu’il a lui-même créée, qui a un orphelinat, un club de foot, a fait construire une école et en gère une autre. Elle, suisse, infirmière, est parti avec son mari à Ouaga exercer sa fonction et éduquer sa petite fille de 5ans. Ils ont une position ou un rang social très aisé, l’ordinateur à la maison avec Internet, 3 voitures, une maison charmante, une bonne, un jardinier, et un vigile la nuit. Apres une nuit de cauchemars pittoresques, j’attaque ma deuxième journée. Chaleur accablante et haut taux d’humidité font de moi une éponge que l’on presse. Je déjeune, je prends mes médicaments préventifs, je joue un peu de guitare qui se trouve, à ma plus grande satisfaction, dans cet agréable lieu, puis je pars pour une visite guidée de La Brique. Tout d’abord, nous allons voir le bureau de l’organisation. Locaux propres, 5 ordinateurs font de cet endroit un site très paradoxal car il est situé dans le sud de la ville, là où il n’y a pas de voiture, même pas de mobylette, à peine des maisons. C’est ici que je réaliserai la plus grande partie de mon stage de Bac +2 d’école d’ingénieur en mettant les pc à niveau, en branchant un réseau et en étudiant les contours d’un projet de salle informatique pour enseigner cette discipline en vogue, très difficilement accessible ici, aux enfants du pays. Puis nous sommes allés voir Sanor, l’orphelinat de l’ONG. Cela m’a vraiment touché. Paul, quand il été enfant, s’était juré de construire un établissement ayant pour but d’aider les enfant aux Burkina Faso. Il a vraiment réussi. Ainsi une belle bâtisse faite de 6 ou 7 salles héberge 18 nourrissons orphelins ou une dizaine de nourrisses se partagent le travail, sans électricité, avec l’eau qu’il faut aller pomper en plein soleil à 30m de la maison. Paul m’explique qu’ils viennent d’avoir le téléphone et vont construire une pompe solaire et un château d’eau d’ici la fin du mois d’août. Enuite, il m’emmène voir l’école qu’il a fait construire pour un homme, mort aujourd’hui, qui voulait aussi aider les enfants du pays. Ainsi nous sommes accueillis par le directeur et les 50 enfants d’une classe. Asmine, l’amie d’Anaëlle, fille de ceux qui m’accueillent, m’a dit que sa classe était composée de 113 enfants ! L’école où je suis est située dans le pire des quartiers que j’ai vus ici. Seulement des ruines ou des huttes servent d’habitat. Les enfants sautent dans tous les coins à la vue du « nassara » que je suis, l’homme blanc. Certain n’en ont sans doute jamais vu. Le directeur me parle comme si il m’attendait depuis des mois. Je viens de lui expliquer que j’avais demandé à une école primaire de mon quartier en France de me faire des dessins ou autres choses visant à établir une correspondance entre ces écoles. Cela l’a enchanté et ça me touche beaucoup. Il me fait visiter les deux salles de cours avec les dessins des enfants accrochés sur les murs. Puis il demande à ses 50 élèves, car il est bien sûr aussi professeur (il n’y que trois classes), de s’asseoir et de me chanter une chanson en mon honneur. Ce moment restera à jamais gravé dans ma mémoire. 50 pairs d’yeux braqués sur moi, nassara, se concentrant à chanter leur jolie chanson, toujours avec le plus grand sourire. Avant que l’on parte, les enfants m’expliquent ce qu’ils étudient. Certains ont dix ans et apprennent encore à construire des phrases. Pour finir cette matinée très chargée nous allons dans le centre ville pour changer, en francs CFA (Communauté Financière d’Afrique), les 120 euros que j’ai en poche. Ma seule inquiétude après ma santé, est de me retrouver seul entouré de « gens du trottoir » voulant toujours vendre quelque chose ou prendre un peu d’argent. Je suis blanc, donc riche. Au moins 4 personnes nous accostent sur les 15m que nous avons à parcourir de la voiture à la banque. Je comprends très bien ce comportement mais je ne sais pas encore comment réagir, avec une telle culpabilité en moi. Le salaire moyen d’un burkinabé est de 30 euros soit vingt mille francs CFA. Avec mes 120 euros je repars honteusement avec 80 000 F CFA. Dans cette vadrouille matinale nous nous sommes fait arrêter trois fois par des policiers, pour simple contrôle de papiers. Paul m’avait prévenu qu’il y a beaucoup de passage chez lui, mais quand nous rentrons vers 11h30 c’est l’apogée. Il a reçu de Suisse, il y a quelques jours, un conteneur plein d’habits. Tous les gens qui sont proches de lui viennent emporter ce qui leur plait et leur va. Nous sommes alors une bonne quinzaine dans sa petite cour. Là je discute avec un jeune garçon. Quand je lui dis que je suis européen, il m’explique qu’eux, ici, veulent fuir l’Afrique, qu’il y fait trop chaud et qu’il n’est pas bon d’y vivre. Il développe sur la difficulté d’obtenir un visa pour aller dans un pays développé et me dit que sa situation fait pitié. Je suis très gêné de cette parole et n’a pas de réponse à lui fournir. Je n’ai jamais vraiment eu besoin de quoi que ce soit, j’ai eu une enfance des plus heureuses, mon père est médecin, mes parents sont très aisés et m’ont donné les plus grandes facilitées à me construire. J’ai conscience de cela depuis ma plus tendre enfance, mais aucune pensée ne pourra jamais cicatriser cette plaie qui se rouvre à chaque fois que je pense à cette disparité. C’est sans doute pour mettre un peu d’antiseptique sur cette plaie que je suis ici ! Pourquoi le hasard de la vie a fait que je suis né là et lui ici ? Personne ne répondra à cette question, par contre tout le monde peut aller aider celui qui est né ici. J’ai était très choqué que certains dans mon entourage en France puissnt s’étonner de mon projet. Je croyais que tout le monde avait dans son esprit la plaie de la disparité, hélas le poids des malheurs des pays sous-développés ne pèse que sur quelques épaules. Au déjeuner ce jour là on m’a fait goûter un plat traditionnel que j’ai vraiment trouvé excellent : du To accompagné d’une sauce Gumbo. C’est respectivement, de la farine de maïs, une espèce de semoule blanche et une herbe de jardin que je ne peux pas décrire plus que cela. Voila bientôt 48h que je suis ici. J’ai pas mal vadrouillé en voiture et j’ai aperçu au moins 1000 visages. Sur eux, aucune ride ; je n’ai vu que 2 vieillards. La vieillesse, au sens occidental, ici, n’existe pas. L’espérance de vie d’un burkinabé est de 47ans. J’ai beaucoup de mal à concevoir que je peux espérer vivre quasiment 30 ans de plus qu’eux. De plus, dans ces conditions, du haut (ou du bas) de mes 21ans, je suis encore très jeune en Occident mais ici c’est comme si j’en avais 40. Les gens me parlent vraiment comme à un adulte alors qu’en France ce n’est pas le cas. Je finis cette journée paisiblement à tourner et virer dans la maison. Mon troisième jour ici et j’ai l’impression d’être déjà là depuis une semaine. Ma matinée se passe au bureau de l’organisation et j’apprends à Nabaloum, entraîneur du club de foot, à se servir d’un ordinateur. Celui-ci n’a jamais touché une souris de sa vie. Mon après-midi est composé de guitare et du commencement de mon cours sur Windows, Word, Excel et PowerPoint que je devrai donner à manifestement pas mal de gens. Au dîner, nous nous embarquons dans une discussion sur les religions, chose qui m’intéresse au plus haut point. Cela fait un an que j’ai envie de parler avec un curé ou un pasteur pour lui faire part de mes doutes sur le christianisme et c’est maintenant chose faite ; et cela aura était très instructif. J’espère que je ne suis pas allé trop loin dans les remises en doute de leurs croyances que je respecte énormément et sur lesquelles ils ont vraiment réussi à m’ouvrir l’esprit. Il n’y a que le paradis qui reste, et restera sans doute, une grande énigme. Pendant une douce soirée, Paul m’apprend des choses assez folklorique, que les lézard qui rodent partout ici, quand ils émettent leur sorte de croassement , peuvent attirer la foudre ; et que le cœur des iguanes, quand ils meurent, ne s’arrête pas de battre ! Le matin suivant se fait, comme le précédent, sans les affreuses douleurs intestinales, sans doute dues à l’angoisse, qui me tordait les deux premiers jours. J’ai passé jusqu’ici à peu près tout mon temps devant un ordinateur ou à flâner sur la terrasse de la maison, et cela me plait. Je m’entends vraiment bien avec Paul, Myriam et leur petite fille. Camidini et Félix, deux frères de Paul qui sont très souvent là, m’acceptent très bien aussi et sont vraiment d’une gentillesse exceptionnelle. Tout le monde ici est très calme et chaleureux, je n’ai pas entendu un seul ton se lever depuis mon arrivé. Babi, la bonne, nous fait très bien à manger, moitié occidental, moitié traditionnel. J’ai fait beaucoup de choses pour le bureau ces deux derniers jours : j’ai branché une partie du réseau, appris à Nabaloum , Irma, la secrétaire, et Anselme pas mal de choses, j’ai réparé 2 pc et branché 3 imprimantes qui buggaient franchement. Je crois qu’ils m’apprécient et qu’ils ont pas mal déliré sur mon efficacité, ils me l’ont dit. J’ai beaucoup de travail à effectuer, je me sens vraiment utile, limite professionnel et cela est une grande satisfaction. Ce soir je conduis pour la première fois ici, pour aller chercher mes bouteilles d’eau, les routes sont des boulevards de terre très cabossés où les mobylettes sont partout très dangereusement et où il est courant de prendre le boulevard à contre sens pour doubler ou éviter un trou, il faut vraiment le voir pour le croire. Je crois que ce texte, en passant du joyeux au désastreux en un saut de ligne, est une bonne métaphore de l’Afrique. En effet c’est sur ce continent que l’on voit les plus grands sourires mais il suffit de tourner la tête de quelques degrés pour tomber face à face avec la plus grande misère. Que ce monde est paradoxal ! L’Occident est peuplé d’antidépresseurs, de suicides, d’angoisse, de hargne entre chacun, de mines de déterrés alors que tous jouissent du plus grand confort et de la plus grande sécurité. L’Afrique, elle, subit les plus grands malheurs, mais ceux-là coulent dans un flot de bonheur comme obligatoire. C’est quand on se bat pour vivre que l’on est solidaire ; c’est dans la pauvreté et la difficulté que l’homme est le plus humain. Le cinquième jour est une réparation intensive de deux autres pc qui traînent, un bon déjeuner (riz au curry), et une après-midi à écrire ce journal. Je reçois et j’ai reçu beaucoup dans ce projet. Certes il m’a coûté beaucoup d’efforts mais la reconnaissance qu’on me renvoie est énorme et inespérée, que ce soit ici ou en France. Si seulement tout le monde pouvait avoir une idée de cela, bien plus de monde se mobiliserait pour construire des échanges comme je suis en train de vivre… 2eme mail Une fin d’après-midi et une soirée sans rien d’exceptionnel mais tout très apaisant. Je me suis déjà vraiment retrouvé avec moi-même cette année, en quittant mes parents pour faire mes études supérieures à 1000km d’eux, et ce n’est pas ce dont j’ai besoin maintenant. Ici je contemple la société et la compare à la mienne. Je contemple la nature. Je suis un adulte plongé dans une profession (administrateur réseau, technicien informatique) et déjà fort bien adapté aux conditions de vie de ce pays (ou du moins aux conditions de vie de ceux qui m’entourent), à part que, ce soir, la turista a gagné mon intestin. Ce jour-ci, après une insomnie importante, je me lève et discute pendant 20min avec William, un commerçant, qui me parle de la manière qu’on les gens d’ici de respecter leur prochain. C’est une vraie leçon de savoir vivre qui devrait être inculquée à tout le monde dans cet Occident sans indulgence. Il m’explique que les africains ne connaissent pas la rancune ni l’énervement. Cet homme très sympathique, joueur de Djembé (de Tamtam pour les profanes), me prend pour un vrai artiste sous prétexte que je lui chante deux chansons avec ma guitare et que je joue moi aussi de son instrument favori. Je n’ai absolument pas l’audace de confirmer ce qu’il avance mais cette considération me touche beaucoup. Je crois que cette discussion est très représentative du comportement général des africains. En effet, venant voir Paul pour affaire, ce William, au lieu d’attendre son prochain interlocuteur, tout seul dans le jardin à regarder en l’air ou à ses pieds comme l’aurait fait un occidental moyen, a préféré s’asseoir à côté de moi amicalement pour ne pas dire fraternellement et parler carrément de philosophie de la vie. Si vous allez en Afrique, arrêtez qui vous voudrez, serrez la main de cette personne, faites lui part de vos états d’âmes, et ce dernier vous fera très probablement part de son avis, vous donnera des conseils amicaux et vous souhaitera bonne chance. Je pars au bureau pour travailler efficacement pendant 5h. Puis je reviens manger du To, plat à goûter car il n’a pas d’équivalent à ma connaissance. Je joue alors de la guitare pendant 2h puis me mets à écrire. La moitié de mon temps est destiné à la musique ou à l’écriture ; voila un stage dans lequel je me trouve vraiment à mon aise. D’ailleurs j’en apprends beaucoup sur ce dernier art en lisant, en avalant, le fabuleux roman qu’est « Le parfum ». Je vais me mettre aussi, non pas à lire mais à étudier le Nouveau Testament pour enfin en savoir plus sur l’histoire de celui grâce au quel j’ai compris que l’Amour n’était pas un sentiment mais une manière de penser. Nous mangeons en vitesse pour aller regarder un match de foot chez la très belle famille de Félix. Là, j’y retrouve Ismaël, garçon plus que sympathique, joueur de foot, avec qui je discute dans la langue officiel de son pays : l’Anglais. C’est bien, cela lui fait plaisir et ça m’entraîne. Je me rends vraiment compte que je suis dans des conditions privilégiées, avec ma chambre de plus de 20 mètres carrés car, pour une famille de deux enfants, deux petites filles adorables, il n’y a, ici, qu’environ 30m carrés alors que le père, Félix, est menuisier, travaille toute la semaine, et a une formation faite en Suisse. Je devais aller jouer de la musique avec Moussa, musicien, frère de Siedou, plâtrier, ami de Félix, qui était passé au bureau dans la journée pour me rencontrer et prévoir une rencontre. Cela ne peut pas se faire car je ne peux me libérer que trop tard. Nous reportons cette rencontre à plus tard, très vite j’espère. Ce matin je peux me reposer, mais 8h de sommeil ne suffisent pas pour combattre l’éternelle fatigue de chaleur qui règne ici. Paul part en Suisse pour affaire Lundi, il emmène sa fille, je ne le reverrai plus. Sa femme les rejoindra dans 3 semaines, je serai donc, durant 2 semaines, le seul habitant de cette maison. Nous organisons alors tout ce qui peut l’être et nous réfléchissons sérieusement à ce que je pourrais faire pour l’ONG avec mon association qui sera officialisée dès le 5 septembre. En l’occurrence, acheminer tout type de matériel (pc, habits, fournitures scolaires…) ; mais ce qui me tient le plus à cœur, car cela concilie mon projet « humanitaire » et mon projet professionnel, est de construire une pompe solaire pour l’école de Bobomondi, village à 300km de Ouaga, où il n’y a pas d’électricité, pas de téléphone et où il faut pomper l’eau…, pour l’instant. De plus je pourrais, peut être, aussi aider le Sanor FC, club de foot de l’ONG, où il y a de vrais joueurs qui ont, je l’espère, un réel avenir dans cette discipline, car certains y consacrent toute leur journée (comme Ismaël qui est sur le point d’obtenir un visa pour la Suisse pour être testé par un club), en proposant un partenariat à un club de foot français qui pourrait obtenir des joueurs de haut niveau à bas prix, contre une aide matérielle. Je veux vraiment faire valoir que participer à un tel dévouement (l’ONG) et simplement avoir des projets en tête m’apporte une énorme satisfaction personnelle. Apres un début d’après-midi reposant, Paul m’emmène à la réunion du club de foot. 18 joueurs quasiment professionnels, 3entraîneurs, et un président (Paul) sont présents. Cette équipe a reussit à monter jusqu'à la troisième place de la deuxième division du Burkina cette année, tous les joueurs se battent plus que pour la vie, comme tous les burkinabés, mais pour la réalisation d’un rêve, ce qui est exceptionnel en ce lieu de misère. Tous s’entraînent, même tout seul, tous les jours en espérant au plus profond d’eux même qu’un jour ils seront remarqués par une équipe occidentale ou n’importe quel grand club. Ici Paul se bat, d’une part pour la vie, avec l’orphelinat, mais d’autre part pour l’espoir, avec le Sanor FC et l’école primaire pour donner un réel avenir àjeunes. Je suis persuadé que ces joueurs sont très courageux. Ils vivent dans la misère et au lieu de trouver du travail pour la réduire comme tout le monde le ferait, ils préfèrent ne pas être payés (ou à peine) et donner leur énergie au football, à leur rêve. Ils m’ont beaucoup ému et j’ai vraiment sympathisé avec certain d’entre eux. La réunion m’a beaucoup choqué. En effet elle a vraiment fait surgir à mes yeux ce que je constate tous les jours mais dans ce contexte de regroupement professionnel cela était beaucoup plus frappant. Je parle de la non éducation à l’organisation au sens le plus abstrait qui soit. Cette réunion a pour but de réunir les joueurs et leurs instances supérieures pour faire le point sur la saison qui vient de s’écouler et discuter des mesures à prendre. Le coach de l’équipe, du fait des répétitives plaintes des joueurs, a manifestement une incapacité à encourager ces derniers, même au contraire, il n’y a eu donc qu’une communication complètement bridée entre ses « élèves » et lui, pendant la saison. Mais la réunion, après près de 3h de discussion n’a quasiment pas abouti à quoique ce soit de concret. En fait elle a plus servi à ce que les joueurs puissent se plaindre de leur coach (comportement, technique, en gros tout…) plutôt qu’à organiser clairement ce qu’il y a à réformer. Ainsi, ce qui pour moi est destiné à prendre des mesures strictement établies, donner des instructions claires et concises, trouver des solutions, n’a en fait été qu’expositions de problèmes. Mais cela a été un grand honneur de pouvoir assister à une réunion de professionnels et d’étudier les problèmes d’une organisation comme celle-ci. Je reviens donc fatigué a la maison pour dîner et je repars en compagnie de Félix, sur sa « moto » (espèce de scooter 125cm3 à vitesses), et nous allons rejoindre des amis à lui en ville. Apres quelques discutailles, à mon plus grand plaisir, nous allons dans un bar semi dansant, où je consomme, ou plutôt savoure, deux Flag de 66cl (de ma bien aimée bière blonde) et ou je m’adonne à quelque pas de danse distrayants au coté de la charmante Fati. Les gens avec qui je suis sont fortement amusants et savent bien rire, tous font Taekwondo. Ils crient et se lèvent dans tous les sens, cela est très vivant. Avec tout ce joli groupe nous repartons chacun à deux sur une mobylette, cela me rappelle mon adolescence. Puis je rentre finalement vers les coups de 2h du matin. Ici, dans la petite vapeur de bière qui trotte dans ma matière grise, je n’ai pas encore envie de me coucher. Je commence alors une très longue discussion avec Alphonse, gardien de la maison, dont je vais vous raconter un peu l’histoire : Cet homme vit dans une maison sans sol, à même la terre, sa « maison » prend l’eau partout quand il pleut. Il a eu une maladie il y a 3 ans (un calcul des reins). Au bord de la mort, c’est encore ce M. Miampo (Paul) qui lui sauve la vie en lui payant l’opération et les soins. De plus il l’engage (en tant que gardien) pour, je crois, 20 000 FR CFA (30€) par mois ce qui lui permet de vivre avec sa femme avec qui, a cause de sa maladie, il ne peut plus avoir d’enfant. Il doit prendre un traitement pour revenir sur ce tort et pouvoir donner la vie. Il économise chaque mois pour pouvoir s’acheter 4 sacs de ciment pour que sa maison soit relativement digne de ce nom. Nous nous entendons très bien et malgré tous ces malheurs nous rigolons beaucoup au cours de cette discussion. En allant me coucher, à plus de 4h, je ne peux m’empêcher de lui rapporter de l’argent et une boite de paracétamol pour le palu qu’il combat régulièrement. Pour ce Dimanche, où je me réveille assez tard, il est prévu que j’aille, avec Félix, voir leur compétition technique de Taekwondo. J’y part vers 14h avec mon appareil photo, mon eau semi glacée et mes biscuits (car on ne mange pas à midi le Dimanche) sur le scooter conduit par Félix. En plein jour de repos, les enfants sont de « sortie », et tous sont très impressionnés quand ils croisent une peau blanche. Ils me font des coucous et crient « nassara » quand ils sont loin, et se rapprochent très curieusement, avec inquiétude, et finissent par vouloir me serrer la main, quand ils me voient arrêté. Quasiment tout le monde détourne son regard pour me fixer comme ci je passais déguisé (mais c’est un peu le cas !) ; j’ai croisé, en une semaine, a tout caser, moins de dix blancs. Mais cette situation ne me dérange pas plus que cela car nassara ici est, je crois, en règle générae, très bien considéré. Donc j’arrive à bon port à la maison du peuple (espèce de petite arène) où commence la compétition. Très longues sont les présentations (le président de ceci, le sponsor de cela…) et commencent des jolies représentations de leur art que je regarde en compagnie de l’amical petit Siéssa, petit frère de Bansé, ami de Félix. Une femme, que Félix m’a présenté il y a à peine 2min me donne la garde de sa petite fille d’environ 3 ans. Je veux m’amuser un peu avec cette petite frimousse mais celle-ci, comme beaucoup d’enfants, a simplement peur de nassara. Un combat et quelques cassages de planches sont le clou du spectacle et cela, en effet, est assez impressionnant. Je suis le seul nassara dans les gradins remplis d’environ 100 personnes (même, à mon avis, dans les deux kilomètres à la ronde au moins) et tous les enfants se retournent pour observer ma peau. Il y a au moins 6 militaires pour garder l’événement et l’un d’entre eux me fait une réflexion quand je laisse mon sac à Siessa comme si j’allais laisser une bombe ! Cela m’étonnerait pourtant qu’il y est beaucoup d’attentats au Burkina Faso. Je rentre alors et constate qu’ils ont fait réparer la moto cross qui traîne dans le jardin. Je pars immédiatement et amoureusement tester l’engin qui marche vraiment bien, j’ai du mal à croire que c’est une 125. Hélas il n’est pas immatriculé et je ne pourrai m’en servir régulièrement que si on va à la frontière (la douane – 100km d’ici -) la faire régulariser. Je vais faire en sorte que cela se fasse vite car même si cela est plus que dangereux, je ne peux me résoudre à la laisser là, me regarder de cette air penaud qui me touche. Là, je retrouve Alphonse qui me regarde fixement dans les yeux pour me dire bonjour et me dit qu’il a fait un pas en avant en simulant le mouvement. Il me dit, d’un œil brillant qu’il a acheté un sac de ciment. Cela me réjouit et je confirme auprès de Paul qu’un sac de ciment vaut, en effet, la somme d’argent que je lui est donné. Aujourd’hui, j’ai oublié ma Savarine (médicament préventif du palu), j’espère que cela n’aura pas d’importance. Et voici le début de la semaine, je pars au bureau où je combats, comme d’habitude, les sautes d’humeur de l’informatique et de ses composants électriques. Un lecteur DVD cassé, un processeur qui chauffe trop, un modem qui ne veut pas s’installer et une bonne réinstallation du fameux Windows 98 sont à l’ordre du jour. J’avoue que je m’amuse bien à trafiquer tout cela. Puis je rentre manger un To très visqueux, même gluant, que je ne peux pas finir. C’est la première fois depuis que je suis ici que je mets, dans ma bouche, quelque chose que je n’aime pas. C’est la première fois, aussi, que je n’ai rien à faire et que cela m’embête car je reste vraiment statique pendant une grande partie de l’après-midi. Puis j’achète des jolies petites chaussures pour l’anniversaire de Asmine qui est demain (l’ami de la fille des Miampo qui passe une partie de ses vacances dans leur confort). J’ai hâte de lui faire plaisir à cette jolie fille de 10ans très timide. Sur la route de cet achat, Camidini, qui m’emmène me demande sans gène 10 000fr CFA. Cela me choque mais je m’exécute car je sais que c’est exceptionnel. En tout les cas cela ne se fera pas souvent mais il faut savoir que je suis là pour les aider lui et sa famille, à priori pour l’informatique, mais je suis logé, nourri, blanchi (au sens propre du terme). Je retrouve alors Alphonse qui m’explique qu’il a eu le temps, cette après-midi, de crépir le mur non étanche de sa maison. Cela est bien. Nous dînons et je regarde partir en Suisse celui qui est si bon ici. J’ai le cœur un peu tourné en lui serrant la main autour de ses 3 frères. C’est un honneur d’avoir connu cet homme. Lui a l’air persuadé que l’on se reverra, je le souhaite très profondément. Désormais, je resterai seul avec Myriam qui est une femme plus que gentille et tout aussi intéressante que son mari et la petite Asmine. Ce mardi je prends mon petit déjeuner tout seul sur la terrasse et je pars avec la moto non immatriculée, sans casque, mais avec de l’argent pour payer un policier au cas où je me ferai arrêter. C’est un vrai plaisir de se balader sur cet engin dans ces petites rues en terre où tous les enfants que je croise me disent un grand bonjour de la main et crient pour que je les regarde au moins une fraction de seconde, même les aïeux me font souvent un signe de la main. Cela est très chaleureux. Je démonte et remonte sans relâche deux pc qui me résistent et je finis par conditionner tous leurs composants pour un renouvellement ultérieur de pièces cassées. Je finis de mettre tous les pc en parfait état de marche et ça y est, tous ont leur plateforme adaptée à leur utilisation. Ils sont contents et moi aussi. Je rentre pour manger, j’attends Myriam avec les frères de Paul qui à l’air d’être très occupéeà sa clinique. Celle-ci est un institut pour « gens aisés » qui est l’équivalent d’une clinique européenne ; si il m’arrivait quelque chose, c’est là bas que j’irais. Je mange un bon couscous, puis après quelque temps à rédiger ce texte, je repars au bureau. Je me perds lamentablement dans toutes ces ruelles pauvres pour finalement trouver un bureau fermé. Je rentre donc et je vais me faire « coiffer » par la mère de la petite Asmine car j’ai décidé de me faire des nattes (rastas). Je discute auparavant avec un jeune homme de 17ans très politisé et plein de question à l’égard d’un occidental. Cette discussion est très plaisante et l’aura frappé sur les points qui frappent toujours les burkinabés : le chômage payé et la sécurité sociale. Je n’aurais pas cru que se faire des nattes demandait autant de courage car entre l’abondante transpiration de mon corps, le tirage intempestif de cheveux, et l’immobilité, tous cela durant trois heures, j’ai beaucoup souffert. Heureusement, en même temps je goûte les Alocos (sorte de banane frites) et des beignets àa chinoise avec une très bonne sauce, cela fait et vendu à très bas prix chez la voisine d’en face (parmi les meilleurs choses que j’ai goûté ici). Pour ma coiffure, je suis très content du résultat même si ce n’est pas du tout ce que j’attendais. Les autres disent que c’est une coiffure de fille mais cela me dérange guère car moi j’apprécie beaucoup. Je me demandais depuis un certain temps si je me laissais pousser les cheveux et en 3h de temps ils ont pris 30cm et cela est réversible ou répétable… Nous partons après, avec Camidini, voir William dont je vous ai parlé plus haut (un joueur de Djembé). Mais nous trouvons son magasin vide, hélas ! Nous rentrons dîner puis je passe ma soirée à rédiger ces lignes et lire le premier roman de ma vie (dont je parle ci-dessus) qui me dégage toujours autant de parfums et saveurs linguistiques. Puis vient un très chaud Mercredi, la chaleur me fatigue et me fait beaucoup transpirer ; même si je m’y suis habitué cela reste dérangeant. Je pars au boulot en moto sous les cris des enfants. Sur la route je suis face aàquelqu’un en mobylette, je me détourne de sa direction et il se détourne vers moi ! Apres qu’il ait eu une petite frayeur car il a dérapé je me rapproche de lui et constate alors que cet homme souffre d’un extrême strabisme ! Il me dit alors : « cela arrive souvent » ! Mme Sanon, qui est, en fait, ma responsable de stage et la directrice de l’orphelinat me propose d’aller au restaurant un de ces jours avec son mari. Elle m’explique alors que quand son cousin (européen) était venu la voir, il avait été très choqué de son attitude semi soumise à son mari. Elle me prévient de cela pour que moi je ne le sois pas. Je pense que Mme Sanon, femme très active, très engagée dans l’organisation et ayant la fibre de meneuse, a de sérieux biais d’émancipation et donc a plus de facilité à assumer sa condition de femme. Mais la condition des femmes est vraiment à améliorer, je pense, car il y a beaucoup de violence conjugale et une soumission sans doute très oppressante pour certaines. Les femmes ici sont très fortes en général, elles éduquent et subviennent aux besoins des enfants souvent seules (polygamie). Une femme qui fume est une prostituée. Ainsi je finis ma matinée la tête dans les pc démontés et sous les flots soulageant des ventilateurs. Je repars avec des Karité et des Weda (en moré, langue des Mossis, ethnie prédominante à Ouagadougou) que m’a gentiment offert Clémentine (Mme Sanon). Le premier est très particulier et malgré le goût complètement inconnu qu’il me fait découvrir, je n’arrive pas à l’apprécier. Le deuxième, par contre est exceptionnel, un mélange de pêche et de citron, tout bonnement incroyable. En rentrant, avant donc de déguster ces fruits, un jeune me fait signe de la main, il veut que je vienne le voir. Je m’exécute avec plaisir, j’aime bien « causer » (comme on dit ici) avec n’importe qui. Il me dit sans gène : « j’aimerai être ton ami !! ». Je trouve ça un peu déplacé mais je lui offre quelque Karité et discute agréablement 5min avec lui et son ami. Je déjeune et repars au bureau pour travailler jusqu’à 18h au coté d’Irma qui n’a manifestement pas grand-chose à faire. Ici le travail n’est pas une tare, si vous voulez vous arrêter une petite heure, cela ne gêne personne. Et je ne décris pas ici un cas particulier, Félix menuisier, vient parfois me voir à la maison en pleine journée de travail. Si vous avez quelque chose à faire, allez donc le faire, c’est à peu près ça, la philosophie de la chose. Je rentre mort de fatigue, je mange des bonnes patates douces accompagnées de viande hachée (AH un peu de viande, que cela est bon…). Ma soirée est occupée par un film aux cotés de Asmine, un peu de guitare, de pc puis de lecture. Ce Jeudi est une journée facile, trop facile. Cela me dérange presque d’être heureux ici. Je pars du pays le plus confortable pour aller dans un pays de misère et j’y trouve encore plus de bonheur. Je trouve ça très paradoxal, presque déplacé. Alors je pars au bureau, j’y travaille (j’ai quasiment terminé de remettre tout les pc à niveau et de brancher le réseau). Puis je rentre de 12h30 à 15h aàla maison (cela sont les heures de repos de midi !). Je repars au bureau et j’y attends désespérément 1h que quelqu’un daigne venir travailler mais en vain. Pendant ce temps la, les enfants passent et repassent devant moi en me regardant de l’air le plus curieux à l’air le plus amusé tout en criant de toutes leurs voix leur mot favoris : « Nassara ». Puis après une longue et attrayante discussion avec Myriam je sors avec Félix. Nous allons chercher son ami Bancé et un autre et nous partons dans un bar. Sur la route PAF ! Alors que je conduisais la mobylette, un bruit louche provient de la roue arrière. En une pierre deux coups, un rayon cassé, la chambre à air crevée, et le cache-chaîne tordu !!! Sans doute ces événements sont liés entre eux mais je n’ai vraiment pas compris, nous n’avions même pas roulé dans un trou. Ceci aurait été une catastrophe en Europe, nous aurions laisser la mob sur le côté, le lendemain nous serions aller la chercher pour l’amener au garage et nous aurions payé un max et attendu 2 semaines avant de la récupérer. Ici nous poussons sur moins de 20 mètres la mob et nous allons voir un jeune homme qui vend diverses choses sur le bas côté de la route. Il a des tournevis et des pinces et il se met à travailler d’arrache pied sur la mob pendant 1h pour moins d’un euros. Tout est réparé, tout le monde est content à part les prostituées que je viens de rejeter. Nous pouvons alors aller au bar, nous nous y asseyons. Il est en plein centre ville. Ici il y a de grands immeubles, de grandes pancartes, cela ressemble à une ville européenne sauf que si vous avez quoique ce soit à vendre vous pouvez ouvrir votre petit marché où vous voulez. Ainsi à n’importe qu’elle heure de la nuit vous trouverez ce dont vous avez besoin à Ouaga. Dans la soirée des hommes qui déambulent veulent nous vendre des DVD, des CD, des cartes postales, des foulards, des sculptures, et des femmes, qui veulent se vendre elle-même. Celle-ci viennent carrément s’asseoir avec nous pour causer, ou préparer le terrain… Ca ne choque absolument pas ceux avec qui je sors, et ils en profiteront même en fin de soirée. Puis vient ce matin de Vendredi plutôt allégé en travail, en effet au bout d’1h je me rends compte qu’il faut que je retourne à la maison pour trouver des affaires informatiques. Sur le trajet je m’arrête causer quasiment 1h avec Ashim et Smaela, puis de retour au bureau je pars avec Félix voir le chantier sur lequel il travaille. Il me montre en parallèle son album de photos où il y a toutes ses productions de menuiserie. Cela est très beau. Il me demande alors si je pourrais trouver pour lui une espèce de formation de menuisier en France. J’espère pouvoir faire quelque chose ; une chose de plus inscrite sur ma feuille de « à faire ». Ce projet n’est en fait que le début d’une (j’espère) longue action. Après déjeuner, une petite tempête s’abat sur la ville et nous partons, Camidini et moi, faire un long parcours à travers la ville. Je dois aller retirer des sous = 1h de voiture ; nous passons voire son frère Cool, développeur de photos et grand du Taekwondo (4eme Dan ce qui signifie au moins 9ans de pratique sérieuse) ; puis nous allons voir William (le joueur de Djembé) et nous lui donnons rendez-vous pour une petite partie, puis nous allons amener la télé de Camidini chez le réparateur, puis nous allons chercher Myriam à son travail, et enfin nous allons nous poser en pleine ville au magasin de William pour y apprendre quelques rythme endiablé. Je m’amuse beaucoup, je joue sans relâche au milieu de 4 Djembés pendant 1h30 et je suis très impressionné sur leur qualité de jeux. Certains passants s’arrêtent pour danser. Nous rentrons, je dîne puis je regarde des Walt Disney en buvant une bière. Ce week-end ne sera pas très actif mais c’est bien car je suis fatigué. En effet ce samedi j’écris, je joue de la guitare, je joue de la guitare, je mange des Alocos, j’ai mal au ventre, je vais faire quelques courses avec Myriam (nous achetons des papayes, fruit très original). Puis vient le soir, Félix m’appelle, Bance nous invite a sortir… Il vient me chercher, nous partons chez Bance avec un autre ami (Boubaka) qui est vraiment gentil. Ces trois là ont fait les 400 coups ensemble. Nous allons dans un bar où ils ne parlent que de filles qu’on paye (…) ça n’est manifestement pas malsain ici de profiter de l’indigne comportement d’une fille et de ces dernières, il y en a beaucoup. Ensuite nous allons dans une espèce de boite où le DJ n’a aucune pitié pour ses enceintes qui saturent toute la soirée. Je rentre finalement mort de fatigue avec Hamalou, je dois lui indiquer le chemin ; bien sûr je me perds complètement et nous mettons environ 45min à rentrer au lieu de 15min. 3eme mail Puis vient Dimanche, jour encore plus inefficace que le précédent, je me lève tard, je prépare à manger pour le déjeuner (ah ! des spaghettis carbo) puis je traîne comme le jour d’avant. Enfin nous dînons puis nous allons, à l’occidentale, manger une petite glace en ville. Je vois un accident assez horrible, une femme enceinte tombe de son vélo, et une mobylette, qui arrive assez vite lui roule allègrement dessus. La femme se relève manifestement sans mal, dieu merci. Ensuite je rentre et repars avec Félix manger quelques Alocos chez Hamalou et sa femme, qui les ont préparés pour moi, pour enchaîner sur un cinéma. La salle de ce dernier est largement aussi belle qu’une salle européenne, mais on y voit des films qui passaient dans les salles françaises il y a deux ans. Ensuite commence la semaine avec ce lundi matin troublant. Les choses ne sont pas avec moi aujourd’hui. Félix a cassé l’embrayage de la moto hier mais je peux, malgré ça, aller au bureau à très petite vitesse, je ne rencontre que des problèmes en trafiquant les ordinateurs, je voulais finir tout ce qui était matériel pour passer aux cours mais cela n’est pas faisable : j’ai environ 2 jours de travail en plus. Puis je vais discuter avec mes amis qui sont toujours sur le chemin du retour. Je mange, je retourne travailler un peu puis discuter encore avec les mêmes ; ils me montrent leur maison avec passion, ils ont vraiment le sens de l’accueil. Il y a quelque chose dans leurs yeux que j’ai beaucoup de mal à définir, un peu comme si quand ils me parlent ils parlaient à toute l’Europe, ils se montraient à tout un pays. Pour tous ceux que je rencontre ici, partir en France est un rêve et discuter avec moi c’est faire un petit voyage au pays des rêves. Je rentre pour passer une soirée très tranquille avec un bon dîner et un bon film (l’histoire de Gandhi que je ne connaissais que mal, qui m’a vraiment ému et m’a renvoyé spontanément au fait que la bonté en chacun de nous se travaille et est l’aboutissement de la plus grande force, et, de plus, il n’est pas judicieux de se dire « oh la prochaine fois j’agirais mieux » mais il faut tout le temps travailler sa pureté d’esprit pour que les actes prochains soit les purs possibles). Je me couche donc plein de philosophie pour émerger au petit matin de Mardi. Je vais travailler puis manger puis travailler puis passer une soirée sans beaucoup de chose à raconter. En vérité le fait que j’ai de moins en moins de choses à dire vient du fait que je suis de plus en plus adapté au mode de vie d’ici et les journées sont devenu un quotidien régulier que j’apprécie beaucoup. Mercredi, je pars au bureau, j’y élabore mon cours. Ismaël qui attendait la confirmation de l’obtention de son visa pour la Suisse apprend avec stupeur et désespoir que sa capacité à trouver un avenir meilleur est refusée. Ici l’Etat ne sert vraiment pas à grand chose à part mettre des bâtons dans les roues des pauvres gens. Il n’y a aucun contrôle sur les marchés, aucun impôt, aucune aide financière à qui que ce soit (a part les corrompus). Par contre les seuls endroits où je l’ai vu agir ce sont : les contrôles routiers, la construction de routes, le cautionnement d’hôtels quatre étoiles et de grandes villas qui ne profitent à personne, et les extrêmement dures législations de l’obtention des visas. Ainsi pour en obtenir un, pour aller dans un pays développé, il vous faut un salaire versé chaque mois sur un compte en banque, une attestation qui prouve vos affaires dans le pays de destination et une masse d’argent considérable pour acheter le visa. Ismaël avait tout cela mais cela a quand même été refusé. La déception est d’autant plus grande que des clubs de foots en Suisse étaient intéressés à le rencontrer. Je souhaite vraiment de tout mon cœur que tout cela se débloque, hélas il a déjà 20 ans et pour un joueur de foot professionnel, c’est vieux… Nous repartons à la maison, déçu pour Ismaël, où je passe mon après midi sur le pc d’ici et finis ce mercredi devant la télé. Jeudi, rien de vraiment intéressant, je travail mon cour sur l’ordinateur toute la journée puis je passe une soirée tranquille. Vendredi, encore la même chose. Ce samedi est une journée simplement trépidante, tout d’abord je me lève pour partir à Sabou, c’est un regroupement de village à 1h30 d’ici. Nous y allons pour voir les crocodiles. Le trajet se passe bien, je suis parti avec un ami et une amie de Camidini et lui même. Nous arrivons là bas, nous allons directement voir les crocodiles. Nous achetons donc un poulet aux guides et nous allons au bord du lac. Le guide va mettre les pieds dans l’eau en jetant dans l’eau un poulet maintenu au bout d’un fil. En moins de dix secondes c’est l’un des plus gros crocodiles du lac qui se fait attraper la queue par le guide !! Il le tire jusqu’au rivage et le nargue en lui mettant le poulet à portée de bouche sans le laisser manger. Je n’aurai jamais cru qu’un crocodile aurait pu être aussi docile. Je m’assois sur la bête sans un mouvement de sa part, tant qu’il a le poulet en bouche, il ne risque pas de faire quoique ce soit. La peau de la bête, moitié dure moitié molle, c’est très bizarre. En surface c’est comme de la pierre mais si vous appuyez un peu c’est très moelleux, sensation paradoxale et amusante. Au bout de quelques minutes, ce n’est pas moins de six crocodiles qui nous entourent, tous attendent, très bêtement que le poulet arrive à eux. Quand ils essayent de manger ce dernier d’un coup de mâchoire très violent et très rapide, cela fait un bruit à vous dresser les poils sur la tête, c’est à peu près comme si on décapsulait une bouteille dont le goulot ferait au moins 30cm. D’autre part leurs dents ne servent qu’à arracher un morceau, quand cela est fait, ils se contentent d’avaler le gain comme un médicament par leurs bouches étanches. Apres ces exaltations, je vais acheter quelques jolis souvenirs dans une boutique, nous prenons un verre sur la terrasse de l’établissement puis nous rentrons. Cette escapade m’aura vraiment coûté cher, 20 000 fr CFA c’est à dire plus de 30 euros mais les trois quarts sont partis dans l’essence qui coûte vraiment cher par rapport au pouvoir d’achat burkinabé et par rapport à mon pouvoir d’achat aussi. Ainsi je rentre me reposer toute l’après midi puis après avoir hésiter à y aller je pars avec Félix a une représentation d’art martiaux. Ici je peux acheter un bon sandwich (quasiment au prix européen !) puis m’asseoir seul dans les gradins. Pour une fois je ne suis pas du tout le seul blanc parmi cette centaine de personnes, en effet il y a, je croi, pas mal de touristes, mais il y a des organisations françaises qui redirigent les fonds apportés par l’événement, et puis l’ambassadeur de France qui a organisé l’événement. Ainsi commence la représentation plus qu’intéressante. En effet c’est un vrai festival de beau geste et de maîtrise de soi, un vrai hymne aux arts martiaux auxquels je suis très sensible. Il n’y a pas moins de 10 arts qui s’enchaînent à une vitesse folle, le spectateur est complètement plongé sur l’estrade avec les combattants. Les maîtres ont imaginé plein de mises en scène très captivantes et amusantes. De plus l’événement est chanté par un groupe se nommant « Faso combat », jeune, moitié hip hop moitié musique traditionnelle, cela me fait découvrir un style que j’apprécie beaucoup. Apres le discours du ministre des sports et de la jeunesse qui était présent et celui de l’ambassadeur, nous rentrons. Puis c’est au tour de ce dimanche 10 juillet d’être exploité, voila exactement 3 semaines que je suis là. Jusqu’à maintenant j’arrivais dans le monde burkinabé, à partir d’aujourd’hui je me sens repartir bientôt, trop vite… Nous partons avec Myriam et sa grande idée d’aller profiter d’un institut dans lequel on a droit à un petit déjeuner cher certes, mais diablement français ce qui ne manque pas de me réjouir. Croissant, pain au chocolat et café au lait font mon plus grand bonheur. Rassasié, je rentre à la maison pour repartir aussitôt acheter un CD vierge avec Félix. Puis nous allons passer la journée chez lui où je m’amuse bêtement avec les petites, Orxan (4 ans) et Dina (1 ans). Puis voulant rentrer, nous sommes bloqués par une pluie assez impressionnante. Vous devez sans doute être d’accord avec moi, la pluie change l’état d’esprit. J’ai la sensation qu’en Europe, la pluspart du temps et pour la pluspart des gens, la pluie est signe de morosité de nostalgie, de tristesse. Ici c’est tout autre chose, ce n’est pas une réjouissance, non, c’est plutôt une sérénité comme si on avait à écouter le ciel parler. Puis cela amène la fraîcheur qui ne peut que contenter les habitants d’un pays de chaleur extrême. Nous partons quand même sous la pluie car elle ne diminue pas. Je me repose quelque temps jusqu’à ce que la femme de Félix qui était ici avec sa mobylette veuille rentrer chez elle sous une pluie plus que torrentielle. Je ne peux me résoudre à la voir partir comme cela, je la ramène donc avec la voiture. Certaines « rues » ne sont plus que des rivières, c’est simplement incroyable, dès qu’il pleut comme cela, Ouaga devient un grand lac. Je crois à plusieurs reprises que la voiture va s’arrêter au beau milieu d’un torrent où l’eau monte jusqu’au pare- chocs au moins. Mais après une certaine frayeur, je retrouve la maison saint et sauf, ouf… Le début de la troisième semaine n’est pas enchanteur, je travale sur l’ordinateur de la maison où je « casse » Internet et n’arrive pas à faire ce que je veux avec un logiciel. Puis je vais au bureau où les choses dont j’ai besoin ne marchnt simplement pas. Je n’ai pas de graveur qui marche sous la main, je n’ai donc, pour l’instant, aucune solution pour ramener les 3 ou 4 Go de données que j’aurai à ramener. Dans cette difficile journée je n’ai pas beaucoup bu d’eau et je me retrouve avec un sérieux coup de fièvre. J’espère vraiment que je n’ai pas attrapé le palu, j’attends demain pour réagir. Mardi, je me lève encore fiévreux, je travaille jusqu’à midi. Je passe mon après midi dans le lit car je suis vraiment faible, je n’ai pas de thermomètre mais je pense avoir beaucoup de fièvre. Je suis très inquiet, j’irai voir un médecin demain matin. J’espère que c’est simplement lié au mal de gorge qui se prépare. Ca y est, j’ai réussi à réparer Internet grâce à l’aide d’un informaticien, ami de Paul. Je peux donc, dans mon combat contre cette grande fièvre, vous envoyer ces nouvelles malheureusement pas toutes joyeuses. Ce matin je pars dès mon réveil à la clinique de Myriam et j’y vois un médecin généraliste puis y passe des analyses du sang et des selles. Entre temps, je me donne le droit de vomir dans une toilette de la clinique. Apres le déjeuner, j’apprends que je n’ai pas le palu. AAAAHHHHH ! Rassuré je dors toute l’après-midi dans une fièvre accablante. Puis je me traîne jusqu’au coucher mais je passe ma nuit sur le trône à explorer les incapacités digestives de mon corps. Jeudi matin, pour le coup que cette semaine je serai resté plus longtemps couché que debout, elle sera passée en un éclair. Aujourd’hui je suis beaucoup moins fiévreux et suis dans la capacité à reprendre mon travail activement. Encore un de ces jours où je ne bouge pas de la maison mais cela ne me dérange pas plus que ça. Je vois passer les frères de Paul et rapidement Myriam. Avant de me coucher, je me donne le droit de vomir mon dîner. Vendredi je me lève en forme et me jette au travail pour rattraper un peu le temps perdu. Je passe toute la journée la tête collé a l’écran, et je finis enfin mon cours. Je passe ma soirée devant l’ordinateur !! Fatiguant pour les yeux… Puis enfin le week-end que je vais pouvoir passer en bonne santé. Aujourd’hui je me lève tard et nous partons faire des courses éprouvantes. En effet nous allons au marché où j’avais fait du Djembé avec mon ami William, où tous sont plus qu’en ébullition quand deux nassaras font des achats dans le coin. Cela aura été très agressif et vraiment désagréable. A vrai dire tant que les gens vous disent gentiment « viens chez moi » ou « achète ça » il n’y pas de problème, mais voila que certains vous mettent le couteau sous la gorge en vous disant après quelques phrases « tu m’a promis » ou en élevant le ton sous prétexte que tu ne veux pas acheter à ce prix trop cher ! Face à ces commerçants plus que désappointants, je ne me sens pas du tout en sécurité et je m’en vais, soulagé, comme libre… Nous allons boire un verre dans un établissement chaleureux et accueillant puis nous allons encore acheter un petit quelque chose aux alentours. Je me retrouve avec une bonne dizaine d’objet plus beaux les uns que les autres pour seulement 45 euros. Le soir venu, je m’engage dans un petit repos avec mes amis Ashim et Smaele à discuter au bord de la route, là où Aschim loue des chaises pour des évènements comme des mariages. Ici je rencontre pas mal de gens. Je vais manger chez Félix qui habite juste à coté. Nous sommes allés, ensuite, rejoindre « l’ami Bancé » puis « l’ami Hamadou » avec qui on sort à chaque fois,puis nous sommes allés, avec ce beau monde, boire un verre et manger un peu de très bon poulet (sans doute pas très bon pour la crise intestinale apocalyptique que je subis depuis). Puis dodo ! Dimanche venu, je me lève, mange, puis pars voir une compétition de taekwondo, encore, ce n’était pas très attrayant. En une heure, le ciel bleu laisse place à une pluie diluvienne et en quelques minutes, derrière le bâtiment où se déroule la compétition, ce sont des rapides qui se forment ! Plus tard en début de soirée nous nous reposons pour aller ensuite à « La source » petit restaurant charmant. Ici, comme quasiment partout, on mange avec la main et la droite s’il vous plait ! Nous nous asseyons donc autour d’une petite table basse et une lumière très tamisée et accompagnons M. et Mme Sanon, personnes très cultivées et « cultivants ». Madame Sanon est ma responsable de stage, c’est une femme très charismatique, au très grand cœur, elle est la directrice de l’orphelinat et est la seconde dans l’organisation. Nous discutons donc de tout et de rien en mangeant du poulet frit et du poisson (d’ailleurs si vous y allez, je vous conseille de ne prendre que du poulet). Puis la nouvelle semaine, plus que deux semaines… Je commence à bien connaître certaines personnes ici que j’aurais bien voulu côtoyer plus longtemps. Myriam s’en va ce soir, je serai seul dans la maison après son départ. Cela va faire drôle. Même si je suis déçu de n’avoir vu les Miampo que si peu ; ça ne me dérange pas de rester seul ici. Je vois déjà le bout, Je n’aurais pas du tout le temps de faire tous ce que je pourrais faire pour aider ici, dommage ! Et malgré la misère qui rôde autour de moi, je n’aurai pas pu me sentir autre que bien au milieu d’une telle joie de vivre. Donc ce lundi je suis accueilli au réveil par la belle Antoinette qui veut m’emmener ; hélas je dois partir au travail. Ainsi je vais mettre en application mon cours avec les gens du bureau. Je pars avec Camidini retirer une dernière fois de l’argent pour mes cadeaux et autres redevances. Puis je rentre manger. Je repars au bureau quelque temps puis nous rentrons parce que Myriam prépare son départ. Toutes la famille est là pour la saluer à l’aéroport, en l’occurrence les 5 frères de Paul. Au revoir Myriam, peut être à un de ces jours. Cette femme m’a donné un exemple de mode de vie et de philosophie, j’ai vraiment apprécié partager mon expérience avec elle. Puis je raccompagne les autres chez eux avec la 205 que l’on vient de réparer, qui sera mon moyen de transport à l’avenir mais sur le retour

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

bobodiolaso

2

sanon

Conclusion

Et au final.

vive lafrique