Comment ça s'est passé.
Levée à 5h30 à l'aéroport de La Valette, j'ai pris le bus 2 direction Valletta (1,50 €). La chaleur écrasante dès 7h du matin m'a surprise. L'air sent l'eau salée mélangée à la poussière de calcaire qui couvre les façades jaunes des bâtiments baroques. On oublie vite le confort du climatisé. J'ai réservé au Auberge de Castille pour les trois premières nuits, mais ils m'ont dit à l'arrivée que ma réservation était décalée d'un jour. Arnaque classique ou bug de plateforme ? Toujours est-il que j'ai dormi à l'Osborne Hotel en ligne de secours. Le personnel était courtois, mais cette galère m'a coûté 30 € de plus. Valletta elle-même est une ville étouffante en plein jour. Les ruelles étroites canalisent la chaleur. J'ai marché 40 minutes dans le dédale jusqu'à la Co-Cathédrale Saint-Jean (entrée 10 €, 9h-16h30). L'intérieur est sombre, accablant, décapant. Les murs noirs brillent sous l'or des cadres. Pas beau au sens classique. Perturbant. Les touristes prenaient des selfies bêtement. J'ai ressenti cette tension entre tourisme de masse et intimité du lieu. Le jour suivant, j'ai pris le bus 219 jusqu'à Marsaxlokkluzzu aux yeux peints en bleu et rouge se balancent sur l'eau turquoise. Le marché du dimanche s'était vidé (je suis arrivée lundi matin), mais les pêcheurs vendaient encore du poisson frais. J'ai mangé une soupe de poisson (aljotta, 8 €) au restaurant Tartarun face à la baie. Goût prononcé de safran et d'anchois. Pas délicat, mais mémorable. À Three Cities (Senglea, Vittoriosa, Cospicua), l'architecture est moins usée qu'à Valletta. Les habitants sont moins harceleurs. J'ai pris un ferry à rames depuis Grand Harbour (2 €, 10 minutes) pour traverser l'eau. Le son du moteur diesel mélangé aux cris des mouettes m'a ramassée à cette réalité minérale et pauvre du pays. Potin malais : les restaurants touristiques de Valletta gonflent les prix. Une pasta carbonara m'a coûté 16 € à Ambrosia, quand au Lunch Café (plus discret, Strait Street) la même chose valait 9 €. J'ai aussi grandi en mangeant des pastizzi (feuilletés à la ricotta ou au pois chiches, 0,80 € l'unité) achetés dans une boulangerie de quartier. Les gens sont réservés. Pas hostiles, mais peu bavards. Un homme à Birgu m'a indiqué un chemin en parlant très fort, comme si j'étais sourde. Pas méchant. Juste une différence de culture. Dernier jour : je suis montée à la Citadelle de Mdina (bus 230, 1,50 €). La ville silencieuse perchée à 200m. Les rues sont désertiques, pavées d'une pierre grise presque blanche. L'église Métropole au centre demand 5 € pour entrer. J'ai contourné et me suis assise une heure dans le jardin Bastion Gardens. Température 38°C. Mon téléphone a alerté la batterie faible. J'ai pas grand-chose à faire d'un jardin sécurisé au milieu d'un bloc de béton en Méditerranée.
Les bons plans repérés sur place.
Co-Cathédrale Saint-Jean à Valletta : l'intérieur baroque noir et or, contrastant brutal avec la chaleur externe
Ferry d'une rames de Grand Harbour (2 €) : deux minutes de traversée qui résument l'existence maritime du pays
Marsaxlokk le lundi matin : barques luzzu immobiles, soupe aljotta chez Tartarun, moins touristique
Citadelle de Mdina : accès par bus 230, vue dégagée sur l'île, mais jardin municipal sans relief
Pastizzi en boulangerie de quartier : 0,80 €, bien meilleur marché que les restaurants, goût sucré-salé singulier
Photos — Valletta / Marsaxlokk
Et au final.
Malte tient ses promesses sur le plan géographique et historique, mais le harcèlement touristique, la surfacturisation, et la sensation étouffante de densité humaine en haute saison m'ont fatiguée. C'est un pays de transition, un détour. Pas une destination de rêve.
