Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport de Santorin le 15 mai à 14h30, après deux vols depuis Lyon via Athènes. Le taxi du port vers notre hôtel, le Aigialos Traditional Rooms à Oia, nous a coûté 35 euros pour 12 km — un vrai détournement de prix, bien sûr. Le chauffeur a refusé de nous faire un reçu. C'était notre première galère, mais on l'a acceptée comme bienvenue en Grèce. Dès le premier soir, levés à 5h30 pour le lever du soleil depuis la terrasse de notre chambre, j'ai senti cette odeur particulière : mélange de sel, d'olivier et de pierre chauffée par le soleil grec. Les villes blanches de Santorin ont ce truc répétitif — des cubes blancs identiques à l'infini — mais c'est vrai que depuis la falaise, c'est autre chose. Nous avons pris un café au bar Sunset Bar 1987, 6 euros le frappe, et attendu les premiers touristes arrivent en groupe. Jours 2-3 : Oia et Kamari Le deuxième jour, nous nous sommes perdus en venant du bus (ligne KTEL, numéro 1, très utile pour circuler). On a fini dans une ruelle qui menait à une auberge de famille tenue par Dimitri, un homme de 70 ans qui nous a proposé un vrai café grec sans demander. Il nous a parlé 45 minutes de sa vie : son fils à Athènes, ses trois filles, les mauvais touristes chinois. C'était l'un de ces moments où on sort vraiment du circuit. À Kamari, nous avons mangé au restaurant Livaneli, face à la plage noire. Moussaka (14 euros), salade grecque (8 euros), retsina blanc (une carafe 10 euros). Le goût du feta était bien différent de ce qu'on achète à Carrefour — plus fort, plus salé. La température de la mer, 19°C en mai, nous a refroidis. On est restés 20 minutes à peine. Nous avons aussi visité la plage de Perivolos, moins touristique. Des cabines de bain orange rouillées, un vieil homme qui vendait du poisson grillé depuis un chariot sans vraiment crier. Trois brochettes pour 12 euros. Personne autour. C'était plus vrai que les terrasses d'Oia. Jours 4-6 : Mykonos, la déception partielle Le ferry de Santorin à Mykonos nous a coûté 45 euros par personne, compagnie Blue Star Ferries, départ 8h du matin depuis le vieux port. Le trajet a duré 2h15. Mykonos nous attendait avec ses restaurants à 50 euros le plat et ses rues qui ressemblent à un décor de cinéma. C'était très beau, mais aussi très vide de sens. Les petites maisons colorées sont réelles, mais elles sont toutes des magasins de fringues ou des bars pour millionnaires. Nous avons eu la malchance de croiser une arnaque classique : le bar Cavo Paradiso nous a facturé 28 euros pour deux verres de vin blanc standard. Quand j'ai contesté, le serveur nous a dit que c'était les prix, et il avait techniquement raison — c'était écrit en tout petit sur une pancarte en plexiglas. On a payé et on est partis. Le salut a été la plage d'Agios Ioannis, minuscule, avec un seul bar tenu par Maria et son fils. Nous avons mangé des poulpes grillés (15 euros) et des crevettes à la salade grecque (16 euros). Le soleil se couchait directement sur la mer. Maria nous a dit en français (elle avait travaillé à Marseille vingt ans) que la plupart des touristes ne trouvaient jamais cet endroit. Elle avait raison. Jours 7-10 : retour à Santorin, Akrotiri Nous avons pris le ferry retour le 22 mai, même compagnie, mais différent en tout point : retard de 90 minutes, ferry bondé, température infernale. Une femme allemande à côté de nous a vomi dans un sac. Ça a gâché ce qui aurait pu être un bon dernier jour. Avant de partir, nous avons visité le site d'Akrotiri, une ville romaine enterrée sous la cendre d'une éruption. Prix d'entrée : 12 euros. C'était intéressant de vraiment marcher dans des rues de 3 500 ans. Les murs des maisons étaient encore là, la poussière rouge restait sur nos mains pendant une heure. Dernier dîner au restaurant To Psaraki à Kamari, le 24 mai. Nous avons commandé un mélange : salade horta, poisson blanc grillé, dalmades. Coût total 38 euros pour deux, vin compris. Le serveur était un jeune homme qui nous a parlé de son rêve d'immigrer au Canada. Il nous a dit « la Grèce, c'est fini pour les jeunes ». On a laissé 5 euros de pourboire.
Les bons plans repérés sur place.
Le coucher de soleil depuis Oia à 5h30, seul avec deux autres personnes, avant que les 5 000 touristes arrivent
Restaurant Livaneli à Kamari : moussaka faite à la main, retsina blanc très local, vue sur plage noire
Plage d'Agios Ioannis à Mykonos : minuscule, tenue par Maria, poulpes grillés à 15 euros, zéro infrastructure touristique
Site d'Akrotiri : ville romaine préservée sous cendre volcanique, 12 euros, 2h de marche vraiment unique
Café avec Dimitri à Oia : 70 ans, histoire de sa vie, vrai café grec gratuit, rencontre non programmée
Et au final.
Ces dix jours en Grèce ont mélangé du très beau (les couchers de soleil, certaines rencontres, les saveurs réelles) et du très touristique qui tue le plaisir (Mykonos, les prix gonflés, les groupes de touristes chinois). Santorin reste spéciale, mais pas pour les raisons qu'on pense. La vraie Grèce était dans les petits restaurants de famille, pas dans les cartes postales.