Comment ça s'est passé.
On débarque à V.C. Bird International Airport un mercredi matin à 9h15, après une connexion éreintante à Barbade avec Caribbean Airlines. Le terminal est petit, désorganisé, files chaotiques aux contrôles. Première galère : nos valises arrivent avec deux heures de retard. On patiente à côté du carrousel en suant à grosses gouttes — il fait 32°C et l'air conditionné fonctionne à moitié. L'odeur de diesel et de détergent bon marché s'accroche partout. On prend un taxi local (pas de compteur, tarif négocié à 40 XCD, soit 15 euros) jusqu'à l'hôtel Carlisle Bay, une petite villa coloniale en plein centre de Saint John's. Chambres correctes mais bruyantes : les taxis klaxonnent à longueur de journée dans Newgate Street. Petits-déj inclus, manioc pudding et jus de goyave frais — goût sucré, presque lourd, pas désagréable. Les plages et le tourisme de croisièreSaint John's vit au rythme des bateaux de croisière. On le voit dès le jeudi matin en descendant à Redcliffe Quay : cinq gros navires amarrés, milliers de touristes qui débarquent d'un coup. Les vendeurs de sarongs et bijoux surgissent partout. On évite la pagaille et on loue un minibus avec chauffeur (400 XCD la journée, compagnie locale sans site web, trouvée via l'hôtel) pour rejoindre Half Moon Bay, au nord-est. Plage de sable noir volcanique, eau turquoise, relativement calme. On y croise surtout des locaux et deux couples français. On mange au beach bar Tropical Vibes, vers 13h30 : fish cakes à 8 XCD pièce, rhum punch local très sucré, saveur d'agrumes chimiques. La mer sent l'iode et la chaleur. Moment marquant : un pêcheur local nous propose de venir voir son filet. On y va, un peu sceptiques, et on assiste à la remontée de petits poissons scintillants. Pas touristique du tout. Il nous donne trois crevettes et refuse l'argent. C'est con mais ça m'a resté. Séjour à English Harbour, le côté tranquilleOn décide d'échapper à Saint John's pendant trois jours et on prend un minibus vers English Harbour (sud-est, 45 minutes de route chaotique, 50 XCD par personne). La route est défoncée, le chauffeur roule trop vite, on craint pour nos cervicales. Mais le paysage : collines sèches, cactus nains, maisons colorées brinquebalantes. English Harbour a conservé son charme désuet. Fort Barclay domine la baie, structure militaire du XVIIIe siècle, un peu effrité mais imposant. On grimpe les 200 mètres de marches par 35°C, le souffle court. Vue plongeante sur les voiliers amarrés. L'air est sec, on sent la pierre brûlée par le soleil. On loge au Galleon Beach Resort, moins cher (140 euros la nuit en moyenne chambre), tenu par un couple de Suédois bien intentionnés mais distraits. Le petit-déj inclus est maigre : toast, confiture, café fade. On se rattrape au restaurant du coin, Abracadabra, où on commande un curry de chèvre (goat curry, spécialité locale, 25 XCD). C'est relevé, huileux, les os donnent du mal. Bon mais dense. Le propriétaire, Anthony, nous parle pendant une demi-heure de la politique locale sans qu'on lui demande rien. Galères et mauvaises surprisesJour 6 : on veut se rendre à Devil's Bridge, au nord-est. On nous dit « c'est à côté ». C'est à 90 minutes de route en minibus. Arrivés là, l'arche naturelle est impressionnante mais les vagues sont trop puissantes pour nager, il y a des touristes alcoolisés qui crient partout. Perte de temps relatif. On s'énerve un peu. Jour 8, retour à Saint John's : on tente le marché de Walli's (ouvert le samedi, fermé le dimanche bizarrement). Les vendeurs sont agressifs, on se sent poussés à acheter des souvenirs qu'on ne veut pas. On achète une robe en coton à une vieille dame (20 euros) juste par culpabilité, on ne la portera jamais. Moment déprimant. Les fruits et légumes sont corrects (mangues, avocats, christophine) mais deux fois plus chers qu'à Barbade, deux îles plus loin. Fin du séjourLes trois derniers jours, on flâne sans plan précis. Musée National d'Antigua (entrée 5 euros, mercredi 10h-14h) : petit, mal entretenu, mais quelques poteries amérindiennes authentiques datant du Ve siècle. Affichage terne. On dîne au Miller's by the Sea, restaurant côtier moyen, crevettes grillées 35 euros, portion correcte mais service lent (service attentiste, Caraibes obligent). On quitte par le même aéroport le dimanche à 7h, retard d'une heure, pas expliqué. Vol LIAT Airways, compagnie locale peu fiable.
Les bons plans repérés sur place.
Half Moon Bay au lever du soleil (5h30), la plage pour vous seul, eau à 28°C
Fort Barclay à English Harbour, les ruines militaires du XVIIIe, vue panoramique 360°
Goat curry au restaurant Abracadabra à English Harbour (25 XCD), accompagné d'un rhum agricole local Burton
Redcliffe Quay à Saint John's pour observer la vie touristique sans s'y laisser piéger
Devil's Bridge en fin d'après-midi plutôt qu'en milieu de journée, moins bondé
Photos — Saint John's
Et au final.
Antigua, c'est pas la révélation. Le tourisme de croisière parasite Saint John's, l'île est sèche et rocailleuse par endroits, l'infrastructure routière douteuse. Mais les gens sont bienveillants (sauf aux marchés), les plages font le job, et English Harbour avait une vraie tranquillité. À faire une fois, pas deux.








