Comment ça s'est passé.
On a atterri à Paro International Airport un matin de mars, après un vol de nuit depuis Bangkok avec Druk Air. L'avion a amorcé sa descente en zigzaguant entre les pics à 3 000 mètres — sensation d'estomac retourné garanti. À la douane, zéro problème, mais le taxi-driver nous a collé 800 ngultrum (environ 10 euros) pour les 60 kilomètres jusqu'à Thimphu alors qu'on avait trouvé 600 nulle part sur internet. On a mordu à l'hameçon, énervé au bout de 2 heures de route en lacets. Première nuit à Thimphu, petit hôtel familial appelé Le Druk Heritage à côté de la Clock Tower. Gérant sympa, petits déjeuner de riz frit aux œufs et de sucettes tibétaines croustillantes — impossible à identifier au premier coup. On a senti l'huile pimentée bien avant de goûter. La douche était tiède, l'eau froide à 6 h du matin, pas le choix. On s'est levés à 5 h 30 pour grimper au Kuensel Phodrang, le Big Buddha assis au-dessus de la ville. Le trajet à pied depuis la route de montagne : 40 minutes de pente raide, jambes molles. Arrivés avant le lever du soleil, on voyait juste les silhouettes des tamarisks. À 6 h 15, la lumière s'est étalée sur les vallées — moment où on a enfin compris pourquoi les gens faisaient tout ce cinéma sur le Bhoutan. Pas de « paysage qui coupe le souffle », juste : vraiment beau, point. Le lundi matin, on a emprunté le minibus public numéro 5 depuis la gare routière Bhutan Khangtshang pour descendre à Paro (1 h 45, 35 ngultrum par personne). Le bus était rempli de femmes avec des enfants, odeur mélangée de laine brûlée et de moussaka tibétaine. On s'est assis au fond, route en crevasse, j'ai vomi mon petit déj après 30 minutes. Galère totale. Arrivés à Paro vers 11 h, on a trouvé un resto au hasard : le Bhutan Kuzoo, plats sans gluten, prix raisonnables (riz au safran : 180 ngultrum). Le cuisinier parlait anglais, on a demandé une omelette aux piments verts — très épicé, très bon. Paro, c'est petit (environ 5 000 habitants), on logeait au Olathang Hotel, chambre spartiate mais propre, 2 500 ngultrum la nuit. Le matin du mercredi, on s'est engagés sur le sentier qui monte au Taktsang Monastery — le monastère qui pend à la falaise. Départ vers 8 h, trajet annoncé comme 2 heures aller-retour, en réalité 3 h 30. La pluie a commencé à mi-parcours, chemins devenus glissants. On a croisé des moines en robe rouge qui dévalaient les marches avec désinvolture. Le monastère en lui-même : c'est une vraie forteresse, accrochée à du rien. Pas d'accès à la terrasse principale ce jour-là pour cause de cérémonie. On a payé 400 ngultrum de droit d'entrée pour voir les bâtiments extérieurs. Pas grave, on avait vu les photos avant. Jeudi soir, resto à Thimphu : Ambient Café, petite terrasse avec chauffage aux gaz, momos à la viande (150 ngultrum les 6 pièces), thé beurre salé (80 ngultrum) qui goûte comme du savon si on n'aime pas. On s'est forcés à finir. Dernier jour, marché public de Thimphu en fin d'après-midi, vers 17 h. Vendeurs de textiles, de légumes séchés, d'amandes. Un marchand nous a proposé des fruits bizarre, on a pas osé. On a acheté des gâteaux traditionnels (khabsue) : 20 ngultrum l'unité, sucrés à l'amertume, texture poudreuse. Retour à Paro le dimanche matin pour le vol de 14 h. Minibus public à nouveau (on a pris le comprimé de Dramamine avant). Le pays lui-même impose une limite de 60 % de béton maximum dans les villes — tout le reste doit rester bois traditionnel et tuiles. Ça se voit, ça change de Bangkok. Mais ça veut aussi dire zéro chauffage moderne, beaucoup de bois, beaucoup de froid. Toilettes squat dans la plupart des petits établissements.
Les bons plans repérés sur place.
Kuensel Phodrang (Big Buddha) au-dessus de Thimphu : arriver avant 6 h 30 pour avoir la lumière correcte et pas trop de touristes
Paro Taktsang : vrai trek, vrai effort, vraie altitude, pas une balade de parc d'attractions
Bhutan Kuzoo à Paro : riz au safran 180 ngultrum, cuisinier gentil, pas de pièges touristiques
Marché public de Thimphu : fruits et textile, prix locaux, intéressant en fin d'après-midi
Route Paro-Thimphu en minibus public : galère météo et cinétique, mais vrai contact avec les gens du pays
Photos — Paro / Thimphu
Et au final.
On a apprécié l'atmosphère, les gens courtois, et le fait qu'il n'y ait pas de tourisme de masse qui étouffe les lieux. Honnêtement, 10 jours c'était bien mais pas révolutionnaire — le climat froid nous a ralentis, et on a eu des attentes trop hautes d'après les blogs. À refaire ? Oui, mais on irait en saison sèche et on louerait une voiture avec chauffeur pour éviter le bus public.
