Comment ça s'est passé.
On arrive à l'aéroport Ouagadougou-Kadigogo vers 18h, complètement sonnés par 8h de vol avec Ethiopian Airlines. Dehors, la chaleur tape sec : 38 degrés annoncés. Le taxi de l'aéroport nous prend 25 000 FCFA pour rejoindre le centre-ville, ce qui nous paraît énorme avant de comprendre que c'est la tarification touristique. On loge à l'Hôtel Silmandé, rue de la Cathédrale, une petite guesthouse bien minable mais avec wifi qui fonctionne 4 heures par jour. Le proprio, Rassoul, est accueillant mais sa climatisation ronfle comme un camion Renault. Le premier matin, on se lève à 5h30 pour traverser la ville et atteindre le marché Rood Woko avant qu'il ne devienne un four infernal. C'est là qu'on goûte le vrai Burkina : bruit des négociations en moré et en dioula, odeur de poisson fumé mélangée à celle des murs en terre qui transpire l'humidité. On achète des mangues à 500 FCFA le kilo et un sandwich pain-sauce d'arachide à un vendeur qui nous sourit comme si on venait de lui donner l'Afrique. Le pain craoque, la sauce est trop salée, mais c'est délicieux. On croise une fille qui essaie de nous vendre des faux tickets de musée ; moment gênant où on doit dire non fermement. La galère : une moto louée à Bobo-DioulassoLe jour 4, on décide de louer une moto chez Hassan, rue Ouezzin Coulibaly, à 15 000 FCFA par jour. On veut aller à Bobo-Dioulasso, à 365 km. Mauvaise idée. À 120 km, le moteur crache, puis meurt. On attend 2h en plein soleil sur le bord de la RN1 avant qu'Hassan ne vienne nous chercher dans une Toyota poussive. Résultat : perte d'argent, et on renonce à Bobo. Frustrant, mais Hassan nous offre un café à son retour, ce qui adoucit la pillule. On passe 3 jours à explorer Ouagadougou à pied. Le Musée National, boulevard du Docteur Kwame Nkrumah, coûte 3 500 FCFA l'entrée : un petit musée sans prétention avec des masques Mossi et des ustensiles anciens. Pas révolutionnaire, mais on y croise une guide locale qui explique l'histoire des griots avec tellement de passion qu'on reste 45 minutes de plus que prévu. Au Café Atelier, petite terasse discrète rue Ouezzin, on prend des jus de bissap frais chaque après-midi (1 500 FCFA) et on discute avec des étudiants en licence. Le son de la ville qui tourne ralentit un peu après 17h. Nourriture et rencontresLe restaurant Chez Bilbashan, près du marché de Gounghin, sert un tô d'excellent qualité pour 3 000 FCFA. On y mange assis sur des tabourets en bois, sur une petite terrasse où les motos passent à quelques centimètres. Personne ne parle anglais, mais les mains et Google Traduction font le travail. Le repas dure 1h30, avec des clients qui viennent, mangent, repartent. Ambiance de vrai quartier, pas de zone touristique.Jour 7, on visite le Mausolée de Thomas Sankara, avenue Seroigne, à 6 000 FCFA. Le gardien nous montre des photos en noir et blanc et parle de la révolution avec une nostalgie palpable. On ne comprend pas tout, mais on ressent son émotion. Le jour 9, on fait un tour à vélo avec un guide nommé Abdoul (trouvé via une petite annonce photocopiée dans l'hôtel). Il nous emmène voir des ateliers artisanaux où on achète une petite statuette Mossi, bien trop cher (35 euros), mais on soutient le sculpteur directement. La température remonte à 40 degrés, on sue comme des fontaines, et on s'arrête boire du jus de tamarin frais chez une dame qui le vend dans des sacs congélation. Moment où on réalise qu'on est vraiment loin de Paris. Les transports en commun : les minibus n'ont pas d'horaires fixes. On attend, on monte quand c'est plein, on descend quand c'est prévu. Pas de confort, beaucoup de bruit, des enceintes qui crient de la musique mandingue. Une fois, un client laisse tomber ses œufs par terre et tout le bus rigole. On comprend que c'est comme ça qu'on vit ici.
Les bons plans repérés sur place.
Marché Rood Woko à l'aube : vendeurs, odeur de poisson fumé, mangues à 500 FCFA
Café Atelier, rue Ouezzin : jus de bissap frais et vraies conversations avec les étudiants
Restaurant Chez Bilbashan : tô authentique 3 000 FCFA, terrasse sur rue animée
Mausolée Thomas Sankara : gardien passionné, histoire vivante, tarif 6 000 FCFA
Minibus locaux : expérience de transport sans filtre, ambiance mandingue, chaos organisé
Photos — Ouagadougou
Et au final.
Ouagadougou n'est pas facile d'accès pour un touriste français : il faut accepter la chaleur, le bruit, les arnaqueurs de basse envergure. Mais les gens sont souvent gentils sans attendre quelque chose en retour, et on apprend plein de choses juste en regardant. Ce que j'ai moins apprécié : la propreté des rues (vraiment dégueu par endroits) et le sentiment de sécurité qui n'est pas au rendez-vous la nuit.








