Ouagadougou sans filtre : 10 jours entre marché Rood Woko et panne de moto
CarnetBurkina Faso202610 jours

Ouagadougou sans filtre : 10 jours entre marché Rood Woko et panne de moto

On arrive à l'aéroport Ouagadougou-Kadigogo vers 18h, complètement sonnés par 8h de vol avec Ethiopian Airlines. Dehors, la chaleur tape sec : 38 degrés annoncés. Le taxi de l'aéroport nous prend 25 000 FCFA pour…

M8
Publié le · mis à jour le
10 jours1 album4/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

On arrive à l'aéroport Ouagadougou-Kadigogo vers 18h, complètement sonnés par 8h de vol avec Ethiopian Airlines. Dehors, la chaleur tape sec : 38 degrés annoncés. Le taxi de l'aéroport nous prend 25 000 FCFA pour rejoindre le centre-ville, ce qui nous paraît énorme avant de comprendre que c'est la tarification touristique. On loge à l'Hôtel Silmandé, rue de la Cathédrale, une petite guesthouse bien minable mais avec wifi qui fonctionne 4 heures par jour. Le proprio, Rassoul, est accueillant mais sa climatisation ronfle comme un camion Renault. Le premier matin, on se lève à 5h30 pour traverser la ville et atteindre le marché Rood Woko avant qu'il ne devienne un four infernal. C'est là qu'on goûte le vrai Burkina : bruit des négociations en moré et en dioula, odeur de poisson fumé mélangée à celle des murs en terre qui transpire l'humidité. On achète des mangues à 500 FCFA le kilo et un sandwich pain-sauce d'arachide à un vendeur qui nous sourit comme si on venait de lui donner l'Afrique. Le pain craoque, la sauce est trop salée, mais c'est délicieux. On croise une fille qui essaie de nous vendre des faux tickets de musée ; moment gênant où on doit dire non fermement. La galère : une moto louée à Bobo-DioulassoLe jour 4, on décide de louer une moto chez Hassan, rue Ouezzin Coulibaly, à 15 000 FCFA par jour. On veut aller à Bobo-Dioulasso, à 365 km. Mauvaise idée. À 120 km, le moteur crache, puis meurt. On attend 2h en plein soleil sur le bord de la RN1 avant qu'Hassan ne vienne nous chercher dans une Toyota poussive. Résultat : perte d'argent, et on renonce à Bobo. Frustrant, mais Hassan nous offre un café à son retour, ce qui adoucit la pillule. On passe 3 jours à explorer Ouagadougou à pied. Le Musée National, boulevard du Docteur Kwame Nkrumah, coûte 3 500 FCFA l'entrée : un petit musée sans prétention avec des masques Mossi et des ustensiles anciens. Pas révolutionnaire, mais on y croise une guide locale qui explique l'histoire des griots avec tellement de passion qu'on reste 45 minutes de plus que prévu. Au Café Atelier, petite terasse discrète rue Ouezzin, on prend des jus de bissap frais chaque après-midi (1 500 FCFA) et on discute avec des étudiants en licence. Le son de la ville qui tourne ralentit un peu après 17h. Nourriture et rencontresLe restaurant Chez Bilbashan, près du marché de Gounghin, sert un tô d'excellent qualité pour 3 000 FCFA. On y mange assis sur des tabourets en bois, sur une petite terrasse où les motos passent à quelques centimètres. Personne ne parle anglais, mais les mains et Google Traduction font le travail. Le repas dure 1h30, avec des clients qui viennent, mangent, repartent. Ambiance de vrai quartier, pas de zone touristique.Jour 7, on visite le Mausolée de Thomas Sankara, avenue Seroigne, à 6 000 FCFA. Le gardien nous montre des photos en noir et blanc et parle de la révolution avec une nostalgie palpable. On ne comprend pas tout, mais on ressent son émotion. Le jour 9, on fait un tour à vélo avec un guide nommé Abdoul (trouvé via une petite annonce photocopiée dans l'hôtel). Il nous emmène voir des ateliers artisanaux où on achète une petite statuette Mossi, bien trop cher (35 euros), mais on soutient le sculpteur directement. La température remonte à 40 degrés, on sue comme des fontaines, et on s'arrête boire du jus de tamarin frais chez une dame qui le vend dans des sacs congélation. Moment où on réalise qu'on est vraiment loin de Paris. Les transports en commun : les minibus n'ont pas d'horaires fixes. On attend, on monte quand c'est plein, on descend quand c'est prévu. Pas de confort, beaucoup de bruit, des enceintes qui crient de la musique mandingue. Une fois, un client laisse tomber ses œufs par terre et tout le bus rigole. On comprend que c'est comme ça qu'on vit ici.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Marché Rood Woko à l'aube : vendeurs, odeur de poisson fumé, mangues à 500 FCFA

2

Café Atelier, rue Ouezzin : jus de bissap frais et vraies conversations avec les étudiants

3

Restaurant Chez Bilbashan : tô authentique 3 000 FCFA, terrasse sur rue animée

4

Mausolée Thomas Sankara : gardien passionné, histoire vivante, tarif 6 000 FCFA

5

Minibus locaux : expérience de transport sans filtre, ambiance mandingue, chaos organisé

Album · 8 photos

Photos — Ouagadougou

Ouagadougou sans filtre : 10 jours entre marché Rood Woko et panne de moto
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Conclusion

Et au final.

Ouagadougou n'est pas facile d'accès pour un touriste français : il faut accepter la chaleur, le bruit, les arnaqueurs de basse envergure. Mais les gens sont souvent gentils sans attendre quelque chose en retour, et on apprend plein de choses juste en regardant. Ce que j'ai moins apprécié : la propreté des rues (vraiment dégueu par endroits) et le sentiment de sécurité qui n'est pas au rendez-vous la nuit.

En résumé

Avis Ouagadougou : carnet de voyage de 10 jours par marcgabriel-86

Destination
Ouagadougou →
Pays
Burkina Faso →
Durée
10 jours
Période
octobre · Automne
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@marcgabriel-86 →
L'essentiel

Ouagadougou en bref

Pourquoi choisir Ouagadougou

  • Marchés vibrants et authentiques loin du tourisme de masse
  • Rencontres avec des locaux véritablement bienveillants et ouverts
  • Coût de la vie extrêmement bas pour les voyageurs européens
  • Patrimoine historique riche autour de la révolution de Sankara
  • Gastronomie locale riche et accessible à bas prix

Pour qui ?

  • Voyageurs en quête d'authenticité et de dépassement de soi
  • Backpackers au budget serré cherchant l'Afrique subsaharienne
  • Passionnés d'histoire politique et de révolutions africaines
  • Aventuriers tolérant l'inconfort et appréciant les rencontres vraies
  • Anthropologues et chercheurs intéressés par les cultures mandingue et mossi

À éviter si…

  • Vous avez besoin d'infrastructure touristique luxueuse et confortable
  • Vous ne tolérez pas les températures extrêmes (38-40 degrés)
  • Vous cherchez des garanties de sécurité absolue, notamment la nuit
  • Vous êtes rebutés par la saleté des rues et l'environnement urbain dégradé
À découvrir aussi
Bobo-DioulassoMarché Rood WokoMusée National du Burkina FasoMausolée de Thomas SankaraAéroport Ouagadougou-KadigogoMarché de GounghinPlateau MossiRN1 (route nationale)Quartier Ouezzin CoulibalyCascades de KarfiguelaParc du W du BurkinaRégion du Sahel

Photos communautaires : Ouagadougou

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burkina dirt
burkina dirt
© Jeff Attaway
Landsat View: Ouagadougou, Burkina Faso
Landsat View: Ouagadougou, Burkina Faso
© NASA Goddard Photo and Video
Ouagadougou
Ouagadougou
© Thierry Draus
Street Vendor - Ouagadougou - Burkina Faso
Street Vendor - Ouagadougou - Burkina Faso
© Adam Jones, Ph.D. - Global Photo Archive
Brochette Vendor - Ouagadougou - Burkina Faso
Brochette Vendor - Ouagadougou - Burkina Faso
© Adam Jones, Ph.D. - Global Photo Archive
glucose?
glucose?
© Jeff Attaway
Reflected Construction - Ouagadougou - Burkina Faso
Reflected Construction - Ouagadougou - Burkina Faso
© Adam Jones, Ph.D. - Global Photo Archive
Gusanos negros con cebolla y plátano macho frito.
Gusanos negros con cebolla y plátano macho frito.
© BoHeMlo
Questions fréquentes

FAQ — Ouagadougou

Quel est le meilleur moment pour visiter Ouagadougou ?

Les températures peuvent atteindre 38-40 degrés durant la visite décrite. Il est préférable de voyager en saison sèche (novembre à février) pour éviter la chaleur intense et les pluies. La période visitée semble être l'harmattan, très chaud.

Combien coûte une nuit d'hôtel à Ouagadougou ?

Les guesthouses basiques coûtent entre 15 000 et 25 000 FCFA environ (25-40 euros), comme l'Hôtel Silmandé rue de la Cathédrale. Les services peuvent être limités (wifi 4h/jour, climatisation bruyante), mais restent abordables.

Le marché Rood Woko vaut-il vraiment le coup ?

Oui, c'est le poumon authentique d'Ouagadougou où se mélangent les cultures moré et dioula. Les mangues coûtent 500 FCFA/kg et la nourriture locale est excellente (pain-sauce arachide). À visiter très tôt le matin avant la chaleur.

Est-ce sûr de louer une moto pour explorer le Burkina ?

Déconseillé. L'auteur a loué une moto chez Hassan (15 000 FCFA/jour) pour Bobo-Dioulasso (365 km), qui a panné à 120 km en plein désert. Préférez les minibus locaux ou les taxis organisés.

Quel est le meilleur restaurant local à Ouagadougou ?

Chez Bilbashan près du marché de Gounghin sert un tô excellent pour 3 000 FCFA. Ambiance authentique sans touristes, avec service convivial malgré la barrière de la langue.

Y a-t-il des transports en commun fiables ?

Les minibus collectifs n'ont pas d'horaires fixes. On attend le départ quand le bus est plein. Pas de confort (bruit, musique forte) mais c'est l'expérience véritable de la vie locale à Ouagadougou.

Quels sites touristiques principales visiter ?

Le Musée National (boulevard Nkrumah, 3 500 FCFA) et le Mausolée de Thomas Sankara (avenue Seroigne, 6 000 FCFA) sont les incontournables. Les guides passionnés enrichissent l'expérience.

Faut-il parler français ou anglais ?

Le français est utile mais limité dans les quartiers populaires. L'anglais n'est quasi pas parlé. Google Traduction et les gestes suffisent pour communiquer avec les locaux.