Comment ça s'est passé.
On a débarqué à Oaxaca un mercredi 2 septembre, 14 h 30, après un vol Aeromexico depuis Mexico City (retard de 45 minutes, bien sûr). L'air était humide, presque collant, avec cette odeur de diesel mélangée aux échappements des moto-taxis qui nous a accueilli dès la sortie de l'aéroport Xoxocotlán. L'hôtel qu'on avait réservé, le Casa Crespo au cœur du zócalo, était à 2 km. On a pris un taxi collectif à 40 pesos par personne : entassés à cinq dans une Nissan blanche des années 2000, vitres baissées, un reggaeton à tue-tête. Le chauffeur nous a déposés à 15 h 10 devant la cathédrale Metropolitana. La première chose qu'on a ressentie ? L'odeur du copal brûlé mélangée aux grillades de viande : les vendeurs des rues adjacentes préparaient déjà les mets pour le soir. Les marchés et la galère de l'orientationLe marché Benito Juárez était notre cible le jeudi matin. On s'y est perdus royalement. Les petites ruelles autour du zócalo se ressemblent toutes, les panneaux sont inexistants, et personne ne parle vraiment l'anglais. On a tourné en rond pendant 45 minutes avant de demander à une vendeuse de fruits qui nous a guidés en riant. Le marché lui-même : un labyrinthe de couleurs et de bruits assourdissants. On a acheté un café au lait sucré à une dame assise par terre (30 pesos), dégusté des mole negro chez un petit restaurateur local en face du stand textile (mole à 120 pesos, généreux). C'était dense, compliqué à naviguer, mais c'est là qu'on a vraiment senti Oaxaca, pas dans une version lissée pour touristes. Les villages alentour et le bus 02Samedi matin, levés à 6 h pour prendre le premier bus vers Tlacolula de Matamoros. La gare routière Oaxaca Xoxocotlán (première classe, Central de Autos) était surpeuplée. On a pris la ligne 02 de la compagnie Alonso, minibus blanc avec des pneus qui avaient connu des jours meilleurs. Deux heures de route cahoteuse à travers les montagnes, assis au-dessus du moteur, la température intérieure qui montait crescendo. Tlacolula : petit village de 15 000 habitants, dimanche familles indiennes Zapotèques au marché, pas beaucoup de touristes. On a mangé des tlayudas (pain d'oaxaca préparé sur un feu de bois) pour 25 pesos chez une femme qui les faisait devant sa maison. Elles étaient croustillantes à l'extérieur, molles dedans, l'odeur du corn grillé était incroyable. On a raté le premier bus de retour (pas d'horaires affichés, juste une estimation), attendu deux heures sous le soleil. Hiérve el Agua et les murs blancsLundi, on a loué un minibus privé pour Hierve el Agua (350 pesos par personne, quatre personnes dans le groupe). Le site des cascades minérales : impressionnant à voir, même si la baignade était moins cool qu'on ne l'espérait (eau calcaire, légèrement salée, 32 °C). On a croisé un groupe de touristes français qui s'était fait facturer 800 pesos pour la même journée à l'hôtel. Une arnaque classique. On a eu de la chance de passer par un guide de la rue. La Capilla del Espíritu Santo à Santa María Atzompa, mardi après-midi, était ferme. Pas de chance. On s'est contenté d'admirer la façade depuis l'extérieur et d'acheter de la céramique glazée verte aux femmes assises devant leurs portes (petit vase à 200 pesos, bien emballé, arrivé intact en France). Nuits et gastronomie réelleOn dormait mal à Casa Crespo les trois premières nuits : trop chaud (pas d'air conditionné, seulement un ventilateur), bruits des rues (fêtes jusqu'à 2 h du matin), et un problème d'eau chaude. On a changé pour un Airbnb privé le 5 septembre, plus calme, plus cher (700 pesos vs 550). La différence était énorme. Les menus prix fixes du soir au restaurant Zanzibar (rue Garcia Vigil, à deux rues du zócalo) : 180 pesos pour une assiette tlayuda-chapulines-café. Les chapulines (sauterelles grillées) sentaient l'ail et le citron, texture croquante, légèrement salées. On en a repris même si c'était pas notre truc à la base. Mercredi matin, on a pris un café chez Boulenc (petit café français improbable dans le centre-ville, 60 pesos pour un bon espresso). Le gérant était français depuis 15 ans. Il nous a conseillé d'éviter les restaurants trop touristiques près du zócalo et de descendre dans les ruelles adjacentes. Départ et bilanVendredi 12 septembre, on a quitté Oaxaca en bus ADO (ligne directe vers Mexico City, 7 heures, 400 pesos) à 7 h 30. On a dormi presque tout le trajet.
Les bons plans repérés sur place.
Marché Benito Juárez : arriver à 7 h 30 du matin avant la foule, commander un mole directement auprès des cuisinières
Tlayudas chez la femme près de la gare de Tlacolula (25 pesos, pain croustillant cuit au feu de bois)
Route minibus vers Hierve el Agua : réserver 24 h avant directement auprès des chauffeurs, pas via l'hôtel (économiser 200 pesos)
Café Boulenc pour démarrer la journée sans touristes français : excellent espresso, conseil d'un Français implanté depuis 15 ans
Coucher de soleil du zócalo : assis sur un banc public, musique de rue à 18 h 30, pas cher, vraiment local
Et au final.
Oaxaca nous a vraiment plu, mais c'était moins reposant qu'on ne l'imaginait. La chaleur de septembre était épuisante, on s'est perdu plus qu'une fois, et on a payé trop cher certains trucs en ne sachant pas négocier. Cela dit, les rencontres et la nourriture vraie — pas celle des guides touristiques — valaient vraiment le coup.







