Comment ça s'est passé.
On a débarqué à la gare de Monaco-Ville un lundi matin vers 9h30, après avoir pris le train depuis Nice à bord d'une rame Thello plutôt confortable. Premier choc : l'odeur de sel marin mélangée aux gaz d'échappement des Ferrari jaunes qui tournent dans la rue de la Rousse. On a tout de suite senti qu'on n'était pas en terrain ordinaire. L'hôtel était le Fairmont Monte-Carlo, trop cher évidemment (280 euros la nuit), mais on s'était dit une fois ne tue pas. En le cherchant avec nos valises, on s'est paumés dans les petites rues de la Vieille Ville qui montent en zigzag. Un vieux Monégasque nous a corrigés avec un accent très poussif, nous disant qu'on devait prendre l'ascenseur gratuit depuis la Place du Casino, pas grimper comme des randonneurs. Il avait raison, bien sûr. Les premières impressions : argent partout, monde nulle partCe qui frappe quand on arrive, c'est le silence des rues principales. Pas de vie de quartier, pas de terrasses bondées comme à Nice. Juste des façades immaculées, des façades de banques privées, et des voitures qui brillent. Le Casino de Monte-Carlo, on l'a regardé de l'extérieur surtout parce que l'entrée coûtait 17 euros et qu'il fallait une tenue « décente ». C'était un bâtiment magnifique, des colonnes blanches partout, mais on avait l'impression de violer un jardin privé en s'approchant. La gastronomie, c'était notre plan numéro 1. On a entendu parler de Joël Robuchon et de ses trois étoiles Michelin au Métropole, mais les menus dégustations tournaient autour de 190 euros par personne. On a craqué une fois : un velouté de châtaigne à la truffe (goût riche, presque trop intense), puis un bar de ligne sauvage. C'était bon, vraiment, mais on s'est senti surveiller par le serveur chaque fois qu'on posait notre verre. On a préféré les petits restaurants moins connus : à la Condamine, on a trouvé Bouchon et Assiette, un bistrot tenu par un couple de Français où on mangeait des pâtes fraîches pour 18 euros. L'ambiance était plus honnête. Le patron lui-même avait dit en riant que 90% de Monaco était du toc. La vraie galère : les transports et les prixPour se déplacer, on a pris le bus ligne 1 et ligne 2, qui coûtaient 2 euros le ticket à l'unité (prévoir la monnaie exacte, les chauffeurs de Compagnie des Autobus sont froids). On s'est fait surprendre un jour : on pensait avoir une liaison directe vers Menton en Italie, mais il fallait descendre à Roquebrune-Cap-Martin et marcher 15 minutes pour trouver l'arrêt suivant. Perte d'une heure bête. Les escaliers roulants gratuits du port étaient à peine signalés, mais hyper utiles pour monter vers le musée océanographique. Parlons du prix du musée océanographique, puisqu'on l'a fait : 16 euros l'entrée. C'est intéressant (l'aquarium souterrain sent l'humidité et le chlore), mais court. En quarante minutes, on avait tout vu. On a eu une vraie frustration ce jour-là : on s'attendait à quelque chose de plus grand, plus fourni. C'était un peu... touristique de touristes pour touristes. Les détails qui restentLe Jardin Exotique, on l'a fait en remontant depuis la Gare. Les cactus, c'était joli, l'odeur épineuse et sèche des plantes succulentes, la vue sur la mer depuis le bord des falaises vraiment nette. On a croisé pas mal de couples âgés qui faisaient la même visite touristique que nous. Ça faisait un peu usine à touristes, honnêtement. Les rues commerçantes autour de la Place d'Armes, c'était où on trouvait les boutiques Louis Vuitton, Hermès et autres. Pas grand chose pour nous. On s'est arrêtés à la Chocolaterie Caracole pour un café espresso (3,50 euros) et un mille-feuille (6 euros), c'était dense et riche, mais on sentait qu'on payait l'adresse, pas la qualité. Le port Hercule, lui, c'était beau à voir le soir. Les yachts qui se reflétaient dans l'eau, le ciel rose-orange vers 19h. On s'est assis dans un bar moins cher que les autres (toujours relatif) face au port, on a bu des vins du Var en regardant les riches rentrer chez eux. Moment simple, mais c'est là qu'on a compris : Monaco n'est pas fait pour être habité normalement, c'est un musée de luxe.
Les bons plans repérés sur place.
Musée océanographique depuis la Rue Grimaldi : l'aquarium des coraux vaut les 16 euros, mais limitez-vous à 45 minutes
Bouchon et Assiette à la Condamine : pâtes fraîches 18 euros, atmosphère sans chichi, tenu par un couple sympa
Jardin Exotique en début d'après-midi : vue sur Menton et l'Italie, odeur de cactus, moins de foule avant 14h
Ascenseur gratuit depuis la Place du Casino pour accéder à la Vieille Ville (bien plus malin qu'escalader les rues)
Port Hercule en fin d'après-midi : regarder les bateaux de luxe, vins du Var en terrasse, gratuit et authentique
Photos — Monaco (Ville complète)
Et au final.
Monaco, c'est une expérience étrange. On ne regrette pas d'y être allé, mais on a trouvé la vie trop aseptisée, trop chère pour ce qu'elle offre réellement. La Vieille Ville et le port valent le coup, les restaurants gastronomiques aussi si vous avez le budget. Ce qui nous a déçus : l'absence de vie locale véritable, les musées plutôt légers, et surtout cette sensation constante qu'on était un numéro de plus dans un catalogue de touristes.
