Comment ça s'est passé.
J'ai atterri à l'aéroport de Luqa un mardi matin vers 9h30 avec l'idée simple : traverser Malte sans plan précis. Le bus numéro 2 m'a déposé à Valletta en 30 minutes pour 2 euros. Premier choc : la chaleur. On était en mai, mais déjà 34°C à midi, l'air sec qui vous craque les lèvres. J'ai traîné ma valise dans les ruelles calcaires de la capitale, les façades ocre et jaune fermées par des volets verts, des câbles électriques qui pendaient partout. J'ai trouvé une petite guesthouse, le Valletta Heritage, chambre avec ventilo, 45 euros la nuit. Le premier soir, j'ai mangé à la Strada Stretta, dans une ruelle piétonne bondée. Rabbit stew (ragoût de lapin maltais) avec 250 ml de vin blanc local : 14 euros. Le lapin, c'était mou, sucré, pas vraiment mon truc, mais l'odeur de safran qui montait du plat était prenante. Les Maltais autour de moi parlaient fort, rires éclatants, je me suis senti vraiment seul à cette table. Trois Cités et première galèreMercredi, j'ai pris le ferry pour les Trois Cités (Vittoriosa, Senglea, Cospicua). Le numéro 2 en bus jusqu'au port de La Valette, puis un petit bateau à moteur qui traversait le Grand Harbour en 5 minutes pour 2 euros. Le paysage était fou : des forteresses du XVIe siècle qui surplombaient l'eau turquoise, des bateaux de pêche multicolores, des voiles jaunes qui claquaient. À Vittoriosa, j'ai visité le Fort Saint-Angelo (entrée 10 euros). Les escaliers internes étaient glissants, humides, je me suis tordu la cheville en remontant. Légère douleur, j'ai continué. En bas, j'ai trouvé un petit bar, le Café Cordina Heritage, et j'ai commandé un pastizzi au fromage (pâte feuilletée fourrée, 1,20 euro) avec un espresso. Le fromage coulait, les miettes partout, mais c'était bon, vraiment bon. Le problème : j'avais réservé une excursion à Comino pour jeudi matin via un site touristique lambda. Le bateau devait partir à 8h du port de Cirkewwa. J'ai pris un taxi depuis Valletta à 6h45, la circulation à Malte est imprévisible, pleine de deux-roues qui vous frôlent. Arrivé à 8h15 : le bateau avait déjà levé l'ancre. L'organisateur, un mec en short bleu fluo, m'a dit que c'était « pas sa faute, t'aurais dû être là avant ». Arnaque. J'ai perdu 35 euros. Coup dur, mais j'ai décidé de rester à Cirkewwa et de regarder la Blue Lagoon depuis la plage publique. L'eau était effectivement bleu électrique, incroyable. J'ai nagé seul, c'était froid et vivifiant. Jours en vrac : Mdina, Birgu, les souksJeudi après-midi, j'ai loué un scooter 50cc pour 25 euros la journée. La route vers Mdina était étouffante, le vent chaud qui vous brûle la peau. Mdina, c'est une vieille capitale fortifiée, des rues comme des labyrinthes, des pigeons qui vous observent du haut des arcades. J'ai grimpé jusqu'à la Cathedral, il y avait une file d'attente, j'ai renoncé. Par contre, j'ai trouvé un resto minuscule, Fontanella Tea Garden, avec une terrasse qui surplombait toute l'île. Une tasse de café avec un gâteau au miel maltais : 8 euros. Assis là, je voyais des champs jaunes, des villages blancs étalés, quelques nuages gris qui traînaient. Vendredi, j'ai fait les souks de La Valette. Le marché de Valletta (à côté de la Main Guard) : étals de fruits, de poisson frais, de viande suspendue. L'odeur était forte, un mélange de sel, de poisson fermenté et d'herbes. J'ai acheté des tomates bien rouges, du fromage halloumi, des olives noires. Repas de midi au pied d'une fontaine : 6 euros de provisions, j'ai mangé en silence, regardant les touristes passer. Samedi, j'ai visité les temples mégalithiques de Ħaġar Qim (entrée 10 euros, route vers le sud). Pierres énormes, 5500 ans, pas de décor, juste des murs qui tenaient debout. C'était solennel, vide. Un groupe de touristes anglais prenaient des selfies, mais bon. Derniers jours, retour à la routineDimanche, j'ai flâné sans but. Café au Caffe Cordina (café principal, pas la succursale) : 3,50 euros pour un cappuccino et un croissant aux amandes. Les locaux parlaient maltais entre eux, l'italien en arrière-plan, un peu de français. J'ai senti que j'étais vraiment étranger. Lundi, retour à l'aéroport, même bus numéro 2. En partant, j'avais les pieds gonflés, la peau brûlée par le soleil malgré la crème, et une sensation bizarre en bas de la cheville. Mais j'avais pris des photos sans filtre, mangé du lapin qui m'avait déçu, nagé dans du bleu qu'on ne voit nulle part ailleurs, et perdu 35 euros bêtement. Voilà Malte.
Les bons plans repérés sur place.
Ferry pour les Trois Cités au départ du port de La Valette (2 euros, 5 minutes, vue sur Fort Saint-Angelo)
Pastizzi au fromage chaud à Vittoriosa (1,20 euro, le vrai goût de Malte, miettes partout)
Blue Lagoon à Comino vue depuis Cirkewwa en solo (gratuit, eau turquoise, déprimant seul mais impressionnant)
Temples de Ħaġar Qim (10 euros, pierres mégalithiques de 5500 ans, très calme en fin d'après-midi)
Marché de Valletta le vendredi matin (odeur de poisson frais et sel, tomates rouges impeccables, fromage halloumi local)
Photos — Valletta et région centrale
Et au final.
Malte, c'est petit, dense, chaud, un peu confus parfois. J'ai adoré les ferries, les temples, cette sensation de marcher sur de la pierre maltaise. Mais l'escroquerie du bateau m'a rappelé que le tourisme c'est aussi des gens qui profitent. Je reviendrais, mais avec un guide local payant correctement plutôt que des sites web de réservation.
