Comment ça s'est passé.
Levée à 5 h 30 à l'aéroport de Malte pour attraper un bus nº 2 direction Valletta. Trois euros le trajet, climat déjà tropical à cette heure. La capitale s'est révélée au fur et à mesure, ses calcaires ocres tranchant sur le bleu méditerranéen. Nous avons lâché nos bagages à l'Oswald Hotel, une petite guesthouse de la rue Merchants, chambre 42 avec vue sur le Grand Harbour—ce port fortifié où s'entassent les ferries pour Gozo et Comino. Le jour 1, malentendu cultural classique : nous pensions que les musées fermeraient à 18 h. En réalité, le Palais du Grand Maître (entrée 10 euros) ferme à 16 h 30 en septembre. Nous l'avons su en tournant à la porte close. Frustrant, mais cela a forcé un détour par la Co-Cathedral of Saint John, où l'air conditionné était une bénédiction—on gelait littéralement en ressortant après une heure dedans. La caravelle peinte au plafond, c'était du trompe-l'œil Baroque, pas grand-chose de plus. Entrée 6 euros. Gozo a été le moment fort. Ferry de 25 minutes avec Linea (compagnie locale), 4,50 euros l'aller. Nous avons loué un scooter chez Gozo Scooter Rental, 30 euros la journée, et filé vers l'Xlendi Cliffs. Les falaises ocre-rouge tombaient à pic sur une mer d'un vert électrique. L'odeur salée était écrasante, presque étouffante en montant du vent. Nous avons grillé nos jambes au soleil sans crème (erreur), mais ce paysage minéral, sec, c'était l'opposé de la Côte d'Azur—rien de vert, juste de la roche et du silence. Le restaurant Ta'Ċenċ à Xlendi a servi une salade maltaise avec du fromage local pour 12 euros. Goût salé, très salé, fromage sec qui collait au palais. C'est de la nourriture honnête, pas transcendante, mais juste et généreuse. Pain maltais dense, légèrement sucré—personne ne le signale jamais, pourtant c'est la base de chaque repas. Sur le trajet retour à Valletta, panne de scooter à 17 h 45, à 2 km d'Mgarr Harbour. Quarante-cinq minutes à attendre un taxi local. Chauffeur sympa mais qui ne parlait que le maltais, puis l'arabe. Pas grave, nous avions le port en ligne de mire. Jours 4-5 : Popeye Village à Mellieha. C'est un parc thématique ridicule basé sur le film des années 80, construit dans une baie calcaire où les décors du film ont été conservés. Entrée 13,50 euros. Honnêtement, ça manquait de cohérence, les boutiques de souvenirs plantées entre des maisons colorées en carton-pâte. Mais les enfants (d'autres familles) s'amusaient. Nous avons mangé un pastizzi (pâte fourrée à la ricotta) pour 0,80 euros dans une boulangerie en bas de la baie—ça, c'était délicieux, chaud, pâte qui croustillait. Les Maltais en achètent par 3 le matin, c'est un classique. Jour 6, tempête surprise en fin d'après-midi. Pas catastrophique, juste des pluies violentes et du vent qui fermait les volets. Nous étions à Birgu, le quartier historique face à Valletta. Les ruelles devaient drainer l'eau en 1690 aussi, alors on s'y habitue vite. Nous avons passé 4 heures dans un café, le Café Pépin, commande après commande de coffee (espresso serré, 1,50 euros), en écoutant l'eau tomber sur la terrasse vitrée. Sons de pluie, odeur d'eau de pluie sur le calcaire chaud. Moment de pause forcée, finalement apprécié. Comino, le jour 7. Blue Lagoon est un bassin d'eau turquoise coincé entre Comino et Cominotto, deux îlots rocheux. C'est bondé (400 touristes), eau très chaude comme une piscine, transparente mais sans vie réelle—poissons rares. Ferry local depuis Valletta (12 euros), 1 h. Nous y avons mangé un sandwich au thon préparé le matin à l'Oceans café, pain blanc mou, thon en boîte, 4,50 euros. Pas gastronomique, juste ce qu'il faut pour tenir entre deux baignades. Le dernier jour, marché de Valletta le dimanche matin. Rue étroite encombrée, vendeurs d'habits, de fruits (raisins à 2 euros le kg), de fleurs. Rien de très différent des marchés côté français. Nous avons acheté des dattes séchées, 1,20 euros, et visité la National Museum of Archaeology (10 euros), qui mélange statuettes préhistoriques et poteries phénicienne—très fragmenté, vitrines sans grande clarté.
Les bons plans repérés sur place.
Xlendi Cliffs à Gozo : falaises ocre-rouge en fin d'après-midi, accès par route panoramique
Valletta au coucher de soleil : marcher dans les rues de calcaire depuis la Upper Barracca Gardens
Pastizzi de ricotta chez une boulangerie locale : 0,80 euros, chaud, dégusté assis sur les marches
Ferry vers Gozo au lever du jour : 25 minutes, 4,50 euros, vue sur trois îles à la fois
Birgu en soirée : ruelles médiévales, restaurants sur l'eau face à Valletta illuminée
Et au final.
Malte, c'est un pays compact et survisité qui se découvre en quelques jours sans effort. La météo, le coût abordable (moins cher qu'en France), l'absence de barrière linguistique (l'anglais prime) et les falaises rocheux en font une destination facile. Bémol : le tourisme de masse pèse lourdement sur certains sites (Blue Lagoon), et la gastronomie est plus fonctionnelle qu'inspirante. Nous repartons satisfaits, pas transformés.







