Comment ça s'est passé.
Je me suis posé à Malte début octobre après un vol easyJet qui a décollé de Nantes avec une heure de retard. Arrivée à l'aéroport de Luqa vers 15 h, j'ai directement pris le bus numéro 2 depuis le terminal (2 euros le trajet) jusqu'à la station Valletta Central. Le bus était bondé, la clim poussée au maximum, et j'ai dû me battre avec ma valise entre deux couples de touristes allemands qui discutaient fort. Les trois premiers jours, j'ai campé à l'hôtel San Antonio Palace, une vieille bâtisse à flanc de colline juste au-dessus de la Valette. La chambre donnait sur le Grand Harbour et c'était sympa pour regarder les navires de croisière passer au coucher du soleil. Le petit-déj était inclus : pain chaud, mozzarella locale, compote d'abricot. La propriétaire, Maria, parlait peu français mais glapissait de rire à chaque fois que j'éventrais ma carte de vocabulaire Larousse. Premiers jours à la ValetteJ'ai commencé par me perdre volontairement dans les ruelles de la Valette. Les maisons en pierre de taille ocre, les balcons en bois peint noir ou rouge, c'est ce qu'on voit sur les cartes postales. Mais ce qu'on omet de dire, c'est que le soleil y tape comme un burin sur l'enclume à 14 h. J'ai grillé ma première journée en montant trop tôt à la Co-Cathédrale Saint-Jean (billet d'entrée 10 euros). À l'intérieur, l'odeur acre du cierge et de l'encens ancien m'a saisi à la gorge. Les murs sont tapissés de chapelles dorées, de tableaux du Caravage, des ornements religieux partout. C'était oppressant autant qu'impressionnant. Pour manger, j'ai trouvé un petit resto sans prétention, Cordina, sur Republic Street, où j'ai pris un ftira (sandwich maltais fourré à la tomate, anchois et fromage) pour 4,50 euros. Le pain était gorgé d'huile d'olive, les anchois salés à mort, mais c'était bon. Le soir, un verre de Kinnie (boisson gazéifiée maltaise, un peu amère, très locale) au bar Strait Street Lounge m'a coûté 5 euros. Ambiance bobo-hipster, cédage sonore des chaises en bois sur le carrelage. Mdina, les cavernes et le fiasco GozoLe deuxième jour, bus 51 direction Mdina (la vieille capitale). L'aéroport n'était vraiment pas loin en réalité. Arrivé à Mdina en fin de matinée. La ville est juchée sur une colline, les rues étroites, les portes des maisons bleu outremer ou vert anis. C'est calme, clairement touristique, mais sans la saturation de la Valette. J'ai visité le Musée archéologique (7 euros) : urnes funéraires, figurines de Vénus maltaises, céramiques minoennes. Pas dingue, mais c'était au frais. Le moment où tout a dégénéré : samedi, j'ai décidé d'aller à Gozo en ferry. J'avais lu que les grottes bleues étaient spectaculaires. J'ai pris le bus 101 jusqu'à Mgarr, puis j'ai attendu le ferry. Première galère : deux ferries avaient été annulés le matin à cause de la mer un peu agitée. J'ai patienté trois heures à la gare maritime en buvant des espressos trop serrés (1,50 euro le verre). Quand le ferry est enfin arrivé, c'était une vieille carcasse qui sentait l'eau salée stagnante et le fuel. La traversée a duré 25 minutes de tangage. Je n'ai vomi nulle part, mais j'ai frôlé. À Gozo, un taxi m'a arnaqué direct : 15 euros pour 2 kilomètres jusqu'au lido de Ramla Beach. Le chauffeur roulait lentement, prétendait que c'était bien plus loin, tout ça en souriant. Les grottes bleues, je n'ai pas pu les voir correctement (groupe de 40 touristes en attente) et la plage elle-même était surpeuplée. J'ai pris un sandwich chez un vendeur ambulant (7 euros pour du pain et du thon pourri) et je suis reparti le jour même. Le retour en ferry était aussi mouvementé. Lesson learnt : Gozo n'en valait pas le coup. Les trois derniers joursJe me suis rabattu sur Sliema et Birgu. À Sliema, j'ai dormi à l'hôtel front de mer Hilton (pas l'original, juste un Hilton), prix correct pour un 3-étoiles (75 euros la nuit). La promenade côtière de Sliema attire les jeunes et les couples. Restaurants en enfilade, bars à mojitos louches. J'ai mangé un fish and chips chez Barracuda (18 euros) : le poisson était sec, les frites molle. C'était décevant. Birgu m'a beaucoup plu en revanche. Ancien port militaire, maisons colorées, quais en rénovation. J'ai pris un déjeuner tardif dans un petit bistrot sans nom (juste une pancarte en malais) : ragoût d'escargots, vin blanc local, pain. Tout pour 12 euros. Les escargots étaient tendres, le vin léger. Un Maltais à côté de moi a parlé de son voyage en France, juste pour la conversation. Son accent était adorable. Les transports : j'ai acheté un abonnement 7 jours pour les bus (21 euros) qui couvre l'île entière. C'est largement utilisable et fiable. Les horaires varient beaucoup selon les jours de la semaine. Le dimanche, les bus sont moins fréquents.
Les bons plans repérés sur place.
Co-Cathédrale Saint-Jean à la Valette : tableaux du Caravage au plafond voûté noir et or
Port de Birgu en fin d'après-midi : restaurants de fruits de mer, lumière rasante sur les maisons ocre
Pain ftira chez Cordina (Republic Street) : l'essence du street-food maltais, 4,50 euros
Musée archéologique de Mdina : figurines de Vénus minoennes, collection insolite et peu peuplée
Valletta Central Bus Station : carrefour des transports, point de départ pour l'île entière
Photos — La Valette + Mdina + Gozo
Et au final.
Malte m'a donné de bonnes journées en solo, surtout Mdina et Birgu. La Valette est dense mais trop touristique. Le climat est chaud (26-28°C en octobre), idéal. Mon plus gros reproche : les arnaqueries (taxis, restaurants) et l'expérience ratée de Gozo m'ont rappelé que destination populaire rime souvent avec déception partielle.
