Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport de Luxembourg (Findel) un jeudi matin gris, 7 h 30. Le bus n°16 nous a menés directement à la Gare centrale de Luxembourg pour 2 euros. Première impression : un pays petit, ordonné, un peu trop lisse. Mais c'était avant de vraiment arriver. L'hôtel Simoncini, rue Chimay, trois étoiles, chambre 304 avec radiateur bruyant et vue sur les toits d'ardoise. Petit déjeuner convenable mais cher (15 euros pour deux). On a décidé de marcher vers la vieille ville, en descendant la rue de la Ronde. Les pavés mouillés sentaient l'humidité froide d'octobre, les murs en grès jaune commençaient à se détacher. C'est là qu'on a compris que Luxembourg n'était pas une capitale de carte postale : c'est une ville qui s'use, qui vieillit, avec des espaces vides entre les boutiques. Vendredi, 6 h du matin, on s'est levés pour le lever de soleil sur la forteresse depuis le pont Adolphe. Décevant, en vrai. Nuageux, orange pâle. Mais la vallée de l'Alzette en contrebas était encore verte, les brumes grises s'accrochaient aux falaises rocheuses. On a pris un café crème à la Pâtisserie Namur (place d'Armes) : pain au chocolat à 2,50 euros, excellent chocolat chaud à 3,20 euros, légèrement épais, avec une croûte de cacao en poudre. Le barista a dit que c'était du chocolat belge, pas luxembourgeois. Moment marquant : voir des jeunes Luxembourg assis là, parlant un mélange de luxembourgeois et de français, vivant tranquille dans une capitale qui ne s'intéresse pas aux touristes. Le Musée de la Banque de Luxembourg, rue du Saint-Esprit, nous a surpris. Entrée 4 euros. Pas de tour groupé fantaisiste, juste des vitrines de pièces, de lingots, des histoires bancaires. On a lu un panneau sur l'inflation des années 1920. Aucun touriste ne parlait anglais là-dedans. C'était étrange, presque intimidant. On a regretté de ne pas avoir lu davantage sur la neutralité du Luxembourg pendant la Seconde Guerre mondiale avant de venir. Samedi, on a voulu prendre le bus vers Vianden pour voir le château. Premier problème : application de transport peu claire, site en luxembourgeois et allemand principalement. On a mal lu et raté le bus #570 de 9 h 15 à la Gare. Le suivant partait à 11 h 45. Deux heures d'attente gênante. On a trainé à la gare, qui sent l'eau de Cologne bon marché et le café d'institution publique. Arrivés à Vianden vers 13 h 30, le château était fermé entre 13 h et 14 h (nous ne l'avions pas lu). Seules 2 heures pour le visiter avant le dernier bus à 17 h 30. Le château est impressionnant, en grès gris, bâti sur une colline abrupte. À l'intérieur, escaliers en pierre, salles vides restaurées un peu trop cliniquement. On a mangé une Kachkéis (fromage à tartiner luxembourgeois) sur un banc, achetée au marché couvert de Vianden pour 3,80 euros. Goût acide, légèrement rance, pas désagréable, juste étranger. Les escaliers sentaient la pierre froide et le dépoussiérant chimique. Dimanche, on s'est reposés à Luxembourg-Ville. Marché Grund, près de la rivière. Fruits et légumes, quelques antiquaires. On a croisé une femme qui vendait de la confiture maison. Elle parlait français, portugais et luxembourgeois. Une vraie Luxembourg multiculturelle, malgré la petitesse. Les restaurants : Chiggeri (rue de la Loge), très touristique, viande de sanglier à 28 euros, bon mais portion étrange. Selon Konrad, plus modeste, poisson du jour à 19 euros, saveur fine, atmosphère moins forcée. On a également testé la bière Bofferding (locale), blonde, légère, presque insipide comparée à une belge. La chose qu'on n'a pas aimée : l'atmosphère corporatiste. Trop de banques, trop d'étrangers riches, trop peu de vie ordinaire visible. Les rues principales sont vides de nuit. Et puis le prix pour un petit pays : un repas simple coûte aussi cher qu'à Paris.
Les bons plans repérés sur place.
Pâtisserie Namur (place d'Armes) — chocolat chaud épais à 3,20 euros, vrai goût luxembourgeois
Château de Vianden (bus #570 depuis la gare) — fortress en grès, escaliers en pierre, fermé à midi (à noter)
Pont Adolphe au levé du soleil — vue sur la vallée de l'Alzette même sans beau ciel
Marché Grund le dimanche — confiture maison, fruits locaux, vendeurs multilingues
Hôtel Simoncini, rue Chimay — petit déjeuner cher mais chambre tranquille, radiateur à gérer
Photos — Luxembourg-Ville
Et au final.
Luxembourg vaut le coup si on cherche une pause courte en Europe centrale, pas un grand frisson touristique. On a apprécié l'absence de fausse nostalgie, les musées discrets, la vraie vie entre les façades. Mais le manque de saveur — culinaire et culturelle — et le coût élevé en tempèrent l'attrait. À refaire ? Non, mais sans regret d'y être allés.








