Comment ça s'est passé.
On a atterri à l'aéroport du Caire vers 23 h avec un décalage horaire brutal. Le chauffeur Uber qu'on avait réservé n'était pas là. Après 20 minutes d'attente et trois appels sans réponse, on a pris un taxi blanc de la file officielle : 150 EGP jusqu'à notre hôtel Nile Hilton (environ 15 euros). Le trajet à 2 h du matin dans les rues du Caire, c'était déjà le choc : klaxons continus, deux-roues slalomant entre les voitures, odeur d'essence mélangée aux vendeurs de kushari qui restaient ouverts. Le premier matin, on s'est levés à 5 h 30 pour atteindre les pyramides de Gizeh avant la cohue. On avait acheté les tickets sur place (300 EGP par personne) plutôt qu'en ligne, erreur classique : on a attendu une heure dans une queue sinueuse sous le soleil. Vers 7 h, enfin à l'intérieur du plateau. La Grande Pyramide de Khéops vue de près, c'est une tout autre chose que sur les photos : elle écrase vraiment, même quand on la voit cent fois avant de venir. On a escaladé jusqu'aux premiers blocs de calcaire (autorisé à cette époque) et on transpirais à verse. La peau qui brûle, la gorge sèche, les jambes qui tremblent. Moment où on s'est assis près du Sphinx : le son du vent qui passait dans les pierres, zéro bruit de touristes à cet instant précis. On était seul quelques minutes. Le deuxième jour, on a exploré le musée égyptien du Caire (Tahrir Square). Entrée 300 EGP. Les files d'attente étaient terribles, la climatisation fonctionnait à peine. On avait très chaud. Le cercueil de Toutânkhamon derrière les vitres, c'est impressionnant mais aussi frustrant : on voudrait être plus près. On s'est arrêtés au café du musée pour un thé à la menthe frais (20 EGP) et un sandwich au fromage blanc (30 EGP). C'était bon mais cher comparé au prix des rues. Ensuite, direction Khan El-Khalili, le grand marché du Caire. C'est là qu'on a compris pourquoi les gens disent que c'est chaos. Des ruelles trop étroites, des vendeurs qui vous sautent dessus à chaque mètre, des parfums d'encens et d'épices tellement forts qu'on pouvait à peine respirer. On a été arnaqués une première fois pour des papyrus soit-disant originaux (j'ai payé 200 EGP pour du papier imprimé fabriqué en masse). Mauvaise expérience. On s'est vengés en négociant dur pour des coussins brodés : finalement 250 EGP pour deux au lieu de 800 EGP demandés d'abord. Le vol pour Louxor, Egyptian Air MS 986 à 6 h du matin depuis l'aéroport du Caire, une heure et demie. L'avion était vieux mais on est arrivé à l'heure. À Louxor, on a pris le bus local numéro 12 (2 EGP) jusqu'à notre hôtel, le Steigenberger Nile Palace. Vue directe sur le Nil. On se levait chaque matin juste avant le lever du soleil pour regarder l'eau changer de couleur, passer du gris bleu au rose doré. L'air était frais à 6 h, puis intenable à partir de 10 h (45-48°C). La vallée des Rois : on a loué un guide officiel (pas seul, conseil sérieux). Hassan, 65 ans, parlait un français acceptable. 400 EGP pour la journée complète. Les tombes souterraines de Ramsès VI, Toutmosis III, c'était vertigineux, les fresques encore vibrantes de couleur après 3 300 ans. On avait interdiction de prendre des photos à l'intérieur mais on a filmé en cachette quelques secondes. Hassan a feint de ne pas voir. On a mangé au petit restaurant à l'entrée, un sandwich au poulet épicé (40 EGP) et une bouteille d'eau plate (15 EGP). Pas terrible mais on avait faim. Le temple de Karnak, énorme, il faut trois heures minimum pour le voir vraiment. On y a passé quatre heures. La salle hypostyle avec ses 134 colonnes, on a dû s'asseoir par terre plusieurs fois, les jambes qui tremblaient. On a bu trois litres d'eau chacun ce jour-là. Le soir, on a dîné au Moghul Indian restaurant sur la Corniche de Louxor : dal masala (80 EGP), naan (30 EGP), poulet tandoori (120 EGP). Merveilleux comparé aux repas touristiques des hôtels. On a fait un voyage en felouque (bateau traditionnel à voile) sur le Nil au coucher de soleil. 200 EGP par personne pour deux heures. Le bateau sentait le bois humide et le poisson. Le Nil était bas, c'était moins beau qu'on l'imaginait, mais le silence en fin d'après-midi, juste le bruit de l'eau et le vent, c'était reposant. On a vu des Égyptiens pêcher depuis les rives, des enfants qui jouaient au football sur les berges. Derniers jours, on a fait l'excursion à Assouan, bus de nuit EZA bus company (300 EGP par personne) : inconfortable, climatisation qui donne des frissons. Arrivée à 6 h du matin. Le barrage d'Assouan, les carrières de granit rose, le jardin botanique de l'île Kitchener (150 EGP). C'était joli mais on était épuisés. On a passé le reste du séjour à dormir à l'hôtel et flâner.
Les bons plans repérés sur place.
Plateau de Gizeh à l'aube (avant 7 h) pour éviter les cars de tourisme. Apporter 3L d'eau minimum.
Restaurant Moghul à Louxor, Corniche, pour la meilleure nourriture en dehors des hôtels (dal masala 80 EGP).
Felouque au coucher de soleil depuis Louxor, négocier le prix (150-200 EGP), ne pas accepter le premier tarif.
Vallée des Rois avec guide local (Hassan recommandé, demander au concierge). Sans guide, facile de se perdre.
Musée égyptien le matin avant 9 h. Le cercueil de Toutânkhamon, même si bref, change la perspective sur 3000 ans.
Photos — Le Caire et Louxor
Et au final.
On revient avec beaucoup d'images en tête, des muscles fatigués et une grande frustration avec les arnaqueurs de Khan El-Khalili. L'Égypte, c'est intense, éreintant, et pas toujours comme on l'attendait. Mais les monuments, la couleur du Nil, certaines rencontres vraies avec les guides locaux, on n'oubliera pas. À refaire, oui, mais pas avant 5-6 ans.
