Comment ça s'est passé.
Arrivée à l'aéroport du Caire à 6 h du matin après un vol EgyptAir de 5 h depuis Paris. Le hall des arrivées sent le café fort et l'eau de Cologne bon marché. On se précipite vers le comptoir des visas, et là, première galère : le douanier refuse mon visa électronique imprimé, demande un original. Vingt minutes de négociation et 50 euros de frais supplémentaires plus tard, on est dehors. Leçon retenue. Prise en charge par notre guide Omar, un monsieur de 62 ans qui parle un français rocailleux mais efficace. Il nous conduit à l'hôtel Cosmopolitan Cairo, rue Talaat Harb, un trois-étoiles correct avec climatisation fonctionnelle et petit déjeuner buffet à 8 h pétantes. On déjeune au restaurant El Omda juste à côté : koshari à 3 euros, jus de canne à sucre frais à 1,50 euro. Le koshari, c'est un mélange de riz, lentilles, pâtes et sauce tomate épicée, ça cale bien après un vol. Premiers jours au Caire : le musée égyptien et Khan el-Khalili On visite le Musée égyptien dès 9 h pour éviter la foule touristique. Dedans, l'air est étouffant et poussiéreux. Les vitrines sont jaunes de poussière, certaines sans étiquetage clair, mais franchement, voir le masque de Toutânkhamon face à face, même à travers une vitre sale, ça change les choses. On marche pendant 4 heures. Nos pieds nous remercient pas. L'après-midi, direction le marché Khan el-Khalili. Le bruit est incessant : vendeurs criant leurs prix, scooters pétaradant dans les ruelles, musique de cinéma égyptien sortant des haut-parleurs crasseux. On repère rapidement le piège à touristes. Ici, on ne paie jamais le premier prix affiché. J'achète un scarabée en pierre à 25 euros après avoir commencé à 80. Notre guide Omar nous détourne des restaurants à pièges (20 euros pour un mauvais tagine), nous conduit à une petite gargote appelée Elwan, où on mange une falafel avec tahine copieuse pour 2 euros. Les murs du restaurant sentent l'huile de friture accumulée depuis des années. C'est pas ragoutant, mais c'est bon. Trois jours à Louxor et dans la Vallée des Rois Vol EgyptAir MS 123 au départ du Caire à 7 h 45, arrivée à Louxor à 9 h 30. Paysage de désert ocre infini. L'hôtel Steigenberger Nile Palace nous accueille avec un verre de jus de mangue glacé. La température dépasse 38 °C. Je trempe ma chemise en 20 minutes. Jeudi, départ à 5 h du matin vers la Vallée des Rois avec Omar et deux autres guides locaux qui ont l'habitude. On monte en 4x4 sur des routes en terre. Le lever du soleil peint les roches en rose puis en orange. On descend dans le tombeau de Toutânkhamon à 6 h 30 : dedans, le silence et l'air climatisé contrastent avec l'extérieur. Les hiéroglyphes peints au-dessus de nous datent de 1323 avant JC. C'est difficile à absorber mentalement. On visite aussi le temple de Karnak l'après-midi. Les colonnes géantes projettent des ombres sur le sable. On croise un groupe de touristes allemands qui prennent des selfies sans vraiment regarder autour d'eux. On s'énerve un peu intérieurement. Le ticket d'entrée coûte 10 euros par personne. Retour au Caire : la Citadelle et la mosquée Muhammad Ali Retour au Caire par vol le dimanche. On visite la Citadelle de Saladin en fin d'après-midi pour éviter la chaleur peak. La mosquée Muhammad Ali à l'intérieur est immense. Les dômes bleus et blancs reflètent la lumière du coucher de soleil. On enlève nos chaussures, on marche sur les tapis rouge foncé. Aucun autre touriste à part nous deux. Un moment tranquille, rare au Caire. Le soir, on dîne sur la terrasse d'un petit café appelé Riche Egypte près de la place Tahrir. Thé à la menthe, pâtisseries faites maison. Coût : 5 euros pour deux. Un couple égyptien à la table à côté regarde la Télévision égyptienne. Un reportage politique passe. Personne ne semble l'écouter vraiment. Les galères et les réalités L'eau du robinet n'est pas potable, on achète des bouteilles plastiques partout (0,50 euro la bouteille). On en jette peut-être 15 pendant le séjour. Le métro du Caire, pour traverser la ville, est bondé et pas très confortable mais efficace et bon marché (0,25 euro le ticket). Les taxis noirs et blancs ne mettent jamais le compteur en route : on négocie avant de monter. On se fait avoir une fois sur le prix (12 euros pour 2 km quand on devrait payer 3), ça nous énerve les 10 minutes d'après.
Les bons plans repérés sur place.
Musée égyptien du Caire : réserver d'avance, y aller tôt avant 10 h, apporter de l'eau car pas d'air sain
Vallée des Rois à Louxor : partir à 5 h du matin, budget 50 euros par personne pour le guide et les tickets
Khan el-Khalili : venir l'après-midi après 16 h, négocier tous les prix de départ, éviter les restaurants en première ligne
Temple de Karnak : se protéger du soleil avec crème + chapeau, l'après-midi plutôt que matin
Mosquée Muhammad Ali à la Citadelle : fin d'après-midi pour la lumière, apporter un foulard pour les femmes
Photos — Le Caire et Louxor
Et au final.
L'Égypte, c'est plus qu'on imaginait sur les monuments, mais aussi plus fatigant et bruyant. Le Caire épuise vite avec son trafic et ses tentatives de pigeonner à chaque coin de rue. Les sites archéologiques valent vraiment le détour, pas pour la romance historique, mais parce qu'on se sent minuscule face à 4500 ans de pierre. Je refais, mais pas plus longtemps que deux semaines.
