Comment ça s'est passé.
On a décidé de faire Kuala Lumpur en plein juillet, sachant très bien que c'était la mousson. Erreur de débutant, mais on a appris à vivre avec. Arrivés à 23 h à l'aéroport international de Kuala Lumpur sur le vol AirAsia FD103 depuis Bangkok, on s'est jeté dans un Grab (sorte d'Uber local) vers le quartier de Bukit Bintang. Le chauffeur a klaxonné trois fois en deux minutes. C'est juste comme ça ici. Les trois premiers jours, on a squatté le Pavilion KL, ce centre commercial monstre au cœur de la ville. Oui, c'est touristique, mais l'air conditionné était une nécessité absolue : dehors, 34°C avec 90 % d'humidité, l'air sentait la tuyauterie et le carburant. Au restaurant Nasi Lemak Wanjo du premier étage, on a mangé le plat national pour 7 ringgits malais (1,40 €) : du riz cuit à la noix de coco, œuf frit, anchois croustillants, sambal rouge brûlant. Ma compagne s'est mis le sambal trop fort et a pleuré pendant dix minutes, assis dans le coin du resto bondé. Les Malaisiens autour trouvaient ça drôle. On a pris le monorail KL depuis la gare Bukit Nanas jusqu'aux Petronas Twin Towers. Billet : 2,50 €. Les tours sont impressionnantes de loin, la skyline depuis Menara KL (la tour de télécommunication) l'est encore plus, mais honnêtement, payer l'entrée pour monter au 86e étage, c'était cher et pas transcendant. On a économisé nos ringgits. Changement radical : Penang et la route côtièreOn a pris le bus longue distance FlixBus malaisien (oui, même marque qu'Europe) depuis la gare Pudu Sentral. Cinq heures de route, départ à 7 h, on dormait à moitié sur le siège. En arrivant à Georgetown à midi, on s'est rendu compte que notre guesthouse n'était pas confirmée. Panique légère. Trente minutes plus tard, on a trouvé The Rifthouse à Lebuh Armenian, petite ruelle coloniale avec murs pelés de couleur pastel. 35 € la chambre double, ventilo au plafond qui prenait l'eau quand il pleuvait fort. Georgetown c'est autre chose. Les rues sont étroites, les gens y parlent deux-trois dialectes en même temps. Le marché central (Central Market) ouvert à 6 h le matin sentait le poisson séché, la crevette fermentée, un truc acide et salé qu'on ne met pas dans les brochures touristiques. On y a acheté des fruits du dragon et des mangoustans (1 € la livre). On a aussi essayé le laksa Penang chez Kek Seng à Jalan Chulia : nouilles rouges, soupe épicée au poisson, un peu trop sel selon ma compagne, mais l'expérience vaut le coup (3 €). Les temples hindous (Sri Mahamariamman et le temple Rasa Sayang) sont gratuits mais bondés lors du culte en fin d'après-midi. Les murs intérieurs sont jaune vif, il y a des statues de divinités partout, de l'encens qui brûle. C'est majestueux mais pas le calme pépite qu'on espérait. Les touristes prenaient des selfies devant chaque coin. On s'est échappés vers Kek Lok Si, le temple bouddhiste, accessible en funiculaire depuis Air Itam. Montée à 2 €, vue sur tout Georgetown et la mer à l'horizon. Moins de touristes, plus de paix. On y a passé deux heures à lire sur les bancs en bois. Galère et apprentissageOn a voulu prendre le ferry vers l'île de Langkawi un jour. On arrive au port de Penang, on demande au guichet où embarquer. La femme nous dit quelque chose en malais, puis « yes yes ». Deux heures plus tard, on réalise que le ferry n'existe que les mardis et jeudis. On avait loupé le jour. On a mangé des roti canai (pâte frite très grasse) au café d'en face pendant une heure en réfléchissant à notre incompétence. 1,20 € la pièce, très bon malgré la déception. Penang sentait surtout bon les cuisines multiples : curries, grillades à la sauce soja, huile bouillante des friteuses. Les nuits étaient bruyantes (motos, vendeurs ambulants, musique des restaurants) mais vivantes. On s'est couché tard plusieurs soirs juste à regarder les gens passer. Retour à KL et finalLes trois derniers jours à Kuala Lumpur, on a évité les clichés touristiques. On a pris le train Komuter (le vrai train local, pas le monorail) jusqu'à Selangor, juste pour voir comment vivent les gens hors de Bukit Bintang. Villages, petits restaurants sans nom, femmes qui vendaient du satay sur des chariots à moteur. C'était moins « beau » mais honnête. On a mangé au restaurant Restoran Soon Huat à Petaling Jaya : poulet rôti, sauce soja, riz blanc, bière locale Guinness. 8 € pour deux. Le poulet était vraiment bon, peut-être le meilleur repas du séjour.
Les bons plans repérés sur place.
Marché central de Georgetown (Lebuh Chulia) : y arriver avant 7 h pour les fruits exotiques et le chaos authentique
Laksa Penang chez Kek Seng (Jalan Chulia) : soupe rouge avec nouilles, 3 euros, vrai local vibe
Kek Lok Si par funiculaire depuis Air Itam : 2 euros, temple bouddhiste moins touristique que les autres, vue sur toute l'île
Nasi Lemak Wanjo au Pavilion KL : 1,40 € le plat national, apprenez à doser le sambal avant de brûler votre bouche
Train Komuter local Kuala Lumpur-Selangor : 3 euros, rarement des touristes, vrai quotidien malaisien
Photos — Kuala Lumpur et Penang
Et au final.
La Malaisie nous a plu plus qu'on le pensait, surtout Georgetown et les petites rues. Mais la fournaise de juillet et les files d'attente touristiques ont usé notre patience par moments. On repartirait, mais en novembre.
