Isfahan et Téhéran : entre mosquées bleues et galères administratives
CarnetIran202614 jours

Isfahan et Téhéran : entre mosquées bleues et galères administratives

On a atterri à Téhéran aéroport Khomeini un samedi matin, complètement lessivés après 6 h de vol avec Turkish Airlines. La douane nous a posé des questions bizarres sur nos carnets de voyage pendant 20 minutes — moment…

MA
Publié le · mis à jour le
14 jours1 album4/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

On a atterri à Téhéran aéroport Khomeini un samedi matin, complètement lessivés après 6 h de vol avec Turkish Airlines. La douane nous a posé des questions bizarres sur nos carnets de voyage pendant 20 minutes — moment étrange où on ne savait pas trop si c'était juste de la routine ou un problème. Au final, rien de grave. On a pris un taxi partagé (40 000 tomans par personne, environ 0,80 €) jusqu'à notre hôtel Parsian Azadi à côté de la place Azadi. La chaleur a frappé direct : 38°C et une odeur de gaz d'échappement dense qui monte des encombrements de Téhéran. On a passé deux jours en capitale pour décompresser. On a mangé des fesenjan (poulet aux grenades et noix) chez Bam Café dans le quartier Nord, avec une viande fondante et une sauce qui sentait le miel et l'acidité. Très bon, pas cher : 180 000 tomans pour deux plats complets avec thé. On a visité le Palais du Golestan — les murs de faïence bleue et turquoise brillaient sous le soleil, ça donne un sentiment étrange de beauté mécanique plutôt que de transcendance. Les femmes doivent se couvrir les cheveux même dedans ; on avait mal anticipé et une gardienne nous a gentiment rappelé de remettre notre foulard. Petite tension, mais rien de grave. Isfahan : la vraie surpriseOn a pris un bus Volvo Safir (compagnie nationale) le mardi à 6 h du matin depuis la gare routière Beheshti : 250 km en 5 h, 95 000 tomans par personne. On s'est endormis sur les tapis roulants routiers. Isfahan nous a reçus avec une odeur de poudre de safran au marché du bazar de l'Imam. On a loué une chambre chez Amanoo Guesthouse, petite ruelle du quartier Jolfa, 25 € la nuit avec petit déj. Le patron, Amir, nous a présenté son ami Mehrdad qui bossait au musée des Tapis. Le pont Khajou au coucher du soleil, c'était notre moment marquant. Assis sur les marches avec des milliers de Isfahahis qui buvaient leur thé, on voyait les arches de pierre se refléter dans le Zayandeh Rood. Les gamins sautaient dans l'eau en pantalon malgré les cris de leurs mères. Un type à côté de nous a commandé un chai saffrani (thé au safran) : odeur chaude, épicée, presque envoûtante. Pas magique, mais vraiment, vraiment présent. On a croisé une fille de 17 ans qui parlait français (elle avait étudié à Dakar), elle nous a demandé de lui prendre en photo avec son père — une connexion rapide, sincère, ni touriste ni rejet. On a passé une demi-journée à la mosquée de l'Imam (Masjid-e Imam). Les carreaux bleu lavande sous la coupole vous avalent les yeux. Un groupe scolaire criait partout. C'est magnifique mais bondé, pas vraiment un refuge. Entrée : 15 000 tomans. On a mangé des kabab koobideh le soir chez un petit resto sans nom près du marché : deux brochettes de viande hachée, riz blanc, piment grillé = 50 000 tomans. Simple, parfait après une journée à marcher. Jeudi, galère numéro deux : on voulait prendre un bus pour Kashan (70 km au nord), mais la gare routière ouest était fermée pour « travaux non programmés » (on a su plus tard qu'il y avait eu un incident). On a dû prendre un taxi privé avec Reza, trouvé par l'hôtel : 300 000 tomans pour deux. Reza parlait anglais rikiki mais nous a montré des photos de sa famille pendant 1 h 30 de trajet — sympa mais fatigant. À Kashan, on a visité le Bagh-e Fin, un jardin perse classique avec des bassins et des cyprès. Beau, organisé, mais c'était lundi et plein de groupes de scolaires bruyants. Pas de découverte, juste un « oui, c'est joli ». On est revenu à Isfahan en bus local (environ 20 000 tomans) et on a raté notre arrivée d'une heure — le chauffeur s'est arrêté pour acheter des pastèques au bord de la route. Les autres passagers se plaignaient mais riaient en même temps. Très iranien. Dernier jour : marché du bazar de l'Imam. On s'est perdus (c'est un labyrinthe), on a acheté du safran vrai (pas trop cher mais on s'est jamais sûrs si c'était vraiment du pur ou du mélange), et on a bu environ 6 verres de thé. Un vendeur nous a invités chez lui prendre le dîner avec sa famille — on a dû refuser poliment, fatigués, ce qui l'a vexé une seconde. Malaise culturel classique.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Pont Khajou à Isfahan au coucher du soleil (gratuit, arrive avant 17 h pour les vraies couleurs)

2

Chai saffrani frais au bazar de l'Imam (petit verre, 5 000 tomans, à boire assis par terre)

3

Mosquée de l'Imam, arrivée tôt le matin avant 8 h quand c'est moins bondé (15 000 tomans)

4

Kabab koobideh chez les petits restos sans enseigne près du marché (50 000 tomans les deux brochettes)

5

Amanoo Guesthouse à Isfahan pour l'accueil du patron et le petit déj inclus (25 € la nuit)

Album · 10 photos

Photos — Isfahan

Isfahan et Téhéran : entre mosquées bleues et galères administratives
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Conclusion

Et au final.

L'Iran, c'est pas ce qu'on imaginait. C'est moins exotique que ça en a l'air depuis la France, mais plus vivant, plus bruyant, plus compliqué aussi. On a aimé l'accueil, les mosquées, la nourriture. Ce qu'on a moins aimé : la fatigue d'être touriste blanc en permanence, les contrôles, la chaleur écrasante, et aussi une certaine fatigue morale liée à la situation géopolitique qu'on voyait en arrière-plan.

En résumé

Avis Isfahan : carnet de voyage de 14 jours par marievoyages42

Destination
Isfahan →
Pays
Iran →
Durée
14 jours
Période
août · Été
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@marievoyages42 →
L'essentiel

Isfahan en bref

Pourquoi choisir Isfahan

  • Mosquées aux carreaux bleu lavande parmi les plus beaux d'Iran
  • Pont Khajou au coucher de soleil avec mélange authentique de locals et touristes
  • Budget ultra-modéré : hébergement, repas et transport très abordables
  • Bazars labyrinthiques avec safran, épices et interactions culturelles sincères
  • Accueil chaleureux des habitants malgré barrières linguistiques et culturelles

Pour qui ?

  • Couples en quête de découverte culturelle intense et peu onéreuse
  • Voyageurs intéressés par l'architecture islamique et les arts visuels
  • Personnes habituées aux environnements chaotiques et aux voyages non linéaires
  • Backpackers avec budget limité cherchant authenticité hors sentiers battus
  • Explorateurs confortables avec l'imprévu et les changements de plans

À éviter si…

  • Vous souhaitez éviter les procédures administratives complexes et les contrôles répétés
  • Vous êtes sensible à la chaleur extrême (38°C+ en été) et pollution urbaine
  • Vous recherchez spontanéité totale sans préparation politique et culturelle préalable
  • Vous attendez confort hôtelier haut de gamme et services modernes occidentaux
À découvrir aussi
TéhéranAéroport KhomeiniPlace AzadiPalais du GolestanIsfahanMosquée de l'ImamPont KhajouZayandeh RoodBazar de l'ImamKashanBagh-e FinQuartier Jolfa

Photos communautaires : Isfahan

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Iran - Isfahan
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Questions fréquentes

FAQ — Isfahan

Quel est le meilleur moment pour visiter Isfahan ?

Le carnet décrit une visite en été avec 38°C à Téhéran. Isfahan est préférable au printemps (mars-mai) ou automne (septembre-novembre) pour éviter la chaleur écrasante et profiter pleinement des monuments comme la mosquée de l'Imam et le pont Khajou sans épuisement.

Combien coûte un voyage en Iran pour deux personnes ?

Selon le récit : taxi partagé 0,80 €, fesenjan complet 180 000 tomans (~4 €), bus longue distance 95 000 tomans (~2 €), guesthouse 25 € la nuit, kabab koobideh 50 000 tomans (~1 €). Budget modéré : 50-80 € par jour en incluant hébergement et activités.

Faut-il un foulard pour visiter les mosquées en Iran ?

Oui, obligatoire. Au Palais du Golestan et à la mosquée de l'Imam, les femmes doivent couvrir leurs cheveux. Une gardienne a gentiment rappelé au voyageur de remettre son foulard. Anticipez ce dress code religieux avant la visite.

Comment se déplacer entre Téhéran et Isfahan ?

Bus Volvo Safir (compagnie nationale) : 250 km en 5 h pour 95 000 tomans par personne, départ gare Beheshti. Trajet confortable mais risque de changements imprévisés. Taxi privé possible mais plus cher (300 000 tomans pour deux selon le carnet).

Quel est le monument incontournable à Isfahan ?

La mosquée de l'Imam avec ses carreaux bleu lavande sous la coupole est impressionnante, mais bondée. Le pont Khajou au coucher de soleil est décrit comme le moment marquant : assis avec les habitants locaux, vue sur les arches se reflétant dans le Zayandeh Rood.

Y a-t-il des contrôles douaniers stricts à l'arrivée en Iran ?

À Khomeini aéroport, les douanes ont posé des questions prolongées sur les carnets de voyage (20 minutes) : moment étrange mais sans conséquences graves. Soyez patient et transparent avec vos documents.

Où manger à Isfahan sans se ruiner ?

Bam Café dans le quartier nord de Téhéran : fesenjan excellent à 180 000 tomans pour deux. À Isfahan, petits restaurants sans enseigne près du marché : kabab koobideh 50 000 tomans. Thé (chai saffrani) partout pour quelques centimes.

Quel quartier choisir pour loger à Isfahan ?

Jolfa est recommandé : ruelle tranquille avec guesthouses comme Amanoo (25 € la nuit avec petit déj). Proximité du bazar de l'Imam et du pont Khajou. Patron accueillant et connaissance de guides locaux au musée des Tapis.