Comment ça s'est passé.
Arrivée à l'aéroport international Nadi vers 14 h 30, après un vol de 20 h avec escale à Singapour avec Singapore Airlines. Pas de pluie en cette fin de saison sèche, mais une chaleur moite qui colle à la peau et une odeur de sel et de diesel mélangés dès le tarmac. Premier choc : les taxis non réglementés demandent 40 FJD pour 8 km jusqu'à l'hôtel Sofitel Fiji Resort. On a négocié à 25 FJD. Conseil : prendre le shuttle Bus de l'aéroport, beaucoup moins cher. On a choisi Denarau Island pour la première semaine. L'île, collée à Nadi par une petite route côtière, regroupait les resorts de luxe où les Australiens et Néo-Zélandais viennent bronzer. Notre lodge, le Westin Resort Denarau (295 FJD la nuit, soit environ 110 euros), offrait une vue correcte mais l'accès à la plage passait par le restaurant : léger mensonge du booking. Premiers jours : snorkeling et découverte du quotidienOn s'est lancés sur une sortie snorkeling organisée par Awesome Adventures, départ à 8 h du matin du port de Denarau. Le bateau, un catamaran blanc usé, accueillait 45 personnes. C'était bondé, et dès 30 minutes en mer, l'un de nous a eu le mal de mer malgré les comprimés Bonamine. Les coraux étaient morts à 70 %. Le guide a dit que c'était normal pour cette période. On a vu des poissons-anges jaunes et quelques raies, mais le sentiment était celui d'une nature fatiguée, pas vivante comme on l'imaginait. Le tour a coûté 89 FJD par personne (repas inclus : un sandwich au thon fade et une mangue crue). Deuxième jour, on a loué un petit 4×4 chez Europcar pour explorer l'île de Viti Levu. Route chaotique vers Sigatoka. On a roulé 45 minutes sur une route côtière déchirée, passant devant des villages où on voyait des enfants en uniforme rentrer de l'école vers 14 h, des femmes assises sous des bougainvillées roses vif en train de tisser des nattes. L'odeur qui sortait des petits restaurants routiers était celle du poisson bouilli avec du lait de coco : lourd, sucré, envoûtant. On s'est arrêtés à un petit restaurant sans nom à Sigatoka où on a mangé du kokoda (poisson cru mariné au lait de coco) à 12 FJD. C'était délicieux, frais, presque acidulé. Le serveur parlait peu anglais, on a pointé du doigt sur une assiette d'un client. Communication sans paroles : ça marche. La galère des îles éloignéesTroisième jour, on a voulu prendre le ferry pour Ovalau, une île reculée où se trouvent les villages flottants des Polynésiens. Le ferry de South Sea Cruises partait à 9 h du port de Lami, au nord. On a loué un taxi (mauvaise idée) : 45 minutes de route dans les embouteillages de Suva, on a raté le ferry de 5 minutes. Le taxi attendait dehors. On a dû attendre le lendemain matin. Une nuit improvisée au Tanoa Suva Hotel, pas trop mal, 180 FJD. En colère, on a dîné dans la rue : roti aux épices et ananas, 3 FJD, mangé debout en regardant les voitures passer. Le ferry du jour suivant : petit bateau blanc, moteur qui toussait, traversée de 2 h 45. Un groupe d'adolescentes fidjiennes chantaient en fidjien à l'arrière, leurs voix aiguës résonnaient sur l'eau turquoise. C'était l'un de ces moments où on se dit que les photos n'existent plus, qu'on est juste là, à regarder, à écouter. Villages flottants : réalité et artificeÀ Ovalau, on a été accueillis par une guide locale, Sera, qui nous a emmenés dans deux villages flottants : Levuka et un petit village sans touristes. Le premier était devenu un musée à ciel ouvert. Des bungalows sur pilotis repeints en bleu turquoise, des enfants qui criaient « hello ! » en échange de pièces de monnaie. Sera a expliqué qu'en une décennie, les jeunes quittaient les villages pour Suva, que les traditions n'existaient que pour les touristes. Un moment de gêne : une petite fille de 8 ans, Amelia, nous a suivis toute la journée en disant « you buy something ». Sera a dit que ses parents avaient arrêté d'aller pêcher, qu'ils attendaient juste les touristes. On lui a acheté un bracelet en coquillage (5 FJD), mais on s'est sentis complices d'une arnaque. Le village non touristique était différent : on a mangé du poisson cuit dans des feuilles de bananiers avec du riz blanc et une sauce au coco, en silence presque complet. Une femme, Lisi, a montré comment on tressait les fibres de coco. Pas de demande d'argent. C'était plus difficile d'être là, sans scénario. Derniers jours : retour à DenarauRetour à Denarau pour les trois derniers jours. Repos sur la plage publique de Denarau Beach Club (gratuit), baignade à 26 °C, eau claire mais avec un léger goût de sel et de sable qui s'incruste partout. Dîner au Sea House Cafe, un petit resto sans prétention : tempura de poisson à 28 FJD, bière Fiji Gold (5,50 FJD), vue sur le coucher de soleil qui teintait l'eau d'orange pâle. Pas spectaculaire, juste beau. Pas d'appareil photo pour celui-là.
Les bons plans repérés sur place.
Snorkeling à Coral Coast avec Awesome Adventures : tôt le matin avant la foule, voir les raies au lever du jour
Kokoda au restaurant sans nom de Sigatoka : le vrai kokoda, pas celui des resorts, à 12 FJD
Village flottant de Levuka en ferry South Sea Cruises : prendre le premier ferry du matin pour éviter la chaleur
Tempura et coucher de soleil au Sea House Cafe, Denarau : arrive vers 17 h 30, table côté plage
Route côtière Denarau-Sigatoka à pied ou en voiture : arrêts improvisés dans les villages pour parler aux gens
Photos — Nadi et îles Fidji
Et au final.
Fidji nous a donné ce qu'on demandait (soleil, eau, poisson) mais les coraux morts et la touristification des villages restent des déceptions réelles. C'est une destination facile, sûre, mais moins paradisiaque qu'on l'avait imaginé. On reviendraient, mais pas pour les mêmes raisons.
