Comment ça s'est passé.
On a débarqué à l'aéroport de Dublin un mardi 6 h du matin, cassés par le vol Ryanair depuis Bordeaux. Le bus 747 nous a menés au centre-ville en 45 minutes pour 10 euros, avec une Irlandaise qui parlait fort au téléphone depuis la rangée avant. Première vraie odeur d'Irlande : l'humidité froide mélangée à la bière qui traîne dehors la nuit. On a jeté nos sacs à l'Ashfield House Hostel sur Aungier Street, chambre double à 89 euros la nuit. C'était correct, rien de fou. Puis direction le Temple Bar vers 10 h — oui, c'est touristique et surpeuplé, mais c'était quand même étrange de boire une Guinness à côté de cent autres touristes français. La mousse était froide, presque douce, et ça traînait une odeur de levure et d'humidité de bois vieux. Un verre coûtait 6,50 euros. Galère numéro un : on s'était perdu en cherchant le musée Guinness (Storehouse), on a tourné 20 minutes dans des rues qui se ressemblaient toutes. On a mangé au Café Sync (Drury Street) un sandwich au saumon fumé pour 8,50 euros. Petit endroit tranquille, vraiment du contraste avec le chaos de Temple Bar. La femme derrière le comptoir a remarqué notre accent et nous a recommandé de monter à la Cathédrale Christ Church le matin avant les groupes de tourisme. Elle avait raison. Mercredi, levé à 7 h pour la cathédrale. Les rayons du soleil traversaient les vitraux jaunes et bleus, ça résonnait très fort sous la voûte en pierre. On était seuls, c'était tendu, honnêtement. Entrée 10 euros, valait le coup. L'après-midi, on s'est lancés sur le bus 145 direction Wicklow — 11 euros par personne, trajet 1 h 30. La côte changeait complètement. Les falaises de Bray apparaissaient grises, éclaboussées par la mer qui sentait fort l'iode et les algues pourries. On a marché jusqu'aux falaises de Greystones, sans carte, juste en suivant le sentier côtier. Il y avait du vent cinglant qui vous plaquait les cheveux sur la figure. On s'est arrêtés à 15 h au Hungry Fish Café (sur la promenade de Greystones) pour une soupe de poisson et du pain. 12 euros les deux. C'était bon, simple, les gens autour parlaient irlandais — vraiment du dialecte qu'on ne comprenait pas du tout, pas juste un accent. Jeudi, grosse arnaque : on a réservé une visite « falaises de Moher » avec une agence en ligne, mais c'était 3 heures de voiture et le groupe avait 35 personnes entassées dans un minibus pourri. On a descendu du bus à 15 minutes de route et on a pris un taxi privé à 45 euros vers Glendalough. Perte sèche. Mais Glendalough valait vraiment le coup — la vallée en U avec les deux lacs, la tour ronde du 6e siècle qui pointait depuis les arbres. On a marché 2 heures. L'air était humide, les pierres mouillées sentaient la mousse et l'eau stagnante. Vendredi : Temple Bar Food Market (vendredi matin, 10 h-17 h), on a chopé des huîtres crues et du smoked salmon pour 15 euros, vraiment frais. On a repéré aussi un vendeur de boxty (crêpe pommes de terre) à 5 euros. Pas eu le temps de goûter, on s'était rembourrés d'huîtres. Dernier jour : musée national d'Irlande (Kildare Street), gratuit. Trois heures dedans à regarder des broches celtiques et des documents sur l'indépendance. C'était calme, pas de file, seulement nous et des retraités anglais. Retour Ryanair dimanche midi. On était claqués.
Les bons plans repérés sur place.
Cathédrale Christ Church (Dublin) — arrivez à l'ouverture (9 h) avant les groupes de tourisme
Sentier côtier de Greystones jusqu'aux falaises — gratuit, 2 heures, odeur d'iode et vent cinglant
Glendalough (vallée) — prendre le bus 761 depuis Dublin, 10 euros, l'eau des lacs est noire et très froide
Café Sync (Drury Street, Dublin) — petit, tranquille, sandwichs à 8 euros, vrai Dublin sans touristes
Mercredi matin avant 9 h au Temple Bar — la seule fois où ce n'était pas bourré de gens qui chantaient
Photos — Dublin + Wicklow
Et au final.
Dublin vaut vraiment le coup, les gens sont ouverts et la Guinness localement, c'est vraiment autre chose. Wicklow a changé nos têtes, c'est sauvage et humide sans être sale. Ce qu'on a moins aimé : le prix du tourisme (pubs surpeuplés, auberges chères) et le trop-plein de bruit dans le centre-ville après 21 h.
