Dix jours à Saint-Pétersbourg : palais, canaux et défis bureaucratiques
CarnetRussie202610 jours

Dix jours à Saint-Pétersbourg : palais, canaux et défis bureaucratiques

Nous avons atterri à l'aéroport de Pulkovo un mercredi matin, 6 h 45, après un vol Lufthansa éprouvant. Le taxi depuis l'aéroport vers notre hôtel (Park Inn by Radisson, canal Moyka) nous a coûté 900 roubles, soit 12…

MA
Publié le · mis à jour le
10 jours1 album4/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

Nous avons atterri à l'aéroport de Pulkovo un mercredi matin, 6 h 45, après un vol Lufthansa éprouvant. Le taxi depuis l'aéroport vers notre hôtel (Park Inn by Radisson, canal Moyka) nous a coûté 900 roubles, soit 12 euros environ. Le chauffeur roulait vite, très vite, dépassait tous les camions sur l'autoroute M20. Je sentais l'odeur du diesel et des gaz d'échappement à travers la climatisation défaillante. Saint-Pétersbourg nous a frappés par le froid des façades et l'humidité qui sort du fleuve Néva. En juillet, il fait environ 22 degrés à midi, mais avec le vent de la Baltique qui remonte les canaux, on frissonne. Nous avons passé trois jours à faire la queue au Musée de l'Ermitage. Trois jours. La première file d'attente, vers 9 h du matin, prenait déjà deux heures avant les portes (entrée place du Palais). À l'intérieur, les galeries de peinture française du 18e siècle occupent deux ailes entières ; nous nous sommes arrêtés devant un Rembrandt particulier, un autoportrait où la lumière jaunit le visage. L'air du musée sent la cire et l'humidité muséale, cette odeur sourde qu'on retrouve partout en Russie quand les bâtiments ferment leurs volets l'hiver. Nous avons mangé à la cafétéria de l'Ermitage : soupe aux choux (shchi) à 280 roubles, poulet avec pâtes à 450 roubles. Ce n'était pas mauvais, juste fade. Plus tard, au restaurant Pashka, près de la cathédrale Notre-Dame-de-Kazan, nous avons commandé des escalopes de viande avec sauce (220 roubles chacune), du vrai kvas versé du tonneau (45 roubles). Le kvas, c'est sucré, fermenté, un peu aigre : ce goût qu'on n'oublie pas. Le moment qui nous a marqués, positivement celui-là : une nuit de promenade en bateau le long des canaux, départ à 22 h 30 du quai du jardin d'été. À cette heure-là en été, le ciel ne devient jamais vraiment noir, il reste bleu-gris. Les ponts s'illuminent au-dessus de nous, les fenêtres des palais Stroganoff et Youssoupov scintillent. Nous étions seuls avec deux couples allemands. Le pilote, un homme d'environ 60 ans qui écoutait de la musique pop russe sur un petit haut-parleur, s'endormait par intermittence sur son volant. Mais il y a eu des galères. D'abord, ma compagne a perdu son passeport au musée de la forteresse Pierre-et-Paul. Nous avons dû nous présenter à l'ambassade française, rue Furstattskaya. Le bâtiment était verrouillé, mais un garde derrière un grillage nous a indiqué d'appeler un numéro. Deux heures d'attente en ligne avec des Russes qui criaient en arrière-plan. Ensuite, le bus n° 11 qu'on devait prendre pour la gare de Vitebsk ne s'est pas présenté. On a attendu 45 minutes sous une pluie fine et froide. Quand il est arrivé, il était tellement blindé que seuls nos bras rentraient dedans. Nous avons visité le palais de Catherine, à Pouchkine, via le train de banlieue depuis la gare de Vitebsk (billets à 30 roubles l'aller). Le trajet dure 25 minutes. Le palais lui-même est une démonstration d'excès rococo : 300 salles, dorures partout, les plafonds peints avec des angelots joufflu très kitsch. Le jardin, lui, reste magnifique malgré les travaux de restauration : des fontaines en forme de sculptures dorées, des bassins où on peut voir les reflets des saules pleureurs. Nous avons terminé nos dix jours en flânant sur la perspective Nevski, achetant des souvenirs matriochka au marché Sennaya. Un vendeur nous a proposé des icônes « authentiques » pour 500 roubles, puis a baissé le prix à 200 quand nous avons dit non. C'était du plastique peint récent, évidemment.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Musée de l'Ermitage (place du Palais) : ses galeries de peinture française et son autoportrait de Rembrandt unique

2

Croisière nocturne sur les canaux depuis le jardin d'été (départ 22 h 30 en été, pont Prince Vladimir

3

Palais de Catherine à Pouchkine (train banlieue gare Vitebsk, 30 roubles) : les 300 salles dorées et les fontaines du jardin

4

Restaurant Pashka près de la cathédrale Notre-Dame-de-Kazan : escalopes et kvas frais du tonneau

5

Forteresse Pierre-et-Paul en fin d'après-midi pour éviter les groupes de touristes chinois

Album · 9 photos

Photos — Saint-Pétersbourg

Dix jours à Saint-Pétersbourg : palais, canaux et défis bureaucratiques
Saint-Pétersbourg — 2
Saint-Pétersbourg — 3
Saint-Pétersbourg — 4
Saint-Pétersbourg — 5
Saint-Pétersbourg — 6
Saint-Pétersbourg — 7
Saint-Pétersbourg — 8
Saint-Pétersbourg — 9
Conclusion

Et au final.

Saint-Pétersbourg m'a offert des moments de beauté pure, surtout ces nuits blanches où la ville se reflète dans les canaux. Mais c'est aussi une ville fatiguante, froide, où la bureaucratie vous épuise et où les files d'attente semblent être le vrai patrimoine de l'Ermitage. Je n'y retournerais pas immédiatement, mais je n'oublierai pas le goût du kvas ni ces ponts qui se dressent la nuit.

En résumé

Avis Saint-Pétersbourg : carnet de voyage de 10 jours par mariefromlyon

Destination
Saint-Pétersbourg
Pays
Russie
Durée
10 jours
Période
juillet · Été
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@mariefromlyon
L'essentiel

Saint-Pétersbourg en bref

Pourquoi choisir Saint-Pétersbourg

  • Palais et musées de classe mondiale, notamment l'Ermitage avec ses collections inestimables.
  • Nuits blanches en été créant une atmosphère magique sur les canaux et ponts illuminés.
  • Architecture baroque et rococo exceptionnelle, du palais de Catherine aux façades de la Néva.
  • Croisières nocturnes uniques offrant une perspective romantique et poétique de la ville.
  • Coût de la vie bas comparé aux grandes capitales européennes, sauf pour les musées.

Pour qui ?

  • Amateurs d'art et d'histoire passionnés par les musées de prestige.
  • Couples en quête de moments romantiques et de promenades nocturnes poétiques.
  • Voyageurs intrépides acceptant bureaucratie russe et conditions logistiques rudimentaires.
  • Photographes cherchant des architectures baroques et des jeux de lumière uniques.
  • Explorateurs curieux des cultures slaves et de la Russie impériale.

À éviter si…

  • Vous n'aimez pas les files d'attente prolongées et les musées très fréquentés.
  • Vous recherchez une destination chaude et ensoleillée : climat frais et humide, nuits blanches perturbantes.
  • Vous êtes impatient face à la bureaucratie : démarches administratives russes complexes et lentes.
  • Vous avez besoin de transports en commun fiables : bus peu ponctuels et surcharges fréquentes.
À découvrir aussi
Aéroport de PulkovoFleuve NévaMusée de l'ErmitagePlace du PalaisCathédrale Notre-Dame-de-KazanForteresse Pierre-et-PaulPalais StroganoffPalais YoussoupovPalais de Catherine à PouchkineGare de VitebskPerspective NevskiMarché Sennaya

Photos communautaires : Saint-Pétersbourg

?
Saint-Petersbourg
Saint-Petersbourg
© carac3
Saint-Pétersbourg - La forteresse Pierre-et-Paul
Saint-Pétersbourg - La forteresse Pierre-et-Paul
© Ylliab Photo
La Neva
La Neva
© carac3
Russie moderne
Russie moderne
© carac3
Résumé
Résumé
© carac3
Naufrage dans la peinture
Naufrage dans la peinture
© carac3
Saint Petersbourg, bateau restaurant "Grace"
Saint Petersbourg, bateau restaurant "Grace"
© Pierre Andre Leclercq
Malevitch
Malevitch
© carac3
Questions fréquentes

FAQ — Saint-Pétersbourg

Combien de temps faut-il pour visiter l'Ermitage ?

Au minimum trois jours pour découvrir les principales galeries, notamment les collections de peinture française du 18e siècle. Les files d'attente peuvent dépasser deux heures à l'entrée place du Palais dès 9h du matin en haute saison. Prévoir une visite bien planifiée pour éviter la fatigue.

Quel est le meilleur moment pour une croisière nocturne sur les canaux ?

L'été, en particulier à partir de 22h30, lors des nuits blanches où le ciel reste bleu-gris et les ponts s'illuminent spectaculairement. C'est un moment magique pour admirer les façades des palais Stroganoff et Youssoupov se reflétant dans l'eau.

Comment se rendre au palais de Catherine à Pouchkine ?

Via le train de banlieue depuis la gare de Vitebsk, trajet de 25 minutes pour 30 roubles l'aller. C'est l'option la plus économique et accessible pour découvrir ce chef-d'œuvre rococo avec ses 300 salles et ses magnifiques jardins à fontaines.

Quel est le climat en juillet à Saint-Pétersbourg ?

Environ 22 degrés à midi, mais le vent de la Baltique remontant les canaux crée une sensation de froid marquée. L'humidité du fleuve Néva rend l'atmosphère pénétrante malgré les températures modérées.

Combien coûte un taxi depuis l'aéroport Pulkovo ?

Environ 900 roubles, soit 12 euros, pour rejoindre le centre-ville. Les trajets peuvent être rapides et directs via l'autoroute M20, mais les conducteurs roulent souvent très vite.

Où manger à Saint-Pétersbourg sans se ruiner ?

La cafétéria de l'Ermitage propose une soupe aux choux (shchi) à 280 roubles et du poulet-pâtes à 450 roubles. Le restaurant Pashka près de la cathédrale Notre-Dame-de-Kazan offre des escalopes à 220 roubles et du kvas authentique à 45 roubles.

Quelles démarches administratives faut-il anticiper ?

La perte de documents peut entraîner des formalités longues avec l'ambassade (rue Furstattskaya). Prévoir aussi une certaine flexibilité face aux transports en commun peu fiables et aux files d'attente structurantes dans les musées.

Que goûter absolument à Saint-Pétersbourg ?

Le kvas, boisson fermentée sucrée et légèrement aigre, versée du tonneau dans les restaurants traditionnels. C'est un goût incontournable de la cuisine russe locale, idéal accompagné de spécialités comme les escalopes ou la soupe aux choux.