Dix jours à Castries et aux Pitons : entre rhum local et routes chaotiques
CarnetSainte Lucie202610 jours

Dix jours à Castries et aux Pitons : entre rhum local et routes chaotiques

Nous avons atterri à l'aéroport international de Hewanorra un dimanche matin à 8h30. Le contrôle des douanes a traîné quarante minutes — une femme devant nous semblait contester ses droits d'entrée. Une fois dehors, la…

MA
Publié le · mis à jour le
10 jours1 album4/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

Nous avons atterri à l'aéroport international de Hewanorra un dimanche matin à 8h30. Le contrôle des douanes a traîné quarante minutes — une femme devant nous semblait contester ses droits d'entrée. Une fois dehors, la chaleur nous a frappés : 28°C et humidité épaisse, collante. L'odeur du sel marin se mêlait à celle des gaz d'échappement des taxis jaunes massés à l'entrée. Notre chauffeur nous a conduits à Castries en deux heures. Nous logions au Auberge Seraphine, une guesthouse nichée dans les hauteurs de Morne Fortune, avec vue sur le port. La chambre coûtait 85 euros la nuit, petit-déjeuner compris. La proprio, Joan, une dame de soixante ans qui connaît chaque ruelle de la ville, nous a conseillé le restaurant Tally's pour nos premiers pas culinaires. Le repas : poisson local (snapper) à 22 euros, sauce créole piquante qui nous a fait transpirer, accompagné d'un verre de Banks (la bière locale à 4 euros). Le goût intense des piments scotch bonnet, on ne l'oublie pas. Choc des routes et première galèreNous avons loué une voiture chez Hertz Castries (zone portuaire) le lundi matin. C'était une erreur. Les routes de Sainte-Lucie sont étroites, bosselées, et les panneaux routiers presque inexistants. En montant vers les Pitons — le site patrimoine UNESCO que tout le monde vante — nous nous sommes perdus trois fois. Un virage en épingle à cheveux nous a forcés à marche arrière sur 50 mètres. Nous avons croisé un bus blanc numéroté 14, surcharge de passagers, qui nous a klaxonnés sans raison apparente. Stressant. Après deux heures, nous avons atteint Soufrière Bay, un petit port de pêche. Le sulfure montait des sources chaudes côtières : une odeur acide, presque minérale, qui pique les narines. Les deux pitons rocheux (Gros Piton et Petit Piton) surgissaient de l'océan comme deux énormes crocs. Nous avons marché quarante minutes sur un sentier improbable jusqu'à la plage des Pitons, une bande de sable noir volcanique. Là, un moment s'est gravé en nous : en fin d'après-midi vers 16h, le soleil s'enfonçait dans la mer, teintant les pitons d'orange. Pas besoin de superlatif. C'était juste intense. Marché, rhum et malentenduNous avons visité le Central Market de Castries mercredi matin. Entrée gratuite, bâtiment en brique coloniale daté des années 1880. Le bruit était assourdissant : vendeurs qui crient les prix, radio locale qui beugle. Pierre a commandé un jus de fruit frais (sorrel) à un vendeur. Prix convenu : 3 euros. Il a servi une grosse portion dans un verre en plastique qui n'était pas des plus propres. En buvant, j'ai remarqué un légère saleté sur le bord. Le goût était sucré, aigre, avec un arrière-goût qui n'était pas juste du sorrel. On a terminé le verre, mais ça nous a tracassés deux heures. L'after de ce malaise ? Visite à la distillerie Picard, à trois kilomètres de Castries direction le nord. Le rhum agricole local coûte 28 euros la bouteille (rhum blanc). Le guide, un type sympathique nommé David, nous a fait goûter trois cuvées différentes. Le rhum blanc brûlait la gorge, le rhum vieux était sucré et boisé. Nous avons acheté une bouteille du rhum ambré 3 ans, 35 euros. Ce soir-là, au bar de l'auberge, nous l'avons servi en punch avec du jus de citron frais pressé. Plages et déceptionsLa plage de Reduit, réputée la plus beau de l'île, nous a semblé surpeuplée. Dimanche après-midi, cinquante personnes en seize mètres de côte. Nous avons fini par nous baigner à Anse-des-Sables, une petite crique trois kilomètres plus loin, quasi déserte. Le sable y est blanc, l'eau à 29°C, cristalline. Notre dernier jour, jeudi, nous avons pris le bus numéro 11 (ticket 2 euros) depuis Castries vers le nord, direction Pigeon Island National Park. Le bus était bondé, arrêts tous les cent mètres, climatisation inexistante. Quarante minutes pour dix kilomètres. Une fois arrivés, le parc était fermé pour entretien. Déception classique. Nous avons donc marché sur la plage adjacente, vu des pélicans, jeté des cailloux. Moins grandiose, mais plus honnête.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Les Pitons vus de Soufrière Bay en fin d'après-midi, accès par la plage des Pitons (noir volcanique, 40 min de marche)

2

Distillerie Picard, rhum blanc agricole à goûter, 28 euros la bouteille

3

Central Market de Castries, mercredi matin, chaos bruyant et authentique (attention à l'hygiène des jus frais)

4

Route vers Pigeon Island par le bus numéro 11, 2 euros, expérience locale sans filtre

5

Tally's restaurant, snapper sauce créole 22 euros, goût piquant du piment scotch bonnet

Album · 6 photos

Photos — Castries

Dix jours à Castries et aux Pitons : entre rhum local et routes chaotiques
Castries — 2
Castries — 3
Castries — 4
Castries — 5
Castries — 6
Conclusion

Et au final.

Dix jours à Castries et ses alentours nous ont donné un tableau nuancé : paysages côtiers mémorables, rhum et nourriture bons, mais infrastructure routière chaotique et quelques mésaventures hygiéniques qui ont tempéré notre enthousiasme. Nous repartions avec un sourire, pas des illusions.

En résumé

Avis Castries : carnet de voyage de 10 jours par marieetpierre94

Destination
Castries →
Pays
Sainte Lucie →
Durée
10 jours
Période
septembre · Automne
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@marieetpierre94 →
L'essentiel

Castries en bref

Pourquoi choisir Castries

  • Pitons UNESCO avec couchers de soleil mémorables d'une intensité rare
  • Rhum agricole local de qualité à prix accessibles via distilleries visitables
  • Cuisine créole authentique avec poissons frais et piments scotch bonnet
  • Petites criques isolées comme Anse-des-Sables loin des foules
  • Patrimoine colonial visible au Central Market des années 1880

Pour qui ?

  • Couples aventuriers tolérant routes chaotiques et imprévu
  • Amateurs de rhum agricole et gastronomie créole
  • Photographes attirés par paysages côtiers dramatiques
  • Voyageurs cherchant authenticité hors sentiers touristiques
  • Randonneurs modérés acceptant déplacements lents en bus

À éviter si…

  • Vous conduisez mal ou craignez virages en épingle à cheveux
  • Vous cherchez plages bondées et infrastructure routière moderne
  • Vous êtes pointilleux sur hygiène alimentaire en petits restaurants
  • Vous souhaitez naviguer seul sans guide local : panneaux insuffisants
À découvrir aussi
Aéroport international de HewanorraCastries (capitale et port principal)Morne Fortune (hauteurs surplombant port)Gros PitonPetit PitonSoufrière BayPitons Beach (sable noir volcanique)Plage de ReduitAnse-des-SablesPigeon Island National ParkCentral Market de CastriesDistillerie Picard
Questions fréquentes

FAQ — Castries

Quel est le meilleur moment pour visiter Castries et les Pitons ?

Les mois de décembre à avril offrent un climat plus sec. Le récit mentionne une visite dimanche avec 28°C et humidité épaisse. Évitez la saison des pluies (juin à novembre) si vous craignez l'instabilité météorologique.

Les routes de Sainte-Lucie sont-elles difficiles à emprunter ?

Oui, très. Le récit décrit des routes étroites, bosselées, avec panneaux routiers quasi inexistants et virages en épingle à cheveux nécessitant des marches arrière. Location de voiture recommandée uniquement pour conducteurs expérimentés. Les bus locaux sont une alternative moins stressante.

Combien coûte un séjour à Castries ?

Comptez environ 85 euros/nuit pour guesthouse avec vue (Auberge Seraphine), 22 euros pour un plat de poisson local, 4 euros pour une bière Banks, 28-35 euros pour rhum agricole. Budget quotidien estimé : 80-120 euros par personne hors transport.

Quels sont les incontournables autour de Castries ?

Les Pitons (Gros Piton et Petit Piton) sont le site UNESCO majeur offrant des couchers de soleil spectaculaires à 16h. Soufrière Bay avec ses sources chaudes côtières. Pigeon Island National Park au nord. Anse-des-Sables pour une plage tranquille versus Reduit surpeuplée.

Où goûter le rhum local à Castries ?

La distillerie Picard (3 km nord de Castries) propose visite et dégustation. Rhum blanc agricole 28 euros, rhum ambré 3 ans 35 euros. Les bars d'auberge servent punch local. Évitez l'eau fraîche en verre non stérilisé au marché.

Quels restaurants recommander à Castries ?

Tally's propose snapper locale (22 euros) avec sauce créole piquante aux piments scotch bonnet authentiques. Central Market offre fruits frais à bas prix mais prudence hygiénique. Joan à l'Auberge Seraphine donne conseils locaux fiables.

Quelle est la situation hygiénique à Castries ?

Standards variables. Établissements touristiques généralement sûrs. Le récit rapporte un doute sur propreté (verre au marché). Buvez eau en bouteille, privilégiez restaurants établis, évitez jus de rue en verres douteux.

Comment se déplacer à Castries sans voiture ?

Bus locaux numérotés (14, 11) : 2 euros par trajet, bondés mais authentiques. Quarante minutes pour dix kilomètres. Taxis jaunes à l'aéroport (deux heures vers Castries). Marche pédestre pour centres-villes. Navettes d'hôtel disponibles.