Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport Grantley Adams le 15 février à 14 h, après un vol Air Caraïbes depuis Pointe-à-Pitre. L'air chaud et humide nous a frappés dès les portes ouvertes : odeur de sel marin mélangée à celle du carburant d'avion. Les formalités ont pris deux heures. Nous avons loué une Suzuki Swift auprès d'Avis, 45 dollars barbadiens par jour. Bridgetown, capitale des Barbades, nous a d'abord déçus. Les rues de la ville sont étroites, encombrées de vendeurs ambulants qui vendent des fruits à pain frit et du poisson fumé. Notre hôtel, le Ocean Two Resort sur la côte ouest (120 euros la nuit), offrait une vue décente sur la baie de Carlisle, mais le bruit des vagues frappant les murs nous réveillait à 5 h du matin. Pas vraiment reposant. Le premier jour, nous avons tenté de visiter le musée Barbados, fermé pour travaux. Galère classique de voyage. À la place, nous avons erré dans le quartier de Garrison, où se dressent les vieilles casernes militaires du 18e siècle. Les pierres sont rongées par le temps. Le musée adjacent, le Barbados Museum & Historical Society, était ouvert, mais l'exposition sur l'esclavage était mal éclairée et peu commentée. Nous avons payé 12 dollars barbadiens l'entrée (environ 6 euros). Le vrai tournant a eu lieu le lendemain. Nous avons loué des vélos auprès du Beach Club à Carlisle Bay et pédalé jusqu'à Bathsheba, sur la côte atlantique est, soit 35 kilomètres. La route sinueuse nous a offert des vues de plantations de canne à sucre abandonnées. À Bathsheba, les vagues cognaient si fort contre les rochers que nous n'avons pas osé nous baigner. Mais ce moment-là, assis sur un rocher noir en milieu d'après-midi avec le bruit assourdissant de l'océan et cette sensation de chaleur intense qui trempait nos vêtements : c'était ce que nous cherchions. Pour manger, nous avons découvert le restaurant Round House à Bathsheba, tenu par deux frères depuis 20 ans. Leur ceviche de poisson rouge frais (25 dollars barbadiens) était épicé juste ce qu'il faut, avec du piment écossais qui nous a piquées les lèvres. Le planteur's punch qu'ils servaient après le repas était si sucré que j'ai dû arrêter après un verre. Sur la côte sud, près de la plage de Carlisle, nous avons trouvé le Oistins Fish Fry en fin d'après-midi un vendredi. C'est un marché de rue où les pêcheurs grillent leur prise du jour : mahi-mahi, vivaneau rouge, écrevisse. Nous avons mangé debout, les pieds dans le sable, avec des vendeurs qui nous pressaient d'acheter des bracelets. Un verre de Carib (bière locale, 4 dollars) et c'était complet pour 35 euros à deux. L'odeur de poisson grillé se collait à nos cheveux pendant trois jours après. Nous avons visité la plantation Bathsheba Estate, où on peut voir l'ancienne distillerie de rhum (fermée à la visite, malheureusement). À la place, nous nous sommes arrêtés à la distillerie Mount Gay près de Bridgetown, la plus vieille distillerie de rhum du monde selon leur dire (1703). La visite guidée coûtait 30 dollars barbadiens. Le guide parlait vite et nous avons raté la moitié des explications, mais nous avons pu goûter trois rhums : un blanc sec, un ambre et un vieux 15 ans. Le dernier avait un goût de vanille et de bois, bien moins agressif que ce qu'on imaginait. Le 22 février, nous nous sommes reveillés sous une pluie diluvienne. Les Barbades sont en bordure de la ceinture d'ouragan, et le temps changeait sans prévenir. Notre journée prévue au Crane Beach (réputée la plus belle plage de l'île) a été annulée. Nous avons passé l'après-midi dans un café internet minable en centre-ville, sur Broad Street, où le propriétaire n'a pas voulu nous charger nos téléphones gratuitement avec le Wi-Fi. Petit conflit de principe, mais nous avons cédé et payé 5 euros pour deux heures. Le dernier jour, enfin du soleil. Nous avons loué des masques et des tuba auprès d'une agence dans la baie de Carlisle : 40 dollars barbadiens. Les coraux étaient décolorés par endroits, signes du réchauffement climatique. Nous avons croisé des poissons-anges et des petits barracudas, rien d'exceptionnel. Mais flotter sur cette eau turquoise par 28 degrés, l'odeur du sel qui saturait nos narines : c'était simple, c'était ce qu'on espérait.
Les bons plans repérés sur place.
Le restaurant Round House à Bathsheba : ceviche à 25 dollars barbadiens, face aux vagues de l'Atlantique
Oistins Fish Fry le vendredi soir : poisson grillé à la sauvette avec les pêcheurs locaux
Mount Gay Rum Distillery : visite de 30 dollars avec dégustation de trois rhums, ambiance années 1950
La route côtière est via Bathsheba : plantations de canne abandonnées et paysage sauvage
Carlisle Bay pour le snorkeling : coraux fattigués mais eau à 28 degrés cristalline
Photos — Bridgetown
Et au final.
Les Barbades, ce n'est pas un coup de foudre immédiat. La capitale manque de charme, les attractions touristiques très commerciales. Mais si on se donne le temps de rouler à travers l'île, de discuter avec les gens, de manger ce qu'on nous propose, on trouve quelque chose de moins spectaculaire mais plus authentique : une île qui vieillit, qui s'accroche à son passé sucrier, avec des gens qui nous ont toujours accueillis poliment.
