Deux semaines entre Luang Prabang et le Mékong : le Laos loin des sentiers battus
CarnetLaos202614 jours

Deux semaines entre Luang Prabang et le Mékong : le Laos loin des sentiers battus

On a atterri à Wattay International Airport un jeudi matin vers 10 h 30, l'air était lourd, 32°C avec une humidité collante. La minibus jusqu'à Luang Prabang (trajet de 30 km, environ 50 000 kips par personne) a pris…

MA
Publié le · mis à jour le
14 jours4/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

On a atterri à Wattay International Airport un jeudi matin vers 10 h 30, l'air était lourd, 32°C avec une humidité collante. La minibus jusqu'à Luang Prabang (trajet de 30 km, environ 50 000 kips par personne) a pris deux heures à cause d'une poule sur la route et du chauffeur qui s'est arrêté pour fumer trois fois. Notre hôtel, le Thoulasimexay, rue Khem Khong, avait une clim qui faisait un bruit de moteur d'avion, mais la propriétaire Noy nous a accueillis avec un vrai sourire et du café Laotien fort en chicorée. C'est devenu notre point de ralliement. Le premier matin, levés à 5 h pour voir les moines en saffran passer dans les rues de Luang Prabang. Pas de bousculade touristique à cette heure. On s'est postés près du Wat Xieng Thong (le temple doré, entrée libre à 5 h du matin) et on a regardé les mille ou deux cents moines défiler en silence, les pieds nus sur l'asphalte tiède. Une femme locale nous a tendu un panier de sticky rice et de bananes pour qu'on fasse l'offrande. Geste qu'elle a accepté en se proternant légèrement. Le parfum du bois d'encens qui sortait des temples s'accumulait dans l'air immobile. On ne l'oubliera pas. On a mangé au Couleur Café, petit établissement sur le quai du Mékong, qui sert des oeufs au plat avec du pain français pour 15 000 kips (moins de 2 euros). Le propriétaire, Khamphoui, parlait un français des années 1960, il nous a parlé pendant 45 minutes de l'époque coloniale. On était là seuls, les oreilles qui sifflaient à cause de la chaleur. Vers le quatrième jour, on a voulu louer des scooters pour faire l'excursion aux chutes de Kuang Si. Le loueur (petite échoppe sans nom rue Phouthabath) nous a donné deux motos qui sentaient l'essence bon marché. Une des deux est tombée en panne à mi-chemin. Voilà pour la galère. On a attendu deux heures au bord de la route, assis sous un cocotier, en mangeant des œufs de caille vendus par une grand-mère qui croquait ses graines de bétel en nous regardant. On a finalement pris un tuktuk pour remonter en arrière et échanger la moto. Les chutes elles-mêmes étaient jolies (entrée 20 000 kips), des bassins turquoise, mais remplies de selfies et de groupes organisés. Pas terrible sur ce coup-là. On a passé deux jours au Mékong Riverside Resort, petite structure tenue par des Laotiens, 25 dollars la chambre double. Le soir, on prenait des bières Beerlao (10 000 kips la bouteille) sur la terrasse en regardant le Mékong qui charriait des branchages. Le propriétaire, Bounhom, nous a arrangé une excursion privée en bateau vers les 4000 îles (Siphandon). On a roulé cinq heures vers le sud en bus local (ligne Vientiane-Paksé, compagnie Mekong Express), assis à côté d'une femme avec ses trois poules et un enfant qui crachotait. Les routes, c'était du gravier et des nids-de-poule. À Siphandon, on a loué une cabane basique sur l'île de Don Khon pour une nuit. Dîner au restaurant du coin : soupe de papaye verte (som tam), 25 000 kips, avec du riz gluant et du poisson du Mékong grillé qui sentait un peu fort. L'eau était tiède, marron, on ne voyait pas à 20 cm sous la surface. On a croisé deux dauphins d'eau douce l'après-midi, de loin, c'était vraiment impressionnant. Le retour vers Luang Prabang en bus s'est fait sans grand événement. On a une nuit passée à Thakhek, ville moyenne sur le Mékong, juste pour prendre un train touristique qui ne partait pas à l'heure prévue (deux heures d'attente, les horaires c'est relatif par ici). La gare de Thakhek est un bâtiment en béton rose datant des années 1980, peu engageant. Les derniers jours, on a flâné à Luang Prabang. Marché du matin (Phousi Market) : fruits tropicaux, fleurs de lotus, poisson séché qui pue bon. Massage thaï au Mekong Thai Massage pour 30 000 kips l'heure, masseuse qui parlait pas un mot d'anglais mais qui savait ce qu'elle faisait. Les pieds gonflés après deux semaines de marche, ça a fait du bien. Dîner d'adieu au restaurant L'Éléphant, cuisine française-laotienne, plat principal autour de 80 000 à 100 000 kips. Le vin était mauvais, mais la terrine de foie gras était acceptable.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Les moines en procession matinale dans les rues de Luang Prabang vers 5 h 30, avant l'arrivée des touristes organisés

2

Le Mékong en bateau privé au coucher de soleil, avec les bruits de la jungle et l'odeur de fumée de bois des villages riverains

3

Les 4000 îles (Siphandon), îles Don Khon et Don Det, pour respirer vraiment loin, dormir en cabane et croiser les dauphins d'eau douce

4

Le Wat Xieng Thong de Luang Prabang, temple principal de la ville, la nuit quand les projecteurs illuminent les murs dorés

5

Manger au marché de Phousi Market à Luang Prabang tôt le matin : fruits qu'on ne reconnaît pas, prix locaux (pas touristiques), atmosphère réelle

Conclusion

Et au final.

Le Laos, c'est vraiment un pays où on sent encore qu'on est loin du tourisme de masse, comparé à la Thaïlande voisine. Les gens sont calmes, curieux sans être envahissants. Mais il faut être patient : les transports sont imprévisibles, les services ont leurs propres horaires, et on n'échappe pas à l'humidité collante ni à quelques désagréments logistiques. Ça en vaut la peine, à condition de ne pas être trop pressé.

En résumé

Avis Luang Prabang et région du Mékong : carnet de voyage de 14 jours par marinetravel42

Destination
Luang Prabang et région du Mékong
Pays
Laos
Durée
14 jours
Période
juillet · Été
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@marinetravel42
L'essentiel

Luang Prabang et région du Mékong en bref

Pourquoi choisir Luang Prabang et région du Mékong

  • Authenticité : loin du tourisme de masse, contrairement à la Thaïlande voisine
  • Moines et spiritualité : cérémonies matinales gratuites et respectueuses aux temples
  • Budget très abordable : moins de 2 euros un petit-déjeuner français, massage 3 euros
  • Faune unique : observation de dauphins d'eau douce sur le Mékong
  • Villages lacustres intacts : îles de Siphandon avec cabanes basiques et vie locale

Pour qui ?

  • Voyageurs patients acceptant imprévisibilité et retards
  • Couples en quête de calme et d'authenticité loin des foules
  • Backpackers au budget limité (moins de 50 dollars/jour possible)
  • Amateurs de cultures et religions, temples bouddhistes
  • Photographes en quête de moments non scénarisés

À éviter si…

  • Vous êtes pressé : horaires laotiens et transports imprévisibles demandent de la patience
  • Vous cherchez le confort et la climatisation fiable : équipements basiques et bruyants
  • Vous avez peur des transports locaux chaotiques : bus surpeuplés, routes en mauvais état
  • Vous souffrez de l'humidité : 32°C avec humidité collante en saison chaude
À découvrir aussi
VientianePakséWat Xieng ThongKuang Si FallsSiphandon (4000 îles)Don KhonThakhekMékongWattay International AirportPhousi MarketMékong Riverside ResortRégion du Mékong

Photos communautaires : Luang Prabang et région du Mékong

?
Dinan (Côtes-d'Armor)
Dinan (Côtes-d'Armor)
© sybarite48
Questions fréquentes

FAQ — Luang Prabang et région du Mékong

Quel est le meilleur moment pour visiter Luang Prabang ?

Le carnet décrit un voyage avec 32°C et une humidité élevée, correspondant à la saison chaude (mars-mai). La saison fraîche (novembre-février) avec des températures de 15-25°C est généralement préférée pour le confort. La saison des pluies (juin-septembre) rend les routes imprévisibles, comme observé lors des trajets locaux.

Comment se déplacer entre Luang Prabang et les 4000 îles ?

Le bus local est le moyen principal : compagnies comme Mekong Express offrent des trajets Vientiane-Paksé de 5 heures environ. Les routes sont en gravier et parsemées de nids-de-poule. Prévoyez une journée complète et acceptez les délais. Les excursions privées en bateau depuis les petits hôtels-resorts comme Mékong Riverside Resort sont aussi disponibles.

Peut-on vraiment voir des dauphins d'eau douce sur le Mékong ?

Oui, mais rarement et de loin. Le carnet rapporte l'observation de deux dauphins l'après-midi depuis Siphandon. C'est une rencontre aléatoire, pas garantie. L'eau du Mékong est marron et trouble (visibilité à 20 cm), ce qui rend l'observation difficile.

Quels sont les coûts réels d'un séjour à Luang Prabang ?

Budget très accessible : minibus aéroport 50 000 kips (2 euros), chambre d'hôtel 25 dollars, repas de rue 15-25 000 kips, bière 10 000 kips, massage 30 000 kips l'heure. Les restaurants touristiques coûtent 80-100 000 kips par plat. Prévoyez 30-50 dollars par jour pour un voyageur économe.

Est-ce sûr de louer une moto à Luang Prabang ?

Possible mais risqué : le carnet rapporte une panne en route et l'absence de contrats clairs avec les loueurs informels. Les routes locales ne sont pas bien entretenues. Une assurance et une bonne connaissance de la conduite en Asie du Sud-Est sont conseillées.

Les transports sont-ils vraiment imprévisibles ?

Oui. Le carnet illustre plusieurs exemples : arrêts non programmés, horaires relatifs (train de Thakhek en retard de 2 heures), panne de moto, chauffeur qui fume. Acceptez les délais et la flexibilité comme partie intégrante du voyage.

Faut-il participer à la cérémonie des moines ?

C'est un moment fort : se lever à 5h près du Wat Xieng Thong pour observer les moines en saffran sans bousculade touristique, sans frais d'entrée. Les locaux offrent des paniers de riz gluant et de bananes pour l'offrande. Respectueux et authentique, fortement recommandé.

Les chutes de Kuang Si valent-elles le détour ?

Les bassins turquoise sont jolis mais bondés de groupes organisés et de selfies, selon le carnet. À éviter si vous cherchez la solitude. L'accès coûte 20 000 kips et suppose une location de moto (risquée) ou un tuktuk.