Comment ça s'est passé.
On a atterri à l'aéroport José Martí à 14h30, en sueur. Le vol Air Caraïbes avait deux heures de retard. À la sortie, pas un taxi officiel en vue — on a dû négocier avec un gars qui affichait 80 CUP pour rejoindre Centro Habana. On a payé 60 CUP au final (environ 2 euros) après avoir dit non trois fois. Premier contact : déjà fatigant. L'hôtel Habana Libre, c'est vieillot mais fonctionnel. La clim marchait à peu près. Première nuit on a senti l'humidité qui colle à la peau, cette odeur de sel et de vieilles pierres qui prend à la gorge. On s'est levés à 5h30 pour marcher jusqu'à la Fortaleza de San Carlos de la Cabaña. Les pelouses étaient détrempées de rosée. Arrivés à 6h45, on était seuls avec deux touristes allemands. C'était juste les premières lueurs sur le détroit de Floride. Pas de « moment magique » qu'on raconte : juste du soleil jaune qui monte lentement et nous qui baillions en trempant nos baskets. Le vrai truc en arrivant à La Havane, c'est de pas se faire avoir par les faux taxis au débarquement. Nous on l'a appris trop tard. On a décidé de rester quatre jours là-bas. Chaque matin on prenait le café au Café Paris, rue Obispo — 2 CUP pour un café noir dégueu mais fort. On a mangé des croquetas au marché Cuatro Caminos (1,50 CUP la croquette de jambon). C'était gras, tiède, mais suffisant. Un jour, le vendeur de glace à la crème à côté nous a proposé une boule de « sabor sorpresa » — c'était immonde, une espèce de caramel-fromage. On a pris le bus urbano numéro 32 pour visiter la Cathédrale de La Habana et le musée de la Révolution. Le bus était blindé, pas de numéro d'arrêt clairement indiqué. On s'est trompés deux fois. Les gens étaient sympas, ils nous montraient du doigt quand descendre. Un mec m'a collé sa main sur le genou sans demander, juste comme ça. C'était chelou. J'ai enlevé sa main, j'ai dit « no », voilà. Les gens autour ont ri. Pas grave mais c'est un détail qu'on raconte pas dans les guides. Direction Trinidad : quatre jours de vraie détente On a loué une vieille Peugeot 404 blanche chez Transtur. La route jusqu'à Trinidad (320 km) a pris sept heures. La clim marchait pas. On a ouvert les fenêtres et on s'est pris la chaleur de la vallée de l'Escambray directement sur la figure. Arrêt à Cienfuegos pour avaler un lunch : riz, haricots noirs, filet de poulet gris. 45 CUP. La viande était dure mais le rice était bon, vraiment salé. On a dormi deux nuits à la Casa de Carlos Manuel de Céspedes, une casa particular avec un vrai patio. Le propriétaire faisait des petits déjeuners à 6h : pain, beurre, fromage blanc, mangue. C'était simple et ça changeait du café amer du matin. Trinidad c'est beau, mais c'est plein de touristes, donc les prix se sont envolés. Une pizza « locale » à la Via Real coûtait 250 CUP (10 euros). On a trouvé un resto plus loin, Fonda del Gobernador, où on a mangé un ragoût de poisson pour 150 CUP. On l'a eu qu'à 21h — le service était lent, genre 45 minutes d'attente. On s'en fichait. On était là pour traîner. Jour trois : on a pris un guide local pour monter à la Vallée de los Ingenios. Un vieux monsieur qui parlait trois mots d'anglais. On s'est compris par gestes et points sur la carte. Il nous a montré les ruines du Manaca Iznaga, les anciens broyeurs de canne à sucre rongés par la rouille et les racines. C'était vide. Pas un bruit sauf les insectes et le vent. On a payé 80 CUP pour la journée. C'était volé, mais on avait pas l'énergie de négocier. Fin du voyage : playa Ancón et retour Playa Ancón est à 15 km. On y est allés en collectivo — un vieux minibus jaune qui partait quand il était plein. Le sable était correct, pas blanc mais gris-doré. L'eau était tiède. On a commander des mojitos à un bar de plage : 35 CUP chacun. Le rhum était cheap mais le menthe était fraîche et c'était glacé. Un touriste français nous a alpagués pour vendre des bijoux en coquillages. Non merci. On a lu nos bouquins sur la plage et on a pas pensé à nos mails. Le retour à La Havane a été un calvaire. La route était chaotique. On a croisé trois blocages de routiers. Un chameau traversait l'autoroute à côté de la Peugeot. Pas de blague. On est arrivés à 23h. Le vol de retour était à 11h le jour suivant. Deux semaines à Cuba ça laisse des traces — pas toujours glamour. Le bruit constant des vieilles voitures, la sensation permanente de soleil, les petites embrouilles avec les taxi-piégeurs. Mais aussi des moments où on a respiré, où on a mangé lentement, où on a regardé les gens passer.
Les bons plans repérés sur place.
Fortaleza de San Carlos de la Cabaña à l'aube (6h45) : vide, brut, vue sur le détroit
Café Paris rue Obispo, La Havane : 2 CUP, le pire café jamais, à faire une fois
Vallée de los Ingenios avec guide local : ruines silencieuses, 80 CUP pour la journée
Playa Ancón : sable gris-doré, mojitos à 35 CUP, peu touristique côté plage
Casa de Carlos Manuel de Céspedes à Trinidad : petit-déj à 6h, patio avec hamacs
Et au final.
Cuba c'est l'inverse d'une plage paradise package : c'est du vrai, des petits tracas, de la sueur, et des instants où rien ne presse. On reviendrait, mais on éviterait juillet (trop chaud) et on prendrait un guide certifié dès le départ pour pas se faire rouler sur les prix.