Deux semaines entre La Havane et Trinidad : les vraies galères du voyage à Cuba
CarnetCuba202614 jours

Deux semaines entre La Havane et Trinidad : les vraies galères du voyage à Cuba

On a atterri à l'aéroport José Martí à 14h30, en sueur. Le vol Air Caraïbes avait deux heures de retard. À la sortie, pas un taxi officiel en vue — on a dû négocier avec un gars qui affichait 80 CUP pour rejoindre…

MA
Publié le · mis à jour le
14 jours4/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

On a atterri à l'aéroport José Martí à 14h30, en sueur. Le vol Air Caraïbes avait deux heures de retard. À la sortie, pas un taxi officiel en vue — on a dû négocier avec un gars qui affichait 80 CUP pour rejoindre Centro Habana. On a payé 60 CUP au final (environ 2 euros) après avoir dit non trois fois. Premier contact : déjà fatigant. L'hôtel Habana Libre, c'est vieillot mais fonctionnel. La clim marchait à peu près. Première nuit on a senti l'humidité qui colle à la peau, cette odeur de sel et de vieilles pierres qui prend à la gorge. On s'est levés à 5h30 pour marcher jusqu'à la Fortaleza de San Carlos de la Cabaña. Les pelouses étaient détrempées de rosée. Arrivés à 6h45, on était seuls avec deux touristes allemands. C'était juste les premières lueurs sur le détroit de Floride. Pas de « moment magique » qu'on raconte : juste du soleil jaune qui monte lentement et nous qui baillions en trempant nos baskets. Le vrai truc en arrivant à La Havane, c'est de pas se faire avoir par les faux taxis au débarquement. Nous on l'a appris trop tard. On a décidé de rester quatre jours là-bas. Chaque matin on prenait le café au Café Paris, rue Obispo — 2 CUP pour un café noir dégueu mais fort. On a mangé des croquetas au marché Cuatro Caminos (1,50 CUP la croquette de jambon). C'était gras, tiède, mais suffisant. Un jour, le vendeur de glace à la crème à côté nous a proposé une boule de « sabor sorpresa » — c'était immonde, une espèce de caramel-fromage. On a pris le bus urbano numéro 32 pour visiter la Cathédrale de La Habana et le musée de la Révolution. Le bus était blindé, pas de numéro d'arrêt clairement indiqué. On s'est trompés deux fois. Les gens étaient sympas, ils nous montraient du doigt quand descendre. Un mec m'a collé sa main sur le genou sans demander, juste comme ça. C'était chelou. J'ai enlevé sa main, j'ai dit « no », voilà. Les gens autour ont ri. Pas grave mais c'est un détail qu'on raconte pas dans les guides. Direction Trinidad : quatre jours de vraie détente On a loué une vieille Peugeot 404 blanche chez Transtur. La route jusqu'à Trinidad (320 km) a pris sept heures. La clim marchait pas. On a ouvert les fenêtres et on s'est pris la chaleur de la vallée de l'Escambray directement sur la figure. Arrêt à Cienfuegos pour avaler un lunch : riz, haricots noirs, filet de poulet gris. 45 CUP. La viande était dure mais le rice était bon, vraiment salé. On a dormi deux nuits à la Casa de Carlos Manuel de Céspedes, une casa particular avec un vrai patio. Le propriétaire faisait des petits déjeuners à 6h : pain, beurre, fromage blanc, mangue. C'était simple et ça changeait du café amer du matin. Trinidad c'est beau, mais c'est plein de touristes, donc les prix se sont envolés. Une pizza « locale » à la Via Real coûtait 250 CUP (10 euros). On a trouvé un resto plus loin, Fonda del Gobernador, où on a mangé un ragoût de poisson pour 150 CUP. On l'a eu qu'à 21h — le service était lent, genre 45 minutes d'attente. On s'en fichait. On était là pour traîner. Jour trois : on a pris un guide local pour monter à la Vallée de los Ingenios. Un vieux monsieur qui parlait trois mots d'anglais. On s'est compris par gestes et points sur la carte. Il nous a montré les ruines du Manaca Iznaga, les anciens broyeurs de canne à sucre rongés par la rouille et les racines. C'était vide. Pas un bruit sauf les insectes et le vent. On a payé 80 CUP pour la journée. C'était volé, mais on avait pas l'énergie de négocier. Fin du voyage : playa Ancón et retour Playa Ancón est à 15 km. On y est allés en collectivo — un vieux minibus jaune qui partait quand il était plein. Le sable était correct, pas blanc mais gris-doré. L'eau était tiède. On a commander des mojitos à un bar de plage : 35 CUP chacun. Le rhum était cheap mais le menthe était fraîche et c'était glacé. Un touriste français nous a alpagués pour vendre des bijoux en coquillages. Non merci. On a lu nos bouquins sur la plage et on a pas pensé à nos mails. Le retour à La Havane a été un calvaire. La route était chaotique. On a croisé trois blocages de routiers. Un chameau traversait l'autoroute à côté de la Peugeot. Pas de blague. On est arrivés à 23h. Le vol de retour était à 11h le jour suivant. Deux semaines à Cuba ça laisse des traces — pas toujours glamour. Le bruit constant des vieilles voitures, la sensation permanente de soleil, les petites embrouilles avec les taxi-piégeurs. Mais aussi des moments où on a respiré, où on a mangé lentement, où on a regardé les gens passer.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Fortaleza de San Carlos de la Cabaña à l'aube (6h45) : vide, brut, vue sur le détroit

2

Café Paris rue Obispo, La Havane : 2 CUP, le pire café jamais, à faire une fois

3

Vallée de los Ingenios avec guide local : ruines silencieuses, 80 CUP pour la journée

4

Playa Ancón : sable gris-doré, mojitos à 35 CUP, peu touristique côté plage

5

Casa de Carlos Manuel de Céspedes à Trinidad : petit-déj à 6h, patio avec hamacs

Conclusion

Et au final.

Cuba c'est l'inverse d'une plage paradise package : c'est du vrai, des petits tracas, de la sueur, et des instants où rien ne presse. On reviendrait, mais on éviterait juillet (trop chaud) et on prendrait un guide certifié dès le départ pour pas se faire rouler sur les prix.

En résumé

Avis La Havane et Trinidad : carnet de voyage de 14 jours par mathildetrav

Destination
La Havane et Trinidad
Pays
Cuba
Durée
14 jours
Période
septembre · Automne
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@mathildetrav
L'essentiel

La Havane et Trinidad en bref

Pourquoi choisir La Havane et Trinidad

  • Authenticité garantie : architecture coloniale préservée et vie locale non totalement commercialisée
  • Coût très faible : café 2 CUP, croquettes 1,50 CUP, mojitos 35 CUP à la plage
  • Diversité de paysages : villes historiques, vallées verdoyantes, plages et détroits spectaculaires
  • Expérience brute sans filtre : tracas réels qui créent une connexion authentique avec la destination
  • Hébergements en casa particular : petit-déjeuner inclus, propriétaires accueillants et atmosphère intimiste

Pour qui ?

  • Voyageurs en quête d'authenticité sans confort maximal
  • Couples cherchant détente et histoire en alternance
  • Photographes intéressés par l'architecture coloniale et la vie quotidienne
  • Routards avec budget très serré mais flexibles
  • Visiteurs prêts à négocier et acceptant les imprévisibilité

À éviter si…

  • Vous exigez climatisation fiable et routes impeccables
  • Vous refusez de négocier ou d'interagir avec les locaux
  • Vous voyagez en juillet et ne tolérez pas l'humidité extrême
  • Vous cherchez une destination sans tracas administratives ou logistiques
À découvrir aussi
Aéroport José MartíCentro HabanaFortaleza de San Carlos de la CabañaDétroit de FlorideCathédrale de La HabanaMusée de la RévolutionVallée de l'EscambrayCienfuegosVallée de los IngeniosManaca IznagaPlaya AncónRue Obispo
Questions fréquentes

FAQ — La Havane et Trinidad

Comment se déplacer de l'aéroport José Martí à La Havane sans se faire arnaquer ?

Les taxis non officiels demandent 80 CUP mais acceptent les négociations : comptez environ 60 CUP (2 euros) après plusieurs refus. Le carnet recommande de réserver son transfert à l'avance ou de prendre un taxi officiel pour éviter les faux taxis à la sortie de l'aéroport.

Quel est le meilleur moyen de visiter La Havane en quatre jours ?

À pied et en bus urbano pour les sites comme la Cathédrale de La Habana, le musée de la Révolution et la Fortaleza de San Carlos de la Cabaña. Attention : les numéros d'arrêt ne sont pas clairs. Le bus 32 est utile mais surpeuplé. Levez-vous tôt (5h30) pour éviter les foules et l'intense chaleur.

Combien de temps faut-il pour rejoindre Trinidad depuis La Havane ?

Environ 7 heures pour 320 km avec une vieille Peugeot 404 et pas de climatisation. Prévoyez un arrêt à Cienfuegos. La vallée de l'Escambray est très chaude. Le trajet de retour peut être chaotique avec des blocages de routiers.

Quel budget restaurant prévoir à Trinidad ?

Les prix varient beaucoup : une pizza touristique côûte 250 CUP (10 euros) via Real, tandis que la Fonda del Gobernador propose un ragoût de poisson pour 150 CUP. Les mojitos à playa Ancón coûtent 35 CUP. Négociez toujours les tarifs avec les guides locaux (80 CUP/jour pour Vallée de los Ingenios).

Est-ce que playa Ancón vaut le détour ?

Oui pour se détendre. Le sable est gris-doré, l'eau tiède, et les mojitos rafraîchissants. Accessibilité en collectivo jaune (minibus partant quand plein). Attention aux vendeurs de bijoux en coquillages qui vous alpaguent sans cesse.

Quel est le meilleur moment pour visiter Cuba ?

Évitez juillet : trop chaud et humide. L'auteur conseille les mois plus tempérés. L'humidité collant à la peau et l'odeur de sel sont constantes mais plus supportables hors pic estival.

Faut-il prendre un guide pour la Vallée de los Ingenios ?

Un guide local enrichit l'expérience (ruines du Manaca Iznaga, anciens broyeurs de canne à sucre). Mais négociez le prix avant (80 CUP semble élevé). Les gestes et points sur la carte suffisent si la barrière linguistique existe.

Quel type d'hébergement choisir à Trinidad ?

Une casa particular avec patio offre authenticité et petit-déjeuner simple (pain, beurre, fromage blanc, mangue) pour bien moins cher que les hôtels. La Casa de Carlos Manuel de Céspedes en est un bon exemple avec service à 6h.