Comment ça s'est passé.
On a décollé de Genève un samedi matin sur Air Kyrgyzstan, vol 571, à 6 h 30. Arrivée à Bichkek à 14 h 15, aéroport Manas. Je me souviens du choc thermique : 28 °C d'humidité chaude en sortant du terminal, ça m'a séchée la gorge d'un coup. La navette de l'hôtel, un minibus Hyundai jaune passablement cabossé, nous a menés au Panorama Hotel (Chui prospekt, 154), trois étoiles pas mal pour 68 euros la nuit. Pas de fenêtre qui ferme correctement, mais bon, on n'était pas là pour le luxe. Les trois premiers jours, on a exploré Bichkek. Plaza Osh (le marché central) dès le jeudi matin à 7 h 30 : odeur de miel, de viande fraîchement découpée et de poussière. J'ai acheté des pains naans au marché, 20 soms (0,25 euro environ), encore chauds et parfumés au cumin. Le musée Frunze côté histoire, c'était fermé deux jours pour raison administrative mal expliquée, un vrai coup de déception. Mais la place Ala-Too, dégagée et tranquille le matin avant 10 h, valait le coup juste pour s'asseoir sur les bancs et regarder les gens. Vers le lac Issyk-Koul : l'odyssée des minibusSamedi 7 h du matin, gare routière sud (Jibek Jolu, façade orange bien moche). On avait réservé « un » minibus privé via l'hôtel pour 250 euros les deux. On a attendu 45 minutes, puis un van Nissan est arrivé avec sept autres touristes. Arnaque cool, on s'était fait enrouler sur le « privé ». Le trajet Bichkek-Karakol (370 km) a pris 7 h 30 avec deux pauses, route sinueuse, paysages de montagne abruptes, l'air qui sentait la saveur épicée des plaines herbeuses. À Karakol, on a débarqué à l'hôtel Karakol Home (ulitsa Toktogula, 226), petit établissement tenu par un couple russo-kirghiz, 52 euros pour deux lits. Karakol, c'est petit, environ 70 000 habitants, la vie s'écoule lentement. On a loué des vélos auprès de Baktiyar, un mec d'une trentaine d'années qui tenait une minuscule boutique de location (rue Pretchina, sans numéro), 8 euros la journée. On a pédali jusqu'au monastère Dungan (Jyrgalan), 5 km vers l'est, construit par les Chinois musulmans au XIXe siècle. Les murs en brique rouge, l'azur du ciel sans nuages, la température qui montait à 30 °C vers 13 h : j'ai bu trois litres d'eau ce jour-là. Les yurtes et la vie nomadeTrois jours en yurte dans les montagnes Tian Shan, via Shepherd's Life (une agence locale, prix 180 euros pour deux nuits avec guide, repas et cheval). Notre guide, Nurlan, 54 ans, parlait russe et un peu d'anglais. On s'est levés à 5 h 30 le lundi pour le trekking vers le col Djyrgalan à 3 200 m. La température à l'aube : 8 °C, gelé les doigts même avec les gants. La yurte elle-même, c'était chaud la nuit grâce au poêle central, mais le sol en terre battue, c'est pas confortable pour la lecture du soir. On a dormi sur des tapis de laine très épais et deux edredons. La nourriture : lagman (nouilles aux légumes et viande), plov (riz avec oignons et carottes), pain noir, prix négocié d'avance. Nurlan faisait bouillir de l'eau pour le thé sur une flamme rougeoyante au petit matin. Un moment fort : le jeudi, au coucher de soleil, Nurlan nous a montré comment les chevaux trouvent leur chemin seuls en montagne. On était assis sur des rochers lisses à 2 800 m, le silence était presque insoutenable. Retour à Karakol, puis route vers Issyk-Koul nord. On a pris un marshrutka (minibus partagé) vendredi matin, ligne 6, aéroport-Tyup, 80 soms (1 euro) pour 45 km. Entassés à neuf dans un Peugeot Boxer blanc, fenêtres qui ne fermaient qu'à moitié. On a descendu à Bokonbaevo, petit port de pêche face aux montagnes blanches enneigées. Issyk-Koul : beauté et eaux froidesIssyk-Koul, c'est un lac d'altitude à 1 607 m, deuxième plus grand lac d'eau salée du monde. On a trouvé une guesthouse, Jergez Lakeside (Bokonbaevo, route principale, prix 45 euros la chambre). On a tenté la baignade. L'eau : 18 °C en juillet, glaciale, ça pique les jambes. J'ai tenu deux minutes avant de sortir en courant. Pas besoin de crème solaire super puissante en montagne, sauf qu'à 1 600 m, le soleil tape dur et j'ai rattrapé mes erreurs le dimanche matin, brûlures légères. Les pêcheurs étaient déjà sur les barques au lever du soleil (5 h 45), filets jetés avec une technique ancestrale, on a vu ça du rivage avec un thé chaud à la main. Dernier jour avant Bichkek, on a mangé du poisson frais au Issyk-Koul Seafood Grill (Bokonbaevo), environ 4 euros l'assiette. Le poisson était bon, goût iodé, chair ferme. Transport retour dimanche : même marshrutka, même prix, quatre heures de route cahoteuse.
Les bons plans repérés sur place.
Plaza Osh à Bichkek (jeudi matin avant 8 h, pains naans chauds, 20 soms)
Trekking Djyrgalan vers les yurtes (col à 3 200 m, lever de soleil à 5 h 30, guide Nurlan)
Lac Issyk-Koul à Bokonbaevo (eau à 18 °C, barques de pêcheurs à l'aube, poisson frais au restaurant)
Monastère Dungan à Karakol (5 km à vélo, murs en brique rouge, location chez Baktiyar)
Marshrutka locale ligne 6 (expérience authentique, 80 soms, pas de touristes)
Et au final.
Le Kirghizstan, c'est pas un pays aux clichés faciles. On a adoré la montagne, les gens, l'absence de tourisme de masse. Mais les routes sont vraiment mauvaises, les horaires pas respectés, et l'infrastructure hôtelière reste basique. On y retournerait, mais avec plus de patience et un bon traducteur dans les poches.