Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport international de Nadi en fin d'après-midi, le 15 janvier. L'air était étouffant, humide, avec cette odeur caractéristique de sel marin mélangée aux fleurs de frangipanier. La température affichait 32°C. Un chauffeur du resort Denarau Island nous attendait avec une pancarte minable écrite au feutre. Première galère : le vol en retard de trois heures, et donc pas d'accueil prévu à l'hôtel. Le Sheraton Denarau Viti Levu, où nous avions réservé quatre nuits, nous a facturé une nuit supplémentaire sans vergogne. 450 FJD (environ 190 euros) de surcoût. On a négocié, on a obtenu un crédit de 100 FJD au bar. C'est comme ça. Dès le lendemain, levé à 5h45 pour observer le lever du soleil sur la plage de Denarau. Le ciel est passé du violet foncé à l'orange en quarante minutes à peine. La mer était calme, presque vitreuse. Nous avons mangé un cassava cake acheté au stand du marché de Denarau Market Village vers 6h15, encore tout chaud. Le goût sucré-salé était inattendu, bien moins sucré que prévu. Moins de 2 FJD la pièce. Les vendeurs parlent un créole indien très rapide, difficile à comprendre même pour des locuteurs anglais. Excursion à l'île de ManaLe 17 janvier, nous avons pris le ferry Viti Levu à 8h30 depuis le port de Denarau (ticket : 65 FJD par personne). L'embarcation, un catamaran blanc assez délabré avec des chaises en plastique qui collaient à la peau, a mis deux heures pour atteindre Mana Island. L'eau était d'un bleu électrique. Un touriste allemand à côté de nous vomissait discrètement dans un sac en papier. Pas glamour, mais voilà. À Mana, nous avons logé au bungalow Mana Island Resort. Le personnel était accueillant, les sourires semblaient vrais. La chambre sentait la moisissure légère et l'encens de coco. Le dîner du soir : poisson grillé (barramundi), riz, salade locale. Environ 45 FJD (19 euros). Vers 21h30, un groupe de grenouilles-taureaux a produit un bruit incessant et assourdissant. Impossible de dormir avant 23h45. C'était notre moment marquant négatif du voyage. On regarde l'hôtel, les grenouilles sont listées sur leur site. Ils savent. Ils s'en fichent. Plongée et culture villageoiseLe 18 janvier, nous avons effectué une plongée libre via l'opérateur de Mana Divers (85 FJD par personne). Le corail était intact. Les poissons multicolores, innombrables. Un requin-pointe-noire a croisé notre route. Pas d'attaque, bien sûr, mais le cœur qui s'accélère, c'est réel. Nous avons visité ensuite le village local de Mana, avec ses cases aux toits de chaume. Les enfants demandaient des bonbons. Une femme nous a invités à boire du kava préparé frais. Le liquide était trouble, grisâtre, avec un goût de bois sec et poivré. Les lèvres ont légèrement engourdies. C'est alcoolisé mais d'une autre manière, plus subtile. Retour à Viti Levu et direction SuvaLe 20 janvier, retour à Nadi en ferry à 9h. Nous avons loué une voiture (Enterprise, 55 FJD par jour, assurance comprise) pour explorer l'île principale. La route vers Suva, la capitale, est longue : quatre heures par la route côtière. Plusieurs ponts en mauvais état. Au km 87, un arrêt au village de Sigatoka pour manger des roti au marché central. Le vendeur, une femme d'environ 60 ans, nous a préparé un curry-roti chaud devant nous. 3,50 FJD. Savoureux, mais très épicé. Nous avons transpirés. Suva nous a surpris. Moins touristique, plus chaotique. Le bruit constant des klaxons. Les rues étroites du quartier colonial. Nous avons logé à l'hôtel Peninsula Arthouse, un petit établissement de 12 chambres tenu par un couple de Français expatriés depuis 2008. Très accueillants. Le petit-déjeuner inclus : pain français, café soluble (pas terrible), fruits locaux. Le soir, nous avons dîné au restaurant Lautoka Seafood Market adjacent à la jetée municipale. Homard grillé, frites, salade. 68 FJD. Qualité correcte, mais un peu cher pour l'endroit. Visite du musée Fiji Museum le 21 janvier (entrée : 16 FJD). Objets rituels, documents coloniaux, certaines pièces datant du 18e siècle. Le bâtiment était poussiéreux, peu entretenu, mais les artefacts gardaient une certaine aura. Une guide nous a expliquées les traditions de war clubs en détail. Intéressant, mais la climatisation était cassée ce jour-là. Derniers jours et observationsLes trois derniers jours, nous avons paressé à Denarau, piscine de l'hôtel, lectures. Les couchers de soleil étaient vrais, violets et rouges, mais rien de cinématographique. La réalité des Fidji, c'est aussi les chiens errants au coucher du soleil, les ordures sur certaines plages, les regards des touristes fatigués.
Les bons plans repérés sur place.
Mana Island Resort pour la plongée libre et les poissons tropicaux visibles directement du ponton
Marché de Denarau Market Village le matin (avant 7h) pour cassava cakes frais et moins de foule
Cérémonie de kava au village de Mana : expérience simple, moins folklorique qu'ailleurs aux Fidji
Route côtière vers Suva avec arrêts à Sigatoka et ses rochers spectaculaires (vraiment beaux)
Fiji Museum à Suva : petite collection mais authentic, gratuit pour les moins de 12 ans
Photos — Nadi et Suva, Fidji
Et au final.
Les Fidji, c'était dépaysant mais pas transformateur. Nous avons apprécié l'eau, le kava, les rencontres brèves. Cependant, le tourisme de masse est bien présent, les prix gonflés pour les visiteurs occidentaux, et l'infrastructure touristique reste basique. Nous reviendrions, mais avec des attentes moins idéalisées.
