Comment ça s'est passé.
Jour 1-2 : Dar es-Salaam, le choc de l'arrivéeOn débarque à l'aéroport Julius Nyerere vers 14h. La chaleur nous frappe immédiatement, 34°C et une humidité qui colle la chemise au corps. Pas de climatisation en salle d'attente. Les formalités traînent (visa à l'arrivée, 50 USD), puis on prend un taxi depuis la file officielle devant le terminal – jamais négocier avec les chauffeurs solo dehors. Direction l'hôtel Econolodge Dar es-Salaam, rue Lumumba, chambre basique à 45 EUR la nuit. La réceptionniste nous explique que le bus vers Zanzibar part à 6h du matin du terminal Dar Express, près du quartier de Kisutu. On explore le centre-ville à pied. L'odeur de mangues pourries se mélange aux gaz d'échappement des daladalas (minibus colorés). Ça klaxonne, ça crie, ça vend. On mange dans un warung routier près du marché de Kariakoo : un plateau de ugali (polenta de maïs) avec sauce aux piments et poisson fumé pour 3 EUR. C'est bon, mais très gras. Le vendeur nous force à ajouter 2 EUR pour « l'eau filtrée ». On sent que ça va être un voyage avec des négociations minuscules chaque jour. Jour 2-3 : Traversée vers ZanzibarLevé à 4h45 pour le bus Dar Express. On arrive au terminal à 5h30 : beaucoup de chaos, zébu attaché sur le parking, enfants qui vendent des cacahuètes emballées dans du papier journal. Le bus part avec deux heures de retard (c'est habituel, nous dit le chauffeur). Voyage de 10h vers Dar Port, puis ferry de 2h avec Precision Air pour Zanzibar. La mer est calme, on voit des pirogues de pêcheurs bleu vif au loin. Arrivée à Stone Town vers 20h. On est crevés. Jour 4-8 : Stone Town et ses rues en puzzleStone Town est une labyrinthe. Les ruelles sont si étroites qu'on doit tourner les épaules pour passer. Nous logeons à l'hôtel Pyramid à 55 EUR/nuit, juste derrière le Fort arabe. La terrasse donne sur les toits. Le soir, l'air sent la giroffle – Zanzibar est le pays du clou de girofle – et ça mélangé au curry des cuisines voisines crée une sorte de brouille olfactive très particulière. On visite le Fort arabe (gratuit, juste une donation de 2-3 EUR), puis le musée du Palais (4 EUR). Les guides qui nous acostent dans les ruelles font tous la même ritournelle : « Tour épices, plage privée, très bon prix pour vous ». Nous en engageons un qui s'appelle Hassan. Il nous arnaque légèrement sur la plantation d'épices (30 EUR au lieu de 20 EUR), mais on s'en rend compte trop tard. Moment marquant : au marché du poisson de Forodhani, vers 18h, les vendeurs mettent en place leurs tables. On voit des thons énormes étalés sur la glace, et un vendeur nous vend des brochettes de poisson fraîchement grillées pour 2,50 EUR. On mange ça debout avec les mains qui graissent. C'est fougueux, direct, sans filtre. Les saveurs du poisson sont intenses, le citron frais qui brûle la langue. C'est ce qu'on retiendra de Stone Town. Nuit du jour 5 : malaise digestif (probablement l'eau du robinet). Passage aux toilettes à 3h du matin, chambre climatisée mais pas d'eau chaude. Le lendemain, on reste à l'hôtel, on boit que de l'eau en bouteille (2 EUR la grande). C'est un moment où on regrette un peu l'aventure – on aurait aimé être moins précautionneux, mais on n'a pas le choix. Jour 8-10 : Les plages au nord : NungwiFerry local depuis Stone Town vers Nungwi (1h30, 8 EUR par personne, bateau surpeuplé mais fiable). Nungwi, c'est un autre univers. Le sable est blanc, la transparence de l'eau est presque irréelle. Hôtel Langi Langi Beach Resort, 62 EUR avec petit-déj. Le gérant, Ali, est sympa. Les couchers de soleil sur la côte ouest sont entre 18h30 et 19h. On s'y rend tous les jours. A Nungwi, il y a peu de touristes, beaucoup d'hommes qui fabriquent des dhow (bateaux traditionnels) sur la plage. Le son du bois qu'on rabote, le bruit des enfants qui crient en swahili. L'ambiance est calme mais vivante. Le plat local : le biryani zanzibarite à 4 EUR au restaurant Fishermen à la plage. Riz parfumé, petits morceaux de poisson, un peu pimenté. On en mange deux portions. On se baigne à 16h, l'eau est chaude, 27-28°C environ. Des enfants vendeurs viennent proposer des coraux polis (qu'on refuse, c'est illégal). Pas de wifi, pas de réseau 4G fiable. C'est assez bon pour se déconnecter, même si on stresse un peu sur la date du ferry retour. Jour 10-12 : Retour et derniers détailsFerry retour vers Stone Town, puis via Dar Express vers l'aéroport (trajectoire inverse). On perd un demi-jour dans les transports. Vol Ethiopian Airlines à 22h30 depuis Julius Nyerere, arrivée à 5h du matin en Europe. Les douaniers tanzaniens au départ demandent nos billets de retour (contrôle strict). Tout s'est bien passé, pas de problème majeur finalement.
Les bons plans repérés sur place.
Marché de Forodhani à Stone Town : brochettes de poisson grillées à 2,50 EUR, 18h-19h quand c'est le plus vivant
Plantation de giroffle privée route de Nungwi : demander 20 EUR (pas 30), guide Hassan +255 777 123 456
Nungwi Fishermen Restaurant : biryani à 4 EUR, terrasse face à la mer, coucher de soleil 18h45
Fort arabe Stone Town : gratuit, donation 2-3 EUR, allez-y tôt à 8h avant la chaleur
Ferry Dar Express : toujours arriver à 5h30, départ à 6h mais décalage de 2h courant (apporter vivres, pas d'eau gratuite)
Photos — Dar es-Salaam / Zanzibar
Et au final.
La Tanzanie, c'est un mélange de chaos urbain et de tranquillité côtière. Dar es-Salaam peut être suffocante si on cherche le confort, mais Stone Town et Zanzibar valent vraiment le détour. On aurait aimé avoir plus de temps pour explorer les parcs de la côte sud ou le Kilimandjaro, mais 12 jours, c'est juste pour goûter. À refaire, on logerait directement à Zanzibar sans passer par Dar.
