Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à Tegucigalpa le 14 février en fin d'après-midi, complètement éreinté par deux correspondances. La compagnie TACA nous a retardés de trois heures à Miami, ce qui nous a pourri le timing pour rejoindre Copán Ruinas avant la nuit. Un chauffeur de minibus de l'hôtel nous a prélevé 40 euros pour 4 heures de route — une arnaque classique qu'on aurait pu éviter en prenant un car direct à la gare routière de Tegucigalpa (Empresa Hedman Alas, 8 euros le trajet). La route était cabossée, parsemée de virages serrés. L'odeur étouffante de diesel s'échappait du véhicule. Nous avons croisé des villages où des femmes vendaient des pupusas grillées sur des braises, l'odeur de maïs et de fromage fondu nous a fait saliver. À Copán Ruinas, nous avons logé à l'hôtel Marina Copán — chambre correcte avec ventilateur (30 euros la nuit), petit déj inclus. Le premier matin, levés à 5h30 pour le site archéologique. Les ruines mayas se révèlent progressivement sous la brume. Les escaliers hiéroglyphiques du Jeu de Ballon sont usés, patiné par mille ans de pluie. Nous avons marché plus de 2 heures en tee-shirt trempé de sueur. La température atteignait 28 degrés dès 9 heures. Un guide local, José Miguel, nous a expliqué les glyphes : 200 lempiras (9 euros) pour 90 minutes. Sans lui, on aurait loupé les détails qui donnent sens à ces pierres. Cacao, galipot et l'impasse du guide surfaitNous avons mangé au restaurant Twisted Tanya's (rue principale) : filet de tilapia du Copán avec riz noir, 90 lempiras (4 euros). Succulent. L'après-midi, visite du musée du site. Le lendemain, je voulais remonter vers La Ceiba pour voir les Cayos Cochinos. Le bus de 6h du matin chez Copán Transportes s'est avéré être un cauchemar : arrêt toutes les 10 km pour embarquer des passagers à même la route, odeur de poulet vivant dans des cages, climatisation cassée. 6 heures pour 180 km. Nous sommes arrivés à La Ceiba vers 13h, écrasés de fatigue. À La Ceiba, nous avons dormi à l'hôtel Palmyra Beach Club (rue 1) : 50 euros la chambre, balcon avec vue sur le port. Ce soir-là, nous avons dîné au bar-restaurant du bord de mer, fruits de mer (crevettes à l'ail, 110 lempiras — 5 euros). L'eau était chaude comme une baignoire, le ciel orange vif au coucher. Le lendemain, excursion aux Cayos Cochinos en catamaran (60 euros par personne via l'agence Lawson Fishing). Quatre heures de navigation. L'eau cristalline. Nous avons nagé au-dessus de coraux jaunes et violets. Un moment suspendu, même si deux touristes allemands m'ont volé nos serviettes de plage sur le bateau. Retour vers la Mosquitie sauvageNous avons pris un vol interne avec la compagnie CM Airlines pour rejoindre La Mosquitia via Palamar. Avion à hélices qui vibrait comme un mixer. Arrivée à Palamar vers 16h. De là, véhicule 4x4 vers le lodge Rio Platano. Trois heures de piste de latérite rouge. Femmes et enfants lavaient du linge dans les gués de la rivière. L'odeur de forêt tropicale humide était écrasante : moisissure, terre gorgée d'eau, pourissement organique. Nous avons logé à l'hôtel Río Plátano Ecolodge (60 euros, lodge basique mais propre). Les nuits étaient traversées par des cris de singes hurleurs dès 4h du matin — un son dément, entre le rut du cerf et le moteur de perceuse. Trois jours de randonnée guidée dans la Mosquitia. Nous avons vu des macaos, des jaguars de loin (via les traces), des cours d'eau qui cascadaient sur des roches grises. Guide nommé Enrique, pricing 35 euros/jour. Le quatrième jour, nous avons décidé de remonter vers Trujillo pour nous reposer. À La Ceiba, nous avons pris le bus de minuit vers Tegucigalpa (8h de route, 180 lempiras). Arrivée à 8h du matin à la gare. Vol de retour le soir même avec TACA. Pas glorieux comme retour, mais la fatigue avait eu raison de nous.
Les bons plans repérés sur place.
Escaliers hiéroglyphiques du site de Copán Ruinas, notamment la Stela A avec ses glyphes intacts du 9e siècle
Restaurant Twisted Tanya's à Copán : tilapia frais et atmosphère locale, loin des pièges touristiques
Baignade aux Cayos Cochinos depuis La Ceiba : coraux colorés et eau à 27 degrés
Nuit au Río Plátano Ecolodge avec les cris de singes hurleurs à l'aube
Bus local Hedman Alas depuis Tegucigalpa pour 8 euros au lieu de les taxis privés surcotés
Photos — Copán Ruinas et La Ceiba
Et au final.
Le Honduras offre une vraie combinaison : archéologie solide à Copán, nature sauvage en Mosquitie. Les routes sont un calvaire, l'infrastructure touristique est basique, et on se fait régulièrement arnaquer sur les prix. Nous aurions aimé plus de temps à Copán pour explorer les villages alentours, moins de fatigue accumulée pour vraiment profiter de la nature.
