Comment ça s'est passé.
Levé à 5 h 30 à l'hôtel Marina Colonial de La Ceiba pour attraper le minibus 6 h 15 direction Copán Ruinas. Trois heures de route cahoteuse à bord d'un vieux Mercedes jaune où s'entassaient poules, sacs de maïs et une douzaine de passagers. L'odeur mélangée de diesel et d'essence d'agrumes m'a suivi pendant deux heures. Arrivée à Copán vers 9 h 30, déjà 28°C et une humidité étouffante. J'ai loué une chambre au Posada Real, petite guesthouse coloniale avec ventilateur bruyant. Le proprio, Jesús, m'a recommandé de visiter les ruines avant midi, avant que le soleil ne devienne vraiment écrasant. Excellent conseil : les premières structures de la Grande Place de Copán, sculptées au VIIIe siècle, apparaissaient presque fantasmagoriques dans la brume matinale. J'ai passé quatre heures à photographier les stelès de Quiriguá, les autels zoomorphes. La pierre grise était encore humide, quasi gluante sous les doigts. Un moment vraiment marquant : découvrir l'Escalier des Hiéroglyphes à 11 h, ses 2 200 caractères gravés, presque intacts. Les guides du parc (15 lempiras, environ 0,60 €) parlaient peu anglais, mais montraient le travail des sculpteurs mayas avec une fierté palpable. Le soir, galère locale : le restaurant principal du village fermait à 19 h. Je me suis rabattu sur Twisted Tanya's, le seul bar ouvert passé 20 h, où une Américaine expatriée servait des pupusas (pâtes de maïs fourrées) à 40 lempiras pièce et de la bière Salva Vida à 30 lempiras. Deux pupusas avec fromage frais et frijoles, c'était juste correct, pas transcendant. Le gout sucré du maïs frais compensait l'absence de saveur dans le fromage. J'ai ensuite pris un bus local (125 lempiras) pour La Ceiba, ville portuaire du nord. Le trajet dans les terres humides montrait des plantations de bananes à perte de vue, des épandages de pesticides encore visibles. La Ceiba elle-même m'a déçu : ville bruyante, polluée, avec peu de charme. J'ai dormi à l'hôtel Marina Colonial, plutôt basique (400 lempiras la nuit), mais proche de la plage Bonita. Le sable était noir et parsemé de débris. L'eau à 26°C était tiède, sans transparence due aux sédiments fluviaux. Pas le Caraïbe de carte postale. Détail positif : le marché municipal le matin, ouvert dès 5 h 30. Étals de fruits de la passion, bananes plantains, papayes vertes. Un vendeur m'a vendu un jus de canne frais pressé sur place pour 15 lempiras. Le goût sucré et fibreux du jus, bu debout au milieu des cris des marchands, c'était vivant. Aucun doute sur la provenance du produit. Retour en bus 6 h du matin vers San Pedro Sula, puis vol domestique (compagnie Islena Airlines, 80 € aller-retour) vers Tegucigalpa pour prendre le vol international. Une arnaque de taxi au départ : chauffeur qui demandait 500 lempiras pour un trajet valant normalement 150-200 lempiras. J'ai refusé, pris un minibus à 25 lempiras. Petit humiliation, mais ça m'a appris à vérifier les tarifs avant de monter. Bilan : Copán vaut franchement le détour pour ses ruines mayas bien préservées et l'atmosphère du petit village. La côte caraïbe moins convaincante que prévue. Le Honduras reste un pays où chaque trajet demande du temps, où rien ne part à l'heure annoncée, mais où la gentillesse des gens compense.
Les bons plans repérés sur place.
Ruines de Copán Ruinas : l'Escalier des Hiéroglyphes, 2 200 caractères du VIIIe siècle, visite guidée locale 15 lempiras
Marché municipal La Ceiba : jus de canne frais à 15 lempiras, ouvert dès 5 h 30, fruits tropicaux en direct
Posada Real hôtel à Copán : chambre coloniale 400 lempiras, ventilateur bruyant mais propriétaire Jesús très souriant
Route Copán–La Ceiba : minibus jaune Mercedes à 125 lempiras, 3 h de paysage de plantations bananes, deux arrêts thé sucré
Twisted Tanya's bar La Ceiba : pupusas 40 lempiras, bière Salva Vida 30 lempiras, ambiance expat en fin de journée
Photos — Copán Ruinas et La Ceiba
Et au final.
Copán offre vraiment une plongée archéologique concrète, loin des foules. Moins satisfait par la côte caraïbe : moins claire et moins développée que d'autres destinations caribéennes. À refaire : partir plus tôt, rester 15 jours au lieu de 12, explorer Roatán plutôt que La Ceiba.
