Comment ça s'est passé.
Arrivée à Nouakchott, premiers doutesVol Royal Air Maroc arrivé 2h30 en retard à Nouakchott. À la descente, 42 degrés affichés sur le thermomètre du terminal — ça frappe différemment qu'en théorie. J'ai posé mon téléphone 30 secondes sur le tarmac, impossible de le reprendre sans gants. L'air était sec, avec une odeur de gasoil brûlé qui flottait partout. Formalités longues, un policier à la douane qui a demandé 50 euros pour « accélérer », j'ai refusé et attendu 45 minutes supplémentaires. Première nuit à l'Hôtel al-Khayma à Nouakchott, rue de Tanger. La chambre sentait le moisi malgré l'A/C qui tournait à bloc. Prix : 40 euros. Le petit déjeuner, annoncé « continental », c'était des galettes brûlées et un café trop sucré. Je l'ai bu quand même à 6h du matin. Route vers Atar : 8 heures d'imprévuBus blanc de la compagnie Ghanim Transport, départ prévu 8h du matin du gare routière de Zénaga. Nous avons attendu 1h45 que le chauffeur retrouve deux passagers égyptiens perdus en ville. Le bus a finalement quitté les environs de Nouakchott vers 9h45. Trajet routier sur l'ER1 en direction du nord, paysage devenant progressivement minéral. À mi-chemin, panne du radiateur près d'Akjoujt : arrêt de 90 minutes sous un petit abri où un vendeur ambulant proposait du thé à la menthe à 30 ouguiya (0,08 euro). Le goût du sucre et de la menthe sur la langue pendant que le mécanicien bricolait sous le capot, c'est le moment où je me suis dit « bon, je suis vraiment loin ». Arrivée à Atar vers 18h. L'Hôtel Azalai, 2 étoiles, rue de la Mosquée. 35 euros la nuit. Chambre propre, pas de vue, ventilo qui faisait un bruit régulier et hypnotisant. Dîner au restaurant l'Oasis attenante : thiéboudienne (riz au poisson) pour 25 euros, portions énormes, poisson très salé. J'en ai laissé la moitié. Marché d'Atar et premiers repèresLevé à 5h30 par l'appel du Fajr à la mosquée proche. Le son était fort, porté par des hauts-parleurs, presque oppressant pour les premières 10 minutes. Me suis promené au marché Souk Sénégal dès 7h. Fruits secs, tissus, ustensiles en désordre organisé. Une vendeuse de jus de tamarin frais m'a vendu un verre pour 20 ouguiya (0,05 euro) — acide, sucré, avec des graines qui restaient collées aux dents. J'ai acheté un foulard tagelmust orange pour 3 euros en marchant fort. Chinguetti : la ville fantôme des savantsTrajet Atar-Chinguetti : voiture partagée (taxi collectif) de 6 places, 50 euros par personne, 3h de route. Paysage rocailleux du Adrar. Chinguetti, ville de 2500 habitants max, posée sur des rochers. L'Hotel Tergui m'a accueilli : chambre avec matelas qui s'enfonçait d'un côté, 30 euros. Pas d'eau chaude, mais l'eau était presque froide la nuit — choc thermique agréable après la chaleur du jour (encore 38 degrés à 19h). Visite de la Grande Mosquée (entrée gratuite) datant du 13e siècle selon le guide, Mahmoud, qui parlait français avec accent hassania marqué. Il m'a montré des manuscrits conservés dans une petite pièce — véritablement anciens, pages jaunes, verdigris aux coins. L'odeur de papier ancien et de poussière était presque intoxicante, le silence de la pièce aussi. Moment bizarrement émouvant sans raison logique. Mahmoud a demandé 30 euros de visite guidée, j'ai payé, ça semblait juste. Dîner au café Ghadames, soupe à l'orge (shalafh) pour 15 euros, pain blanc rassis. J'ai mangé un fruit du baobab sucré acheté à un gamin pour 10 ouguiya — texture bizarre, sucre naturel intense. Nuit en plein désert : bivouac rattéTentative d'une nuit en bivouac organisée depuis Chinguetti — l'agence « Désert et Caravanes » proposait ça pour 80 euros. Guide absent à l'heure convenue, arrivée retardée d'1h. Campement à côté de Oueichech, quelques tentes en toile. Nuit effectivement silencieuse — aucun bruit à 22h, c'était étrange et légèrement angoissant. Température tombée à 18 degrés d'après mon téléphone. Thé servi dans des petits verres chauds passés rapidement de main en main (cérémonie dite du thé mauritanien). Trois services, sucre débile à chaque fois. Matin froid, lever du soleil à 6h — le ciel passant d'indigo à orange en 8 minutes. Pas « couper le souffle » : juste un beau coucher de soleil comme partout, mais le silence autour l'a rendu frappant. Petit déjeuner : pain local (Mauritanie) avec beurre et confiture maison, café très noir. Retour précipitéRetour Chinguetti-Atar en minibus shared, 45 euros, trajet plus chaotique que l'aller (route en mauvais état). Deux crevaisons mineures gérées par le chauffeur en moins de 10 minutes chaque. Arrivée à Atar en fin d'après-midi, puis vol Air Mauritanie vers Nouakchott le jour suivant, 1h30 de vol. L'avion était un Dash 8 bruyant, turbulences moyennes, mais arrivée sans perte de bagage. Vol retour Paris sur la compagnie Royal Air Maroc avec escale à Casablanca. 14h au total. De retour en France le matin du 12e jour.
Les bons plans repérés sur place.
Marché Souk Sénégal d'Atar, jus de tamarin frais à 20 ouguiya
Grande Mosquée de Chinguetti (13e siècle) avec ses manuscrits jaunes, guide Mahmoud
Bivouac désert près d'Oueichech, trois services de thé mauritanien et silence total
Route Atar-Chinguetti en taxi collectif, paysage rocheux, 3h de secousses
Thiéboudienne à l'Hôtel Azalai d'Atar, 25 euros, portions géantes
Photos — Chinguetti / Atar
Et au final.
La Mauritanie m'a eu par l'imprévu, la chaleur, et ces moments de silence désert qui restent. Mais logistiquement, c'était usant : retards, arnaque mineure à la douane, panne de bus, eau incertaine. C'est pas un lieu pour quiconque cherche du confort ou l'efficacité. À faire si on a le temps et la flexibilité.
