Comment ça s'est passé.
Arrivée à 14h30 à l'aéroport international de Brunei après 6 heures de vol depuis Kuala Lumpur avec Royal Brunei Airlines. Le vol était vide – à peine 40 passagers dans un A320. Première sensation : l'air chaud et humide de la Malaisie équatoriale qui frappe quand les portes s'ouvrent. La douane rapide, presque surréelle. Pas de queue. Les douaniers semblent surpris de voir des touristes. J'ai réservé une chambre au Radisson Hotel Bandar Seri Begawan, situé sur Jalan Tutong, à 20 minutes en taxi de l'aéroport (30 BND, soit 18 euros). Le chauffeur de taxi, un homme âgé parlant à peine l'anglais, m'a montré le Palais Nurul Iman en pointant du doigt – résidence du sultan, fermée aux visiteurs. Les rues de Bandar Seri Begawan sont étrangement calmes pour une capitale. Peu de circulation. Peu de bruit. La mosquée Jame Asr Hassanil Bolkiah : impressionnant, mais avec des contraintesLe lendemain à 7h30, visite de la mosquée Jame Asr Hassanil Bolkiah (Jalan Tutong). Elle domine la ville depuis 1994 : dôme doré immense, minarets blancs, reflets dans les bassins. L'odeur d'encens et d'eau de rose est très présente. J'ai dû louer une abaya à l'entrée (5 BND) car mes bras étaient découverts – le règlement est strict. Les gardiens ne plaisantent pas. À l'intérieur, le sol froid et les tapis orange créent une sensation étrange en plein été brunéien (32°C dehors). Quelques femmes priaient seules. J'ai respecté les horaires : fermeture pour les non-musulmans entre 12h et 14h, et après 16h. Le moment marquant : un enfant de 6 ans m'a demandé d'où je venais en arabe parfait, alors que j'étais assis sans rien faire. Sa grand-mère s'est excusée en souriant. Cet échange simple m'a rappelé que le Brunei n'est pas un musée, mais un lieu de vie ordinaire. Marché flottant de Tembatau Lama : viande de crocodile et odeurs de poissonJournée 3, transport en bateau local depuis Kota Batu Waterfront. J'ai pris une barque privée (45 BND pour 2 heures) avec un pilote qui naviguait à travers les villages d'eau de Kampong Ayer. Ce qui m'a frappé : les maisons sur pilotis sont connectées par des passerelles en bois. Aucun trottoir au sol. Les enfants courent sur les planches en équilibre. L'odeur mélange le sel marin, les moteurs Suzuki usés et les fruits tropicaux. Au marché flottant du samedi (je suis allé un jour de la semaine, erreur : très peu de vendeurs), une femme vendait des brochettes d'escargots de mer à 3 BND. Un homme fumait tranquillement dans sa barque, sans client. Galère concrète : j'ai voulu aller au marché central de Bandar Seri Begawan (Sunday Market) le lundi. Il n'était pas ouvert. J'ai perdu 90 minutes à le chercher. Google Maps indiquait qu'il était là, mais c'était fermé sans explication. Les vendeurs du marché du samedi sur la route me disaient tous « demain, demain ». Il faut vraiment prévoir ses jours. Le marché du mercredi n'existe que certaines saisons. Forêt de Ulu Temburong : chaleur, humidité et sangsuesJournée 4, excursion organisée au Parc national Ulu Temburong (75 BND tout inclus via l'hôtel). Une heure de bateau, puis 10 minutes de 4x4 sur une piste en très mauvais état. Le guide parlait français, ce qui était rare. La canopée atteint 40 mètres. La température monte à 35°C avec 90% d'humidité. Les bruits : cris d'oiseaux inconnus, moteurs de bateau, ma respiration accélérée. Je suis tombé dans un piège culturel : j'ai refusé un verre de jus de fruit frais chez un habitant par timidité, et le guide a trouvé ça bizarre. Il a dit « vous anglais, toujours timides ». Aucune sangsue sur moi, contrairement aux alertes des forums de voyage. Repas au restaurant Kaizen Sushi (Jalan Pemancha). Nigiri au thon 18 BND (11 euros), miso soup 6 BND. Qualité correcte, mais rien d'exceptionnel. Le restaurant était vide à 19h un mardi. Les Brunéiens dînent tôt, vers 18h30. Résumé tactile et gourmandGâteau de riz aux cacahuètes au café Jing's : 4 BND, texture collante et légèrement saléeNasi briani au restaurant Aroma (Jalan Residency) : 12 BND, trop salé, mais épices chaleureusesThé teh tarik au Tamu Kianggeh (petit marché couvert) : 2 BND, le vendeur versait d'une hauteur d'un mètre pour refroidir – technique impressionnanteEau de coco direct de la noix au marché : 3 BND, sensation de fraîcheur intense à 15h dans les ruesLes transports publics : bus numéro 1, 2 et 23 circulent à Bandar Seri Begawan, tous à 1 BND le trajet. Fréquence faible (30 minutes entre les bus). J'en ai raté trois avant d'en attraper un. Le Brunei surprend par son absence de touristes de masse. Pas de ruelles étouffantes comme à Bangkok ou Penang. Les monuments sont espacés. Les prix des hôtels restent abordables (100-140 euros pour trois étoiles). C'est un pays où le temps semble suspendu, où les sultanats conservent une discrétion jardinière sur leur richesse pétrolière. Les gens sont polis, souvent réservés. Je n'ai jamais senti d'arnaque touristique.
Les bons plans repérés sur place.
Mosquée Jame Asr Hassanil Bolkiah : dôme doré visible depuis la route, horaires stricts pour les non-musulmans
Kampong Ayer en bateau privé : naviguer entre les maisons sur pilotis de l'ancienne Bandar Seri Begawan
Parc national Ulu Temburong : forêt primaire et canopée, guide francophone rare, 75 BND tout inclus
Kota Batu Waterfront : quai moderne avec vue sur les villages flottants, endroit de repos local
Marché central le samedi : fruits tropicaux directs, nécessite d'arriver avant 10h (ferme tôt)
Photos — Bandar Seri Begawan
Et au final.
Le Brunei m'a offert une pause loin du tourisme mainstream – forêts denses, architecture musulmane respectueuse, silence urbain. Mais honnêtement, huit jours c'était peut-être quatre de trop. Après le troisième jour, les activités se répètent (autres forêts, autres mosquées). C'est un pays de transition pour moi, pas une destination finale.








