Comment ça s'est passé.
Levé à 5h30 pour attraper le vol Royal Brunei Airlines BR 101 depuis Kuala Lumpur. L'avion était étonnamment spacieux pour une compagnie si petite. Arrivée à l'aéroport de Brunei International à 7h15 du matin, avec cette sensation collante de l'air tropical qui vous enveloppe dès la porte de l'avion ouverte. Pas de bus direct, j'ai pris un taxi depuis l'aéroport jusqu'au centre-ville pour 25 BND (environ 16 euros). Le chauffeur, Abdullah, m'a déposée à l'hôtel Radisson Brunei mercredi vers 8h. Chambre avec vue sur la Rajah Iskandar Waterfront : la pluie crépitait sur la baie, vue de ma terrasse. Les deux premiers jours ont tourné autour de la Mosquée Jame'Asr Hassanil Bolkiah. Impossible à rater avec ses quatre dômes dorés qui scintillent sous le soleil. J'y suis allée jeudi matin vers 9h, après un café au Café Baiduri (coin Jalan Pemancha) : un kopi panas crémeux à 2 BND, le goût intense du café robusta local. La mosquée elle-même est fermée aux non-musulmans, mais la cour extérieure donne sur des jardins étonnamment paisibles. L'odeur de l'encens qui s'échappait des portes ouvertes s'est mélangée à celle du béton humide après la pluie. Le marché local et les galères culinairesVendredi, visite au Tamu Kianggeh Market en fin de matinée. Voilà l'endroit où les choses deviennent réelles. Marché couvert, bruyant, poussiéreux, avec des vendeurs de fruits exotiques, de poisson frais et de tissus. J'ai acheté des rambutans pour 3 BND le kilo, avec cette sensation désagréable d'avoir des cheveux collants entre les doigts en les pelant. Le kari ayam à la vanille vendu par une vieille dame (5 BND) : savoureux, mais je ne suis pas sûre d'avoir bien compris les ingrédients, et les crampes d'estomac le lendemain m'ont confirmé que mon système digestif n'avait pas apprécié le niveau d'hygiène. Samedi, tentative de prendre le bus local pour aller à Tutong. J'avais lu qu'il y avait une ligne de bus depuis la gare routière centrale, mais à 11h du matin, le guichetier m'a dit que les bus partaient à des heures « variables » (code local pour « on ne sait pas »). Trois taxis plus tard, j'ai renoncé et suis restée à Bandar. Moment pénible. Le taxi coûtait 80 BND pour un trajet d'une heure, ce qui m'a semblé abusé. Retour au centre-ville pour un repas au restaurant Aminah's Brunei Malay Cuisine : le rendang daging était excellent, mais 22 BND pour une portion maigre. Les prix à Brunei rivalisent avec la Suisse pour certains plats. Forêts et vie tranquilleDimanche matin, ballade à vélo depuis le Berakas Country Park. Location à 10 BND pour la journée. Les pistes longeaient des mangroves avec le bruit des insectes qui vous envahit les oreilles constamment. Température étouffante vers midi (34 degrés, 92% d'humidité). J'ai vu des singes proboscis à distance, mais franchement, c'était trop loin pour les photographier correctement. Le site en parle comme d'une « merveille », mais c'est surtout très chaud et très humide. Lundi et mardi ont été consacrés à flâner le long du waterfront, à essayer plusieurs cafés (Dewan Bahasa et Pustaka avait un bon roti canai à 2,50 BND). La vie à Brunei est calme, presque étrangement vide pour une capitale. Les boutiques ferment tôt, les restaurants aussi. Le jeudi soir vers 20h, beaucoup de choses étaient déjà fermées. Le système de transport public est quasi inexistant : pas de métro, peu de bus, et les taxis ne sont pas équipés de compteur. Palazzo l'hôtel était excellent mais sans charme particulierLa censure Internet (on ne peut pas accéder à certains sites) m'a surprise et énervée le premier jourL'absence quasi complète d'alcool (Brunei est un pays musulman, pas de bars au sens occidental)
Les bons plans repérés sur place.
Mosquée Jame'Asr Hassanil Bolkiah — les quatre dômes dorés depuis la cour extérieure à l'aube
Tamu Kianggeh Market — vendredi matin, pour les fruits locaux et le chaos contrôlé
Berakas Country Park — pistes à vélo parmi les mangroves, location 10 BND la journée
Café Baiduri pour un kopi panas crémeux à 2 BND, angle Jalan Pemancha
Waterfront promenade au coucher du soleil — presque vide, c'est là qu'on respire
Photos — Bandar Seri Begawan
Et au final.
Brunei m'a laissé des sentiments mitigés. C'est calme, bien organisé, très sûr, mais aussi étonnamment touristique au mauvais sens : peu d'authenticité, cher, et les infrastructures pour les visiteurs indépendants sont limitées. Les trois jours auraient probablement suffi. Je n'ai pas senti cette connexion qu'on espère quand on voyage en Asie du Sud-Est.








