Comment ça s'est passé.
Levé à 5 h 30 à l'hôtel Splendid (avenue de la Révolution), j'ai traversé Ouagadougou avant que la chaleur ne devienne étouffante. Les rues étaient déjà vivantes : vendeurs de beignets aux arachides, motos-taxis slalomant entre les nids-de-poule. L'odeur de charbon de bois et d'essence mélangée m'a frappé en premier. Pas désagréable, juste viscérale. Différent. Le premier choc : le trajet en minibus jaune jusqu'à Bobo-Dioulasso (4 h 30 de route sur la RN1). Nous étions douze dedans, prévu pour huit. Un homme vendait du bissap glacé par la fenêtre lors d'un arrêt à Ouagadougou (200 francs CFA, soit 30 centimes d'euro). C'était sucré, acidulé, parfait. Le minibus s'est arrêté deux fois sans raison apparente. Le chauffeur disait « petite panne technique » mais c'était juste qu'il voulait boire un café. Frustrant quand tu n'aimes pas perdre du temps, mais j'ai accepté. C'est comme ça ici. Bobo-Dioulasso : moins touristique, plus vraiArrivé vers 15 h. J'ai lâché mon sac à la guesthouse Kéré Guesthaus (rue Sardar Patel, 25 000 CFA la nuit). Le proprio, Ousmane, m'a conseillé le restaurant La Fontaine pour le dîner. J'y suis allé. Sauce d'arachide avec riz, morceau de poulet : 2 500 CFA. Servi à 18 h 45, pas avant. Pas de hâte. Le propriétaire écoutait la radio locale en préparant, commentaire sur les élections municipales. L'ambiance était intime, cinq tables seulement. Le deuxième jour, j'ai pris le taxi-brousse (minibus délabrée) jusqu'à Bobo. Le trajet de 2 h s'est transformé en 3 h 45 parce que le véhicule avait une fuite au niveau du radiateur. Nous nous sommes arrêtés trois fois pour remplir d'eau. J'aurais pu trouver ça agaçant, mais j'ai parlé avec une femme qui revenait de Ouagadougou : elle m'a expliqué comment fonctionnait le système de vote local. Ça m'a marqué, cette générosité de partager sans que ce soit demandé. Marché de Bobo et galère de négociationLe grand marché de Bobo : bruit de tous les côtés, conversations en mooré et français qui se croisent, odeur de manioc frais, de poisson séché et de poussière rouge. J'ai voulu acheter du tissage traditionnel. Le vendeur en demandait 50 000 CFA (76 euros). Je me suis senti arnaqué. Après négociation pénible (25 minutes), j'ai obtenu 35 000 CFA. Peut-être qu'il n'y avait pas d'arnaque et que c'était juste mes présupposés. C'est une amertume : parfois tu ne sais pas si tu as gagné ou juste offensé. Visite de la mosquée de Bobo (XIIe siècle selon la plaque touristique) : architecture en terre, entièrement refaite il y a cinq ans. Pas de foule. Un imam nous a fait visiter, pas de demande d'argent.Parc de la Marahoué, à 40 km : j'ai pris un taxi avec trois autres touristes. 50 000 CFA à quatre. Nous avons vu trois phacochères et deux antilopes. Pas d'éléphants comme espéré, mais le silence du parc à 8 h du matin, c'était quelque chose.Retour à Ouagadougou en bus Air Burkina (vrai, pas de minibus). Vol de 1 h 30 le matin. Confortable. 85 000 CFA.Derniers jours à OuagadougouCafé Central (place de la Nation) : j'y suis revenu trois fois. Café noir, très fort, 500 CFA. Je regardais les gens d'ici, les businessmen avec leurs téléphones neufs, les étudiants. Température à 38 °C l'après-midi, tu ne peux rien faire après 13 h. C'est des journées qui se courbent autour de la chaleur. Musée national de Ouagadougou : horaires affichés (9 h-12 h, 15 h-18 h) mais fermé mercredi sans prévenir. C'est resté fermé aussi. Classique. J'ai exploré les rues au lieu de ça. Rencontré un menuisier qui réparait des portes en bois dans une petite cour. Il m'a proposé du thé à la menthe. Assis par terre, on a discuté de foot. Lui supportait l'Étoile Filante, je ne connaissais pas. Il a ri.
Les bons plans repérés sur place.
Restaurant La Fontaine à Bobo-Dioulasso : sauce d'arachide maison, cadre local authentique, 2 500 CFA
Marché de Bobo en fin d'après-midi : moins touristique, tissages tissés à main, négociation culturelle garantie
Parc de la Marahoué : 40 km de Bobo, phacochères au lever du soleil, 12 500 CFA par personne
Hôtel Splendid à Ouagadougou : terrasse avec vue partielle sur la ville, accueil sans pression
Trajet en minibus jaune Ouagadougou-Bobo : expérience locale, arrêts imprévisibles, conversations vraies
Photos — Ouagadougou
Et au final.
Le Burkina Faso, c'est pas un décor de carte postale. C'est des routes qui cassent ton minibus, des marchés où tu ne sais pas si tu te fais avoir, une chaleur qui t'écrase après 11 h. Mais il y a une sincérité là-bas, une absence de faux-semblant touristique qui change. Ce qui m'a moins plu : l'infrastructure est fragile, et je ne me suis jamais senti vraiment en sécurité après le coucher du soleil dans certains quartiers de Ouagadougou. Malgré tout, j'y retournerais.








