Comment ça s'est passé.
Je suis arrivée à l'aéroport de Malte vers 14 h, vol Ryanair depuis Marseille. Directement un bus jaune de la ligne 2 direction Valletta : 2 euros, trajet d'une demi-heure dans la chaleur poissante d'août, thermomètre du téléphone affichait 38 °C. Première galère : le chauffeur a refusé mon billet papier acheté à l'aéroport, je ne comprenais rien. Une passagère locale m'a expliqué qu'il fallait un code QR pour être valable. J'ai dû redemander à l'agence, du temps perdu, mais bon. Valletta m'a frappée différemment que prévu. Pas de coup de cœur immédiat. Les ruelles calcaires très étroites, c'est vrai, mais en août elles sont étouffantes et saturées de touristes. J'ai trouvé une chambre au Grand Master's Hostel, 32 euros la nuit, près de la porte principale. Le bâtiment xvi siècle était joli, patio avec fontaine, mais les murs suintaient d'humidité et ça sentait le désinfectant cheap mélangé à quelque chose d'ancien — pas désagréable, juste prégnant. Les trois jours à Valletta et BirguJ'ai passé le lendemain à pied. Le Musée national de Malte (7 euros), il y a des mosaïques romaines incroyables, des armes de chevaliers. Ouvert de 9 h à 17 h, j'y suis restée deux heures. Puis j'ai grimpé à la Co-Cathédrale de Saint-Jean (10 euros) : l'intérieur est baroque agressif, or partout, ça pèse. Le sol dallé de marbres avec des tombes de chevaliers gravées dedans. J'aime bien quand on peut marcher sur les morts, ça situe les choses. Le déjeuner : un sandwich au pastizz à la boucherie Mizzi (2 euros), pâte feuilletée remplie de ricotta ou de viande. J'en ai pris un à la ricotta. Goût salé, texture qui s'émiette, encore du fromage entre les dents à 18 h. Et un café au lait local au Caffe Aurora (2,50 euros), terrasse ombragée qui donne sur la Grand Harbour. Les trois navires de guerre croates ancrés là m'ont fascée vingt minutes. En fin d'après-midi, j'ai pris un ferry pour Birgu (1,50 euros). Petite ville fortifiée en face. J'étais seule sur le bateau à ce moment-là, eau bleu turquoise, c'était agréable. Birgu sent l'humidité des murs côtiers, les vieilles pierres imbibées de sel. Moins touristique que Valletta, les gens se connaissent, les restaurants sur le waterfront font plutôt local. J'ai mangé du poisson grillé avec citron chez Tal-Mazz (18 euros le branzino), pas bon marché mais poisson frais, on sentait l'iode. Comino, Gozo, et la déception du Blue LagoonJour 4 : excursion à Comino et Gozo. Ferry depuis Valletta (12 euros aller-retour). Le Blue Lagoon d'où on doit contempler l'eau translucide, c'est la grande attraction. Réalité : arrivée à 11 h, déjà cent cinquante personnes dans l'eau, un vrai bouillon. L'eau est effectivement claire mais l'endroit est oppressant. Je suis restée une heure, j'ai nagé un peu. L'eau salée brûlait mes petites plaies au pied que je ne savais pas avoir. Gozo en fin d'après-midi, petit village de pêcheurs Xlendi avec un port miniature, falaises ocre. J'ai cherché un restaurant, pris un ftira (pain fourré à la viande) chez une vieille dame en terrasse, 5 euros. Elle m'a parlé en maltais, j'ai hoché la tête, elle a compris que j'étais perdue et m'a indiqué un chemin par gestes. Moment simple, humain. Température encore 35 °C à 17 h. Les plages et SliemaJe me suis déplacée à Sliema, plus côtier, plus jeune. Bus ligne 15 depuis Valletta (2 euros). La Plage de Tigné était correcte mais plutôt rocheuse. Pour me baigner vraiment, j'ai pris un taxi-bateau jusqu'à Golden Bay (8 euros). Là au moins, sable fin, eau tiède, ambiance plus relax. Trois heures de baignade, j'ai lu un livre mauvais que j'avais commencé en vol. Pas de activité de fou, juste du temps. Crème solaire — première fois de ma vie j'ai cuit malgré tout. Le soir même, peau qui tiraille. Dîner à Sliema au Barracuda (prix dans les 25 euros pour un plat, correct). Calamar à la grille, salade maltaise avec tomates. Les gens buvaient beaucoup de bière locale, Cisk, froide et banale. J'ai pris un verre de blanc, pas mémorable. Trois Cités et départAvant de partir, j'ai revisité les Trois Cités : Birgu, Senglea et Cospicua. Un petit ferry traverse entre elles, très touristique mais sincère. J'ai vu des restaurations de navires traditionnels maltais, les luzzu. Peints en bleu et rouge, avec des yeux peints devant. Joli travail artisanal. Vol de retour le jour 9 à 14 h. Bus 2 de nouveau jusqu'à l'aéroport, cette fois plus vide. J'avais des ampoules aux pieds, les cheveux secs du sel, un carnet rempli de croquis de façades. Pas exaltée, mais pas regrettante non plus.
Les bons plans repérés sur place.
Le Blue Lagoon de Comino : prévu pour être idyllique, c'est en réalité un parc aquatique bondé, mais l'eau est vraie
Le pastizz de la boucherie Mizzi à Valletta : 2 euros, pâte feuilletée crémeuse, à manger debout en fin de matinée
La Co-Cathédrale de Saint-Jean : baroque agressif et tombes de chevaliers incrustées dans le sol, fascinant mais écrasant
Le ferry Valletta-Birgu à 17 h : 1,50 euros, bateau vide, vue sur le port militaire, une vraie parenthèse
Xlendi sur Gozo : village de pêcheurs sans frime, petit port, falaises ocre, endroit où on peut descendre de l'estrade touristique
Photos — Valletta
Et au final.
Malte m'a fait voir que les petits pays densément touristiques, c'est fatiguant en août. Les gens sont ouverts, la nourriture est solide mais pas transcendante, et les trois îles se visitent complètement en une semaine. Une chose m'a déçue : le sentiment de surpopulation touristique rend difficile de sentir une vie locale réelle, sauf à Gozo ou les rues latérales de Birgu.








