Comment ça s'est passé.
On a atterri à l'aéroport International Imam Khomeini le 14 mars en début d'après-midi. Vol Turkish Airlines depuis Istanbul, 2h15 de vol. L'air était déjà chaud, genre 22°C, alors qu'on s'attendait au froid. Le trajet en taxi jusqu'à l'hôtel Abbasi a coûté 850 000 rials (environ 20 euros). Le chauffeur écoutait de la musique classique persane, très lancinante, des cordes qui traînent. Ça m'a mis mal à l'aise pendant les 45 minutes. On s'est installés à l'Abbasi vers 16h. L'hôtel regarde directement la Place Royale (Meidan-e Naqsh-e Jahan). Les premiers jours, on se levait à 5h pour voir le lever du soleil frapper les dômes turquoise de la mosquée de l'Imam. C'était vraiment beau, la lumière rasante sur la faïence. Pas de mots qui traînent. Juste du bleu, du rose pâle, puis du jaune. Le souk et la première galère On a traîné au Bazar-e Bozorg (grand bazar) le deuxième jour. Je m'étais imaginé quelque chose d'intense, mais c'était surtout beaucoup de touristes allemands avec des selfie-sticks. On a acheté du safran à 450 000 rials les 3 grammes chez un vendeur qui m'a juré que c'était la meilleure qualité. Probablement pas. L'odeur était très forte, presque chimique, ça rentrait dans le nez. On a aussi goûté du jus de grenade frais à un stand près de l'entrée sud. Pas cher du tout : 30 000 rials. Sucré mais bien. Gros souci le 18 mars : on avait réservé une excursion à Varzaneh (village de l'eau chaude) avec un guide via Airbnb. Le mec n'a pas montré. On a attendu 1h30 devant le Poolside Café dans le sud de la ville, café glacé à 60 000 rials, on transpire, la proprio du café nous regarde bizarrement. Message WhatsApp sans réponse. On a dû annuler et payer la moitié quand même. C'est chiant, ces trucs-là. On a compris après que plein de guides font ça en haute saison. Les ponts et Vank On a vraiment apprécié Pol-e Khaju (le pont Khaju) en fin d'après-midi, autour de 16h. C'était vide, juste quelques couples sur les marches. Les arches se reflétaient dans l'eau, qui avait une teinte grise-vert étrange. On pouvait entendre les voix des gens qui se répercutaient sous le pont. Très calme. On a acheté du thé à la menthe fraîche à un vendeur ambulant en bas du pont : 20 000 rials. Le monastère Vank (cathédrale arménienne) m'a marqué aussi. Les murs intérieurs sont couverts de fresques minuscules, presque photographiques, des scènes de martyre. C'est lourd. Les rayons de soleil passaient par des fenêtres hautes. Le contraste était brutal entre la lumière crue dehors et cette pénombre intérieure avec tous ces visages peints partout. Le gardien, un monsieur d'environ 70 ans, parlait un français hallucinant. Il nous a montré la chambre secrète où les prêtres se cachaient. L'entrée du monastère : 50 000 rials. Nuit du 19 : le restaurant Shahrzad On a mangé au Shahrzad le soir du 19, rue Chaharbagh. Le restaurant donne sur une ruelle pierronne avec des lampes en cuivre partout. On a commandé du Khorovatz Koobideh (brochettes d'agneau haché) pour deux : 420 000 rials. La viande était hyper tendre, marinée avec du safran. Et puis du riz blanc avec du beurre. Simple mais vraiment bon. Le serveur nous a apporté du pain lavash gratuit, tout chaud, qui dégageait de la vapeur quand il l'a posé sur la table. On sentait l'odeur du tandoor (four traditionnel) dans toute la rue. On a aussi visité la Place Royale le soir du 20 mars. Elle était illuminée. Les touristes chinois asiatiques prenaient des photos avec des drones. C'était devenu un peu usine à selfies. Les quatre mosquées autour formaient comme une cage de lumière turquoise et or. Pas d'horaire, c'est ouvert la nuit. Retour sur Téhéran On a pris le bus de Téhéran le 25 mars vers 9h du matin, gare routière Kaveh, compagnie Volvo Bus (leur bus gris-blanc, très confortable). 4h de route, 380 km. Coût : 290 000 rials par personne. On a mangé un sandwich au poulet à l'arrêt de Qom. Pas bon. Sec. La route traversait des terres arides, pas de végétation pendant 200 km. À Téhéran, hôtel Parsian Azadi. Pas loin de la gare centrale (Gare Tehrancentral). On a fait le musée du Tapis pendant deux jours (fermé le lundi, attention). 50 000 rials l'entrée. Les tapis anciens dégageaient une odeur de laine et de poussière. Certains avaient des couleurs qu'on ne voyait plus nulle part : des rouges qui semblaient manger la lumière. On a vu un tapis du 17e siècle avec 800 nœuds au cm². Complètement dingue comme précision. Dernière journée, on a traîné au marché Tajrish à Shemiran. Plus touristique que le bazar d'Isfahan, plus kitsch. On a mangé du fesenjan (poulet aux grenades et noix) chez Darband, petit restaurant familial avec des tables dehors : 250 000 rials. Bon mais pas transcendant.
Les bons plans repérés sur place.
Pont Pol-e Khaju à Isfahan au coucher du soleil (vers 16h30) quand il n'y a presque personne et que tu entends l'eau
Monastère Vank pour les fresques intérieures et la chambre secrète cachée, entrée 50 000 rials
Plage Narmada près de Varzaneh pour se baigner dans l'eau chaude naturelle (1h de voiture d'Isfahan)
Bazar-e Bozorg pour le jus de grenade frais du côté sud, pas la section touristique principale
Musée du Tapis de Téhéran, fermé le lundi, les tapis du 17e siècle avec les détails microscopiques
Photos — Isfahan
Et au final.
L'Iran, c'est plus compliqué que ce qu'on imagine en Europe. Isfahan vaut vraiment le coup pour les ponts et les mosquées, mais le tourisme monte en puissance et ça change la vibe. Les gens sont accueillants mais il faut vérifier deux fois quand tu réserves des trucs en ligne. C'était une bonne expérience globalement, juste moins zen qu'on espérait.








