Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport international Hamad le 2 octobre à 23h45, après un vol Qatar Airways depuis Paris. La clim était tellement poussée dans le terminal qu'on grelottait en T-shirt. Dehors, à minuit, il faisait encore 34°C. Choc thermique garanti. Notre hôtel était le Ritz-Carlton West Bay. La chambre coûtait 280 euros la nuit, bien au-dessus de nos prévisions. Dès le premier matin, levé à 5h30 pour observer le lever de soleil sur la Corniche depuis la terrasse du 24e étage : le ciel était rose fuchsia, surréaliste. Mais honnêtement, après 20 minutes, ça devient juste du rose. Le souk Waqif, c'était notre grosse galère. Nous y sommes allés le 4 octobre, en fin d'après-midi, en taxi Uber (12 QAR soit 3,20 euros). Le vendeur de shawarma à l'entrée nous a presque harcelés pour qu'on achète. L'odeur de viande grillée et de cumin était écrasante, presque étouffante dans la ruelle étroite. Mon conjoint a eu un malaise (trop chaud, trop serré). Nous avons dû nous asseoir au café Barista Coffee 15 minutes. Un cappuccino coûtait 18 QAR (4,80 euros). Pas volé, mais clairement surtaxé pour touristes. Les trois jours suivants, nous avons alterné entre les musées climatisés et les centres commerciaux. Le Musée d'Art Islamique (15 QAR l'entrée, fermé le mardi) est vraiment bien pensé. Les salles sont organisées chronologiquement, et les objets en verre soufflé du 9e siècle sont fascinants. Pas de pédanterie touristique. Nous avons testé deux restaurants. Le premier, Al Mallah dans le souk (fumant, bruyant, authentique), proposait un kébab pour 8 QAR. Le deuxième, Nobu au Doha Marriott, était sternum : sushi à 45 euros la portion, service ultra-blanc, zéro âme. Nous avons préféré Al Mallah, malgré la suée. Le 6 octobre, excursion à Khor Al Adaid (Pearl Island). Nous avons loué un 4x4 chez un petit loueur près de la Corniche (150 euros pour 24h, sans assurance fournie – erreur de notre part). La plage était vide, blanche, le sable fin. Mais l'eau à 32°C, c'est plutôt mou comme baignade. Pas tropical, juste tiède et sans relief. Les transports : les bus publiques (bus numéro 10, 16) coûtent 2 QAR par trajet. Ils sont ponctuels, ultra-modernes, mais nous avons attendu 18 minutes sous un abri climatisé le premier jour. Le métro de Doha (trois lignes, inauguré en 2019) est impeccable. Nous l'avons pris du centre vers West Bay (ligne rouge, 5 stations, 2 QAR). Pas un grain de poussière. Trop lisse pour être vrai. Ce qui nous a le plus frustré : le sentiment d'artificialité constante. Tout est neuf, tout est climatisé, tout est cher. Les Qataris qu'on a croisés ? Très peu, à part les serveurs d'hôtels. Beaucoup d'expatriés, beaucoup de touristes de passage. Pas d'accroche vraie avec le lieu. Le dernier soir, avant notre vol retour (Qatar Airways QR 1, départ 1h du matin), nous avons mangé des dates fourrées au fromage chez un pâtissier près de la Corniche. 3 QAR chacune. C'était sucré, pâteux, mais ça restait le truc le plus proche d'une « vraie » saveur locale. Même pas mal.
Les bons plans repérés sur place.
Musée d'Art Islamique (Corniche) : les salles du 9e-10e siècle, sans foule avant 14h
Souk Waqif : y aller en fin d'après-midi (17h-19h), éviter l'heure de pointe du midi
Khor Al Adaid : louer un 4x4 avec assurance complète, sinon mauvaise surprise
Al Mallah restaurant (souk) : kébab pour 8 QAR, le seul repas pas gonflé en prix
Corniche walk au lever du soleil (5h30) : moins de touristes, température quasi supportable
Photos — Doha
Et au final.
Doha, c'est un monde à part. L'énergie y est lisse, sans poésie, même quand c'est beau. Les prix écrabouillent le portefeuille. À revenir ? Peut-être trois jours lors d'une escale, pas plus. L'été (juin-août) c'est invivable, à cause de la chaleur. Octobre c'est déjà difficile.








