Comment ça s'est passé.
On a atterri à l'aéroport de Cotonou vers 14h30, vol Air Sénégal qui avait deux heures de retard. La chaleur a frappé d'un coup sec en descendant de l'avion : 34 degrés et une humidité qui colle à la peau. Les ventilateurs de l'aéroport tournaient à peine. On a pris un taxi blanc et jaune (couleur locale obligatoire) pour l'Hôtel Mercure Cotonou, situé à Akron, à environ 5 km de là. Le trajet a duré 25 minutes dans les embouteillages classiques de la ville. Chambre propre, climatiseur bruyant, petit-déjeuner correct avec café Béninois qui sentait fort, presque terreux. Les deux premiers jours, on a exploré le marché de Dantokpa : c'est l'un des plus grands marchés du pays, une vraie fourmilière humaine. Odeur d'épices, de poisson grillé, de bois mouillé. On a mangé des aloco (bananes frites) à 500 francs CFA auprès d'une vendeuse près de l'entrée sud, face au petit canal qui stagne. Goût sucré et poivré, c'était bon mais assez lourd. On a aussi visité la Cathédrale de Cotonou, datant de 1934, un bâtiment blanc colonial où il faisait au moins 10 degrés de moins qu'dehors. Moment sympa, calme complet au milieu de la ville. La galère : arrêt de taxi et malentendu sur le prixJour 3, on a tenté le bus local pour aller à Porto-Novo, à 40 km au nord. On a pris la gare routière de Wadata, très chaotique. Un minibus blanc avec « Allah nous guide » écrit en vert sur l'arrière. Le vendeur de tickets a d'abord annoncé 2500 CFA, puis quand on a montré qu'on était étrangers, il a changé le prix à 4000 CFA. On a négocié, il a baissé à 3000. Le trajet a pris une heure et demie au lieu de 45 minutes prévues : panne du climatiseur et arrêt immédiat à un garage informel. Trois gars ont levé le capot pendant qu'on attendait, chaleur insoutenable, on a bu deux Coca en poudre chez un petit restaurant à côté. À Porto-Novo, on a logé au Guesthouse Zinsou, un petit endroit tenu par un ancien mec sympa, Samuel, qui parlait français et un peu anglais. Chambre simple mais honnête, 45 euros la nuit. Samuel nous a recommandé le musée Zinsou, collection privée de peintures contemporaines africaines, installé dans une ancienne maison coloniale. C'était vraiment bien. Peintures vivantes, couleurs dingues. On a aussi visité le palais royal, très abîmé, presque des ruines, mais on sentait encore la grandeur des lieux. Ambiance étrange, un peu triste. La cuisine bénin : piment partoutOn a mangé chez Chez Maman Aïda, un petit resto près de la place, où on a goûté l'akassa (bouillie de maïs, 800 CFA) et le gari (semoule de maïs, piment haché, oignons). Le piment était franchement violent. On l'a senti pendant une heure après. Bière Flag (2500 CFA la grande) pour adoucir. Service très lent mais ça faisait partie du truc. On a attendu 40 minutes les plats mais personne ne stressait, ni nous d'ailleurs finalement. Levée à 5h le dernier matin pour voir le coucher de soleil au Lac Nokoué depuis la plage de Cotonou. Il y avait des pirogues qui se préparaient, des pêcheurs qui remontaient leurs filets. On a mangé un sandwich au jambon-fromage à une petite gargote ouverte très tôt, 1000 CFA. Soleil orange sur l'eau, bruits des cordes qu'on remonte, cris des mouettes. C'était un moment où on était juste là, sans téléphone. Ça manque en voyage normalement. Bilan : le Bénin n'a pas les plages de rêve du Togo voisin ni les structures touristiques du Ghana. C'est moins lisse, moins parfait. Mais honnêtement, ça donne un truc plus vrai. On a croisé peu de touristes. Les gens sont directs, pas toujours sympa par défaut (comme partout), mais respectueux quand on montre de l'intérêt. La nourriture est basique mais savoureuse si on accepte le piment. Les transports sont une aventure à chaque fois. On s'est sentis moins observés que d'habitude en Afrique de l'Ouest.
Les bons plans repérés sur place.
Marché Dantokpa à Cotonou le matin (avant 10h) : défoulement sensoriel, aloco fraîches, ambiance de fou
Musée Zinsou à Porto-Novo : collection de peintures africaines contemporaines dans une belle maison, 3000 CFA
Lac Nokoué au lever du jour, plage de Cotonou : pirogues, pêcheurs, sandwich simple à une gargote locale
Cathédrale coloniale de Cotonou (1934) : climatisation de secours et silence total au cœur de la ville
Palais royal de Porto-Novo : ruines impressionnantes, pas de foule, sensation de temps suspendu
Photos — Cotonou / Porto-Novo
Et au final.
Le Bénin m'a surprise par son absence de paillettes mais sa vraie humanité. Ce n'est pas un pays de cartes postales et c'est peut-être pour ça qu'il vaut le coup. Ma plus grosse déception : on espérait voir les villages lacustres de Ganvié en canoë, mais le prix exigé (80 euros par personne avec un guide bidon) était clairement surcoté pour ce qu'on proposait. On a laissé tomber.
