Comment ça s'est passé.
Arrivée à l'aéroport de Cotonou (Cadjèhoun) un mardi à 14h30 après 8 heures de vol Air Maroc depuis Casablanca. La chaleur a frappé immédiatement : 34°C, humidité collante, odeur mélangée d'essence diesel et de mangues pourries près des taxis. Pas de panique, j'avais repéré l'hôtel Benin Sheraton en amont. Trajets en taxi : 7 500 francs CFA pour 15 km jusqu'au centre-ville, conducteur jovial qui m'a volé 2 500 francs en prétendant que c'était le tarif officiel pour les Européens. Galère n° 1 : acceptée. Cotonou est un choc. Pas la carte postale. Les rues sont troites, encombrées de motos-taxis (environ 1 000 CFA le trajet), de marchands ambulants qui te hèlent à chaque coin de rue, des murs défigurés par l'humidité et la rouille. Le Marché Dantokpa, le plus grand d'Afrique de l'Ouest paraît-il, on y croit : 5 hectares de chaos organisé, le bruit assourdissant des négociations, l'odeur pénétrante du poisson séché et du manioc. J'y suis entré à 7h le mercredi matin pour l'authenticité. Résultat : portefeuille pincé par une foule dense, perte de 50 euros sans même savoir comment. Moment marquant négatif, celui-là. Le vrai intérêt, c'est Ouidah. À 40 km au sud. Bus direct depuis la gare d'Accès (pas de gare centrale, c'est juste un carrefour avec des minibus blancs). Trajet en minibus avec 22 personnes pour 15 sièges, 2h, 1 200 CFA. Ouidah respire autrement. Ville plus lente, moins étouffante. Plage de sable gris, eau pas claire, mais l'atmosphère change. J'ai logé à la Maison Zinsou (auberge locale, 35 euros la nuit, petit déj copieux). Le patron, Hervé, un Français établi là depuis 2008, m'a expliqué l'histoire du lieu sans pédanterie. Le Temple des Pythons et la Porte du Non-RetourTemple des Pythons : entrée 2 000 CFA. Oui, des pythons sacrés vivent dans ce bâtiment exigu. J'ai senti le musc animal, léger mais distinct, dès que j'ai franchi la porte. Une femme âgée (la gardienne) m'a montré les bêtes lovées dans les coins sombres, sans émotion apparente. C'est un lieu de culte, pas un zoo. Respectueux, un peu déprimant. La Porte du Non-Retour : monument sur la plage où étaient parqués les esclaves avant l'embarquement. Mur blanc, simple, environ 10 mètres de large. Aucune musique de fond, aucune reconstitution hollywoodienne. Juste le bruit des vagues, lourd de sens. J'y suis allé seul, fin d'après-midi à 17h. C'est le genre d'endroit où tu réfléchis malgré toi. Pas dramatisé, pas scénarisé. Cru. Nourriture et vie quotidienneRepas typiques : arachide sauce (sauce d'arachide avec légumes et poisson), 2 500 CFA au restaurant La Maison du Cacao, rue de la Plage. Portions énormes. Riz à la tomate, fufu (purée de plantain), attiéké (couscous de manioc). J'ai aussi essayé les beignets de crevettes au marché pour 500 CFA, chauds et salés, vendus par une femme qui criait ses prix. Eau du robinet non potable, évidemment. Bouteille 0,5L = 300 CFA. Bière Flag (bière locale) = 1 500 CFA au bar. Café au lait le matin = 400 CFA, goût léger, café probablement coupé. Moment marquant positif : jour 5, marché aux poissons à Ouidah vers 6h du matin. Pêcheurs qui amenaient le poisson frais, cris, débandade. J'ai parlé avec un jeune pêcheur en français-anglais mélangés. Il m'a donné deux sardines fraîches, m'a montré son bateau de fortune. Pas échanges touristiques convenu, juste une vraie curiosité humaine. On s'est dit au revoir en souriant. Le retour à Cotonou pour les deux derniers jours : musée du Palais Royal (Palais du Roi Ghezo), 2 000 CFA d'entrée, petit mais instructif. Vérandah du Musée des Civilisations est plus vide qu'on l'imagine, des vitrines poussiéreuses mais efficaces. Point noir majeur : l'internet. Bande passante nulle, même avec les cartes SIM locales (Moov ou MTtn). Heureusement, j'avais téléchargé les infos.
Les bons plans repérés sur place.
Marché Dantokpa à Cotonou (ouverture 6h, plus dense le matin avant 8h, vêtements et épices)
Temple des Pythons à Ouidah (accès 2 000 CFA, visite guidée 30 min, allez tôt pour moins de monde)
Porte du Non-Retour, plage d'Ouidah (lever de soleil 6h15 en janvier, plateforme en bois instable mais direct)
Restaurant La Maison du Cacao, rue de la Plage, Ouidah (arachide sauce 2 500 CFA, propriétaire Hervé)
Minibus depuis Cotonou vers Ouidah (2h, 1 200 CFA, départ vers 7h depuis gare Accès)
Photos — Cotonou / Ouidah
Et au final.
Bénin, c'est rude, désorganisé, et franchement pas pour celui qui cherche du confort. Mais Ouidah m'a marqué. Cotonou, moins. À refaire, mais avec plus de prudence sur la sécurité du portefeuille et des attentes moins touristiques.
