Comment ça s'est passé.
Arrivée à l'aéroport de Cotonou vers 14 h 30 avec Air Senegal (décalage horaire d'une heure au-dessus de Paris). Les portes se sont ouvertes directement sur le tarmac, pas de couloir : coup de chaud immédiat, 32 °C malgré la saison sèche. Le trajet jusqu'au centre-ville en taxi blanc (2 500 CFA, soit 3,80 euros) m'a servi de première leçon de circulation béninoise : klaxons constants, motocyclettes entre les voitures, une femme vendait des cacahuètes grillées à chaque feu rouge. J'ai réservé au Novotel Cotonou Orisha, rue des Chefs, pour ses tarifs convenables (89 euros la nuit avec petit-déj). La réception parlait français couramment, mais les ascenseurs étaient en panne les trois premiers jours. Séjourner au 5e étage signifiait 6 escaliers pénibles sous la moiteur béninoise, l'air climatisé ne passait pas bien. J'ai vite compris que le confort occidental était à considérer comme un bonus, pas une garantie. Les marchés de Cotonou et l'inévitable galèreLe Marché Dantokpa, le plus grand marché à ciel ouvert du Bénin, m'attendait le lendemain matin. Levée à 6 h 30 pour éviter la chaleur et la foule de 10 h. Odeur de poisson séché mélangée à celle des tissus neufs en polyester : une combinaison qu'on ne peut pas oublier. Les vendeuses m'ont vendue un pagne (5 000 CFA, 7,60 euros) en me disant que c'était du wax 100 %, ce qui s'est avéré faux dès le lavage. Aucune possibilité de remboursement, j'ai avalé l'arnaque sans protester. C'était un apprentissage : on n'est pas au supermarché, les prix ne sont pas fixes, et les touristes européennes restent les premières cibles. Mais le marché offrait aussi du beau. J'ai mangé des aloco (bananes frites) chez une femme sans enseigne, vers 7 h 15. Elle les préparait à la main, les friture croustillante, sauce d'arachides chaude servie dedans, 500 CFA (0,75 euro). Son enfant de trois ans jouait avec une vieille capsule de bière pendant qu'elle cuisinait. Moment simple, sans spectaculaire, mais honnête. Ganvié, le village sur l'eauExcursion à Ganvié le troisième jour. Départ à 6 h 15 depuis l'agence touristique Bénintrip (à côté de la Cathédrale de Cotonou), en minibus Renault Master surpeuplé avec 12 personnes pour 8 places théoriques. Route jusqu'à Abomey-Calavi (45 minutes), puis embarcation à moteur sur la lagune. L'eau était grise-brun, pas translucide. Le bruit du moteur a chassé tous les oiseaux. Les cases sur pilotis formaient des îlots compacts, pas le paradis insulaire qu'on imagine depuis Paris. Déjeuner chez une femme qui servait du poisson à la sauce tomate avec du riz blanc (8 000 CFA, 12,20 euros). L'assiette était grasse, généreuse, savoureuse. En revanche, l'accueil s'adressait surtout au portefeuille : dès qu'on refusait de prendre une photos avec les enfants, l'ambiance refroidissait rapidement. Ganvié reste un lieu de vie réel, pas un parc à thème, et cette vérité était parfois inconfortable. Abomey et ses murs royauxVisite du Palais Royal d'Abomey une journée complète (entrée 4 000 CFA, 6,10 euros, tarif réduit français). Bâtiments en terre restaurés, musée où les guides (payés à la commission des entrées) exagéraient sans honte. Un guide m'a dit que le roi avait 200 épouses : honnêtement, je n'ai pas su vérifier. Les bas-reliefs des façades racontent l'histoire de Béhanzin, le dernier roi indépendant. Aucune clim, intérieur poisseux à 36 °C à 11 h 30. Le bus retour pour Cotonou (bus blanc de la compagnie Rimtram, 2 500 CFA) s'est arrêté une heure sans explication, finalement une crevaison réparée au bord de la route en plein soleil. Ouidah et le port négrierOuidah, à une heure de Cotonou en direction de la côte. Visite du Musée d'Ouidah et du Fort Français (3 000 CFA), structures coloniales où l'atmosphère pèse. Les murs vous rappellent simplement ce qui s'y est passé. Pas de dramatisation touristique, juste la présence des lieux. Balade sur la Plage d'Ouidah en fin d'après-midi : sable rougeâtre, eau très chaude (29 °C), quelques pêcheurs tirant des filets. Repas au restaurant Chez Dédé (poisson grillé, 6 500 CFA, 9,90 euros), terrasse non climatisée face à l'océan. Vent de mer agréable au coucher du soleil vers 18 h 45. Derniers jours consacrés au repos, flânerie dans les rues de Cotonou, visite de petits cafés sans touristes. Café au Caméléon café (rue du Gouverneur, 300 CFA le petit noir). Les gens sont bavards, curieux, pas hostiles mais pas particulièrement chauds non plus. Relation commerciale, honnête, sans faux-semblants.
Les bons plans repérés sur place.
Marché Dantokpa (Cotonou) — arriver à 6 h 30, aloco chez la vendeuse sans enseigne près de l'entrée sud
Palais Royal d'Abomey — bas-reliefs du roi Béhanzin, 4 000 CFA, apporter beaucoup d'eau
Ganvié en minibus Renault Master depuis Bénintrip (Cotonou) — départ 6 h 15, poisson à sauce tomate chez une habitante
Chez Dédé, Ouidah — poisson grillé face à la plage rouge, 6 500 CFA, coucher de soleil vers 18 h 45
Novotel Cotonou Orisha (rue des Chefs) — petit-déj compris, ascenseurs souvent en panne, vérifier avant
Photos — Cotonou
Et au final.
Le Bénin n'est pas une destination qui remonte des images de carte postale dans ma mémoire. C'est une expérience plus crue, où le réel prime sur la nostalgie marketing. Les gens sont pragmatiques, la chaleur est punitive, les routes cahoteuses. Mais il y a aussi de la générosité, de la curiosité, et une certaine franchise qu'on perd en Occident. Je reviendrais, mais en acceptant l'inconfort plutôt que de le combattre.








