Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport international Gbessia de Conakry un mardi matin vers 9 h 30, après une correspondance éprouvante à Dakar. À la descente de l'avion, une vague de chaleur humide nous a frappés – 31 degrés avec l'hygrométrie qu'il faut. Les formalités à la douane ont traîné 45 minutes, un douanier voulait un billet de retour imprimé en deux exemplaires (on n'en avait qu'un). Finalement réglé avec le sourire et 5 euros glissés discrètement. Le taxi jusqu'à l'Hôtel Camayenne, en bordure de la baie, nous a coûté 80 000 francs guinéens (environ 9 euros). Le chauffeur, Ibrahima, a raconté sa vie sur 30 minutes : trois enfants, un cousin à Montpellier, les tarifs d'essence qui grimpent. L'hôtel lui-même est une vieille dame des années 1970 – climatisation capricieuse, mais la terrasse surplombe vraiment l'océan Atlantique. On voit les pêcheurs partir avant l'aube avec leurs pirogues rouges et jaunes. Jour 2 : le marché Kindia et la galère des faux billetsLevés à 6 h 30, nous avons exploré le marché Kindia, le grand marché de Conakry. Dès l'entrée, l'odeur d'épices mélangée aux poissons séchés nous a pris à la gorge – pas désagréable, mais intense. Les vendeurs criaient les prix. Un plateau de mangues : 15 000 FG. Des cacahuètes grillées en sachet : 3 000 FG. Nous avons acheté des fruits, discuté avec une vendeuse de feuilles de manioc (du banga) qui préparait son étal depuis 4 h du matin. Moment marquant : elle nous a offert deux bananes plantain cuites sans raison, juste comme ça. Leur goût sucré et farineux était réconfortant. En fin d'après-midi, événement contrariants : à la gare routière de Coléah, on a essayé de nous refiler des faux billets de 50 000 FG lors d'un achat de tickets de bus pour Kinkon (île de destination). Nous avons reconnu le truc – le papier trop lisse, le hologramme flou. Cinq minutes d'explication au vendeur, puis les vrais billets. Climat tendu. Lesson learned : vérifier la monnaie immédiatement. Île de Kinkon : trois jours de déconnexion relativeLa traversée en pirogue motorisée jusqu'à l'île de Kinkon a duré 45 minutes. Le moteur toussait régulièrement, le trajet ressemblait à un manège aquatique. Salt spray dans la figure, le bruit du moteur qui rivalise avec les cris des pêcheurs. Petite île avec une résidence touristique très basique : « Les Cabanes de Kinkon ». Douches froides garanties, mais la bière Castel bien fraîche au bar (2 500 FG la bière). Nous avons passé deux jours à ne rien faire, marcher sur le sable noir de l'île, observer les hérons. Un pêcheur local nous a vendu du poisson frais 25 000 FG, grillé sur un feu de brindilles. Texture de chair blanc nacré, goût de sel naturel. Moment de paix absolu jusqu'à ce qu'un groupe de touristes belges arrive et brise le silence avec leurs éclats de rire. Conakry : restaurant, musée, réalitéRetour à Conakry le dimanche. Nous avons dîné au restaurant Le Palais de Guinée, rue de la Corniche. Plat phare : le riz gras (riz blanc avec sauce tomate, viande et légumes), 18 000 FG. Pas mal, un peu gras, exactement ce qu'il faut. Le patron, Seydou, nous a montré des photos de son fils au Canada. L'ambiance du restaurant : trois ventilateurs qui faisaient du vent chaud, des nappes usées mais des serviettes en tissu. Réaliste, pas commercialisé. Lundi, musée national de Guinée avenue de la République. Entrée 15 000 FG. Le guide, Kofi, parlait anglais approximatif mais bien connu. Masques Soussou, tambours traditionnels, objets du XIXe siècle. Deux salles seulement, pas climatisé, affichage en français et en anglais seulement (pas d'espagnol, pas de chinois). Collection intéressante mais présentée sans vraiment de contexte. Kofi avait 60 ans, travaille là depuis 1998. Gratifié 10 000 FG le guide à la fin – il en était content. Retour et bilan réalisteAvant de partir, nous avons pris un café au bar du lobby de l'hôtel, « Le Sunset ». Espresso tiré d'une machine italienne de 2005, pas bon mais chaud. Nous avons parlé avec deux routards suédois qui restaient 3 mois en Guinée pour des raisons que je n'ai pas bien saisies. Le vol retour, à 14 h 15 via Royal Air Maroc, a décollé avec 2 h 30 de retard. Surchauffe de moteur. Petite agitation à bord. Frustrant.
Les bons plans repérés sur place.
Marché Kindia de Conakry : y aller tôt (avant 8 h), négocier les mangues, goûter les cacahuètes grillées locales vendues en petits sachets par Aïssatou
Île de Kinkon via pirogue depuis gare routière Coléah : pause déconnexion 2-3 jours, poisson grillé frais le soir
Restaurant Le Palais de Guinée rue de la Corniche : riz gras réel, pas pour touristes, 18 000 FG le plat
Musée national avenue de la République : petit mais collection authentique de masques, 2 h suffisent, guide Kofi disponible
Terrasse de l'Hôtel Camayenne au coucher du soleil : bière Castel à 2 500 FG, vue sur baie, pêcheurs au loin
Et au final.
La Guinée, Conakry surtout, ne se laisse pas découvrir en 10 jours. On graffe les surfaces : les marchés sont vivants mais chaotiques, les gens généreux et pragmatiques, les infrastructures tourristiques sommaires. L'île de Kinkon vaut le coup pour décompresser, mais la ville elle-même demande plus de temps et peut-être de connaissances avant d'y aller. On reviendrait, mais mieux préparé, avec un budget un peu plus généreux.







