Comment ça s'est passé.
Arrivée le matin à l'aéroport Grantley Adams vers 9 h 30. Pas de file d'attente à l'immigration, contrairement à ce qu'on redoutait. Le chauffeur de taxi Darren m'a chargé 35 BBD (dollars de la Barbade, soit environ 17 euros) pour rejoindre le centre-ville — un tarif honnête finalement, comparé aux 50 BBD qu'on m'avait laissé entendre. La route serpente à travers des champs de canne à sucre très secs ; on sent déjà l'air salé de l'Atlantique. J'ai logé à la guest house Sugar Reef sur Bay Street à Bridgetown : 85 USD la nuit pour une chambre double avec balcon, petit déjeuner inclus (œufs avec maïs bouilli, toast beurre, café watery). Le proprio, Conrad, propose aussi des cours de windsurfing. Les murs sont jaunes pâle, repeints tous les deux ans paraît-il à cause de l'humidité marine qui bouffe la peinture. Les nuits, on entend les vagues contre le mur est du bâtiment. Premier jour : je me suis perdu en essayant de rejoindre le marché de Bridgetown — Cheapside Market, situé entre Broad Street et Swan Street. Pas de panneaux clairs, personne ne parlait anglais assez distinctement pour que je comprenne les directions. Après 45 minutes de marche sous 31 °C, j'y suis arrivé. L'odeur des poissons fumés m'a pris à la gorge immédiatement : une sorte de bois de cèdre brûlé mélangé à du sel iodé. Les vendeurs vendent des calaous rouges (un poisson local), des piments Scotch Bonnet, des mangues vertes à 3 BBD l'unité. J'ai goûté un jus de canne à sucre frais préparé devant moi : 5 BBD, sucré sans excès, avec de la glace râpée. La plage de Carlisle Bay, à 15 minutes à pied du centre, m'a déçu le premier jour. Le sable est gris-brun, pas blanc turquoise comme sur les photos. Les bateaux marchands ancrés à l'horizon créent une ambiance portuaire plutôt qu'idyllique. Mais le lendemain, j'ai pris le bus n° 1 en direction de la côte sud (Bridgetown-Oistins, tarif 3 BBD) et c'est là que j'ai compris. À Oistins, les plages sont vraiment différentes : sable plus blanc, eau tiède à environ 28 °C en janvier. J'ai passé trois jours près d'Oistins pour profiter de Oistins Bay Fishing Village. Le vendredi soir, c'est devenu une sorte de street food festival : les pêcheurs vendent leurs prises du jour grillées directement sur des barbecues en acier. J'ai mangé une assiette de maquereau entier (flyingfish, en réalité) grillé avec salade de chou, pour 18 BBD. La chair était ferme, un léger goût de sel de la mer. Tableaux vivants de pêcheurs radotant en créole, femmes qui crient les prix, enfants qui jouent au football entre les étals. Excursion en catamaran avec Atlantis Adventures (115 USD par personne, départ à 9 h du quai de Bridgetown). Le bateau, le Atlantis III, plonge 40 mètres sous l'eau via un hublot sous-marin. Temps d'attente : 45 minutes sur le pont avant le départ — j'aurais peut-être dû arriver 30 minutes plus tôt. À l'intérieur, une trentaine de touristes, l'air climat à peine frais. On a vu des dauphins à l'horizon (pas de nage avec eux, c'était faux dans la description) et quelques bancs de poissons tropicaux. Honnêtement ? C'était un peu touristique-plastique, mais les enfants autour de moi trouvaient ça spectaculaire. Visite du Garrison Historic Area : ancien complexe militaire du 17e siècle. Entrée 15 BBD. Les bâtiments sont repeints régulièrement. J'y ai découvert une église en pierre, une caserne restaurée, un petit musée sans beaucoup d'objets. La guide Lorraine m'a parlé des canons, de la Barbade sous domination britannique, des esclaves qui ont bâti ces murs. Ça fait silence, là. Rhum local : j'ai goûté le Mount Gay — distillerie fondée en 1703, encore en activité. Visite guidée 20 USD. Le rhum blanc sec à 40° sentait l'alcool et la canne fermentée. Un verre offert à la fin, on l'a dilué avec un peu d'eau. C'est correct, pas transcendant. Les touristes anglais autour de moi trouvaient ça merveilleux. Peut-être que j'aime pas le rhum, voilà tout. Moment marquant : un dimanche matin, vers 5 h 45, j'étais seul sur la plage près de Sugar Reef. L'eau est restée noire, puis grise pâle, puis turquoise clair en moins d'une heure. Les pélicans plongeaient juste au-delà de la zone de baignade. Pas un son hormis l'eau. On se sent petit. Difficultés rencontrées : retard d'une heure du bus pour Speightstown (côte nord) ; arnaque légère chez un vendeur de souvenirs à Bridgetown (colliers en corail artificiel présentés comme naturels, prix gonflé). Aussi, une panne d'électricité de 3 heures à la guest house un mercredi soir — rien de grave, juste chaud.
Les bons plans repérés sur place.
Oistins Bay Fishing Village le vendredi soir — grillades de poisson du jour directement chez les pêcheurs, 18 BBD l'assiette
Cheapside Market de Bridgetown — jus de canne à sucre frais préparé sur le moment, odeur intense de poissons fumés
Garrison Historic Area — musée modeste mais bien restauré, 15 BBD, guide locale compétente
Plage de Carlisle Bay au lever du soleil — très peu de monde avant 6 h 30, eau calme et pélicans de chasse
Catamaran Atlantis III — 115 USD mais 45 minutes d'attente avant départ, hublot sous-marin passable
Photos — Bridgetown
Et au final.
Dix jours bien remplis. La Barbade, c'est moins « rêveur » qu'on l'imagine, mais les gens sont avenants, la nourriture locale authentique, et les couchers de soleil valent le détour. J'aurais aimé passer plus de temps à la campagne intérieure — j'ai surtout vu les zones touristiques. Je reviendrais, mais avec un véhicule loué pour explorer Bathsheba à l'est.
