Deux semaines entre Ispahan et Yazd : le choc des bazars et l'silence du désert
CarnetIran202614 jours

Deux semaines entre Ispahan et Yazd : le choc des bazars et l'silence du désert

On a atterri à Ispahan un mercredi matin après un vol Air France avec correspondance à Istanbul. L'aéroport international Imam Khomeini était bondé, les files d'attente aux douanes ont pris deux heures. J'ai commencé…

MA
Publié le · mis à jour le
14 jours1 album4/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

On a atterri à Ispahan un mercredi matin après un vol Air France avec correspondance à Istanbul. L'aéroport international Imam Khomeini était bondé, les files d'attente aux douanes ont pris deux heures. J'ai commencé par stresser sur les formalités, mais les officiers ont finalement été rapides et courtois. On a pris un taxi depuis l'aéroport (environ 800 000 tomans, soit 25 euros pour les deux) jusqu'à l'hôtel Abbasi, un ancien caravansérail transformé en boutique-hôtel dans le cœur historique. La chambre avec vue sur la cour centrale coûtait 120 euros la nuit. L'odeur de l'encens de rose et l'eau qui cascade du petit bassin au centre nous ont immédiatement plongés dans une atmosphère loin de la France. Le bazar d'Ispahan, c'est l'épreuve. On s'y est lancés naïvement un jeudi matin vers 9 h 30. Les marchands qui vendent les tapis persans aux touristes nous ont suivis pendant deux heures. Un homme a litteralement fermé la porte de sa boutique derrière nous en prétendant que c'était une visite « gratuite et sans obligation ». On a dû négocier sec pour sortir. Le thé qu'il nous a offert était sucré à mort, la température dehors grimpait à 38 degrés, et on commençait à sérieusement regretter notre naïveté. Finalement on s'en est tiré avec un petit tapis pour 80 euros et beaucoup de frustration. Le pont Khaju, lui, valait vraiment le coup. On y est allé en fin d'après-midi vers 17 h, et l'eau du Zayandeh était tellement basse qu'on voyait à peine quelques mares. Mais les familles iraniennes qui pique-niquaient sous les arches, les enfants qui couraient partout, cette vie de quartier ordinaire m'a touché bien plus que n'importe quel monument figé. On a mangé de la barbouille (un kebab très épicé) à un petit restaurant collé au pont pour environ 3 euros par personne. Trop épicé pour ma femme, mais moi j'aimais bien cette sensation de feu qui montait jusqu'à la gorge. On a pris un bus local le lendemain direction Yazd. La compagnie Kavosh Travel proposait des trajets réguliers (départ 6 h 30, arrêt à Naïn vers 9 h pour 50 minutes). Les sièges étaient étroits, l'air climatisé dysfonctionnait par à-coups. On était crevés en arrivant, mais le trajet lui-même traversait des paysages de montagne désertique qui valaient vraiment le détour. Yazd, c'est le contraste absolu. Moins de touristes, une ville de terre cuite et de vieux murs. On a logé à la maison d'hôtes Silk Road, une ancienne demeure noble convertie en guesthouse (60 euros la nuit avec petit déjeuner). Le responsable, Reza, parlait français et nous a conseillé directement : « Évitez le samedi, beaucoup de touristes organisés. » On a suivi son conseil et on est allés aux tours du silence (anciens lieux d'exposition des morts zoroastriens) mardi matin en compagnie de Reza lui-même. La sensation de gravité là-bas était étrange. Ces tours vides sous le soleil brûlant, aucun son, juste le vent et la sécheresse qui vous assèche la gorge en quelques minutes. Pas de « beauté sacrée » hollywoodienne : juste de l'absence, de l'oubli, et une certaine mélancolie honnête. On a goûté le saffron glacé (faloudeh) au café Kafe Kolbeh, face au bazar couvert. Le goût était très sucré, avec des notes florales du safran, mélangé à de la glace grossière. Trois euros pour deux. Le serveur nous a parlé pendant 20 minutes de politique en français cassé, ce qui m'a un peu mis mal à l'aise. Retour à Ispahan en bus le dimanche. On a raté notre correspondance de 45 minutes parce que le chauffeur du premier bus avait un pneu dégonflé à mi-route (vraie galère). On s'est retrouvés à attendre trois heures dans une petite ville de province, à boire du chai horrible dans un café routier poussiéreux. Mais on a fini par prendre le bus suivant, et l'agence nous a remboursé sans discuter. Les derniers jours, on s'est baladés à pied dans les ruelles d'Ispahan, sans but précis. Les portes bleues et turquoise des maisons anciennes, les petits restaurants cachés où les Iraniens mangent leur khorovesh (ragoût) sans penser aux touristes. On a découvert un resto sans enseigne en passant par hasard : le Traditionel Persian House, où la mère cuisinait en direct dans la cour et nous a servi un khorovesh de grenade et agneau absolument délicieux pour 5 euros. C'était sans doute notre meilleur repas du voyage.

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Album · 10 photos

Photos — Ispahan et région centrale

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Conclusion

Et au final.

L'Iran, c'est un pays qui ne cherche pas à te plaire facilement. Les arnaqueurs de bazars, la chaleur suffocante, les retards de bus, les petites tensions avec certains touristes, ce n'est pas vendeur. Mais les gens, la nourriture quand tu la trouves vraie, le silence du désert et cette sensation d'être vraiment ailleurs : ça, ça reste. Je reviendrais, mais avec des préparatifs meilleurs et moins de naïveté.

En résumé

Avis Ispahan et région centrale : carnet de voyage de 14 jours par marclyon42

Destination
Ispahan et région centrale →
Pays
Iran →
Durée
14 jours
Période
novembre · Automne
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@marclyon42 →
Questions fréquentes

FAQ — Ispahan et région centrale

Quand partir à Ispahan et région centrale ?

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Quel budget prévoir pour 14 jours à Ispahan et région centrale ?

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Que faire à Ispahan et région centrale ?

Découvrez les visites, activités et bonnes adresses partagées dans ce carnet. La page « Ispahan et région centrale » regroupe l'ensemble des carnets, hôtels et avis de la communauté Vacanceo sur cette destination.

Combien de jours pour visiter Ispahan et région centrale ?

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Comment se rendre à Ispahan et région centrale ?

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