Isfahan et ses mystères : 10 jours entre bazars suffocants et palais secrets
CarnetIran202610 jours

Isfahan et ses mystères : 10 jours entre bazars suffocants et palais secrets

On arrive à l'aéroport Imam Khomeini de Téhéran un mardi matin, après 5h de vol avec Iran Air. La première chose qui nous frappe : l'odeur de diesel et de frite flottant dans le hall des arrivées, même avant de passer…

MA
Publié le · mis à jour le
10 jours4/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

On arrive à l'aéroport Imam Khomeini de Téhéran un mardi matin, après 5h de vol avec Iran Air. La première chose qui nous frappe : l'odeur de diesel et de frite flottant dans le hall des arrivées, même avant de passer la douane. Mon compagnon me chuchote que c'est déjà l'Iran. Quelques heures plus tard, on prend un bus intercités de la compagnie Volvo Safahat vers Isfahan, 4h30 de route, 850 000 rials par personne (env. 20 euros). Le bus roule vite, trop vite, le chauffeur dépasse les camions en zigzag. On s'endort contre la fenêtre, terrorisés et amusés à la fois. Isfahan nous accueille sous 32°C. On descend à la gare routière d'Abassi et on prend un taxi jusqu'à notre guesthouse, Maison Kianshahr, rue Chaharbagh, juste à côté du pont historique. Le proprio, un homme de 60 ans avec un sourire décalé, nous met dans une chambre avec vue sur la cour intérieure, carrelage bleu Klein, fontaine qui coule lentement. Il nous prépare du thé à la rose et des biscuits au miel. C'est là qu'on comprend qu'on va bien manger, et beaucoup. Bazars et sens en alerteLe premier jour, on se jette dans le Bazar Honar, le grand marché couvert du centre-ville. On y va en fin d'après-midi pour éviter la foule. C'est une mauvaise idée : on croise quand même 2000 personnes en même temps. L'endroit sent la cumin, le safran, la moutarde poivrée. Les épices sont en piles hautes de 1 mètre. Un vendeur nous propose du safran de Khorasan, « le meilleur du monde » (cliché, mais il n'a pas tort) : 2 grammes pour 180 000 rials. On en prend un peu, c'est dense, sucré, presque terreux en bouche. Plus loin, on trouve des noix, des pistaches, des dattes farcies au fromage blanc. Les prix affichés sont une blague : il faut négocier. On paie toujours trop cher, mais on paie moins qu'au début. Jeudi matin, levé à 5h pour voir le pont Khaju au lever du soleil. On croise des joggers en survetement qui nous saluent. Le pont est vide, l'eau du fleuve Zayandeh est rose pâle. Quelques hérons pêchent. C'est calme, vraiment calme. On boit un café au Café Soraya juste à côté, sur la terrasse, assis sur des coussins rapiécés. Le café est serré, sucré, presque trouble. 12 000 rials la tasse. Le moment où on s'est fait avoirSamedi après-midi, on veut visiter le Palais de Chehel Sotoun, fermé le jour même (erreur Google Maps, d'après le gardien). On croise un type qui nous propose de nous conduire au « vrai palais caché, celui que les touristes ne connaissent pas ». On le suit avec enthousiasme. Après 20 minutes en voiture, il nous dépose devant une maison ordinaire, fermée. Il dit que le propriétaire est « presque prêt » à nous recevoir. On attend 45 minutes. Rien. On paie quand même 200 000 rials (50 euros) pour l'« arrangement » et on repartir furieux. On apprendra plus tard que c'était une arnaque classique ciblant les Occidentaux. Dingue. On compense en allant au restaurant Jey, une vraie ruelle cachée derrière la place Naghsh-e Jahan. Les murs sont jaunes, les tabourets en plastique bleu. On mange du khoresht fesenjan (ragoût de grenade et noix) avec du riz qui colle juste comme il faut. Un assiette pour 65 000 rials. C'est quelques heures avant de se coucher qu'on réalise : le goût de grenade acide, les miettes de noix, c'était la meilleure chose depuis le début du voyage. Les murs parlentLa place Naghsh-e Jahan est massive. On la voit sur les cartes postales, mais en vrai, c'est étrange : c'est vide et surpeuplé en même temps. Les mosquées bleues reflètent le soleil sur vos yeux. On entre dans la mosquée du Shaah et on doit enlever nos chaussures. L'endroit sent l'encens et la poussière de marbre. Les dômes résonnent avec les pas des 50 touristes qui traînent. Un groupe de filles iraniennes sans hijab (juste un foulard lâche) photographie tout. L'ambiance est hybride, pas religieuse, presque touristique. Restaurant Sofeh, rue Chaharbagh : riz aux herbes, brochettes de poulet, jus de grenade frais. 80 000 rials. Service lent mais souriant.Hammam Qachan : ancien bain, rénové récemment. Eau chaude à 45°C, carrelage blanc, miroir embué. 50 000 rials. Moment détente après 3 jours de taxis.Marché aux tapis, près du pont Si-o-Seh : on a passé 2h sans rien acheter. Vendeur qui nous offrait du thé sans relâche. On a fini par acheter un petit tapis pour 800 000 rials (200 euros) juste par pitié. C'est joli, mais on l'a payé trop cher.Dernière nuit, on retourne à la guesthouse. Le propriétaire nous sert un fesenjan maison avec du poisson. On paye à peine 60 000 rials par personne. Il nous parle de sa fille qui vit à Lyon. Il demande « ça va bien, la France ? » avec une inquiétude sincère. On lui dit que oui. On boit du thé à la cardamome en silence, regardant la cour bleu Klein s'obscurcir.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Pont Khaju au lever du soleil (5h du matin, hérons, calme total)

2

Bazar Honar en fin d'après-midi pour les épices (safran à 180 000 rials, négocie fermement)

3

Restaurant Jey pour le khoresht fesenjan (65 000 rials, ruelle jaune cachée, goût de grenade acide)

4

Place Naghsh-e Jahan en milieu de journée (foule contrôlée, lumière bleue des mosquées)

5

Hammam Qachan pour se détendre (50 000 rials, eau chaude, 45°C, carrelage blanc)

Conclusion

Et au final.

Isfahan nous a offert des moments vrais, des saveurs qu'on va regretter, et quelques galères qu'on raconte en riant maintenant. C'est un voyage qui fatigue (la chaleur, le décalage, les transports mal organisés), mais qui laisse une marque profonde. On reviendrait, mais on ferait davantage confiance à nos plans au lieu de suivre des étrangers bienveillants.

En résumé

Avis Isfahan : carnet de voyage de 10 jours par mariefromlyon

Destination
Isfahan →
Pays
Iran →
Durée
10 jours
Période
novembre · Automne
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@mariefromlyon →

Photos communautaires : Isfahan

?
Iran - Isfahan
Iran - Isfahan
© Héctor Montero
Isfahan, Iran
Isfahan, Iran
© Ninara
Isfahan, Iran
Isfahan, Iran
© Ninara
Isfahan, Iran
Isfahan, Iran
© Ninara
Isfahan, Iran
Isfahan, Iran
© Ninara
Isfahan, Iran
Isfahan, Iran
© Ninara
Isfahan, Iran
Isfahan, Iran
© Ninara
Isfahan, Iran
Isfahan, Iran
© Ninara
Questions fréquentes

FAQ — Isfahan

Quand partir à Isfahan ?

Ce voyageur est parti en novembre (automne). Consultez la fiche climat de Isfahan (Iran) et les autres carnets de la communauté pour comparer selon la saison souhaitée.

Quel budget prévoir pour 10 jours à Isfahan ?

Le budget dépend du standing (camping / hôtel / location), de la saison et du voyagiste. Lisez le récit complet ci-dessus pour les détails dépensés par ce voyageur, puis comparez avec les autres carnets de Isfahan.

Que faire à Isfahan ?

Découvrez les visites, activités et bonnes adresses partagées dans ce carnet. La page « Isfahan » regroupe l'ensemble des carnets, hôtels et avis de la communauté Vacanceo sur cette destination.

Combien de jours pour visiter Isfahan ?

Ce voyageur a passé 10 jours sur place. Selon votre rythme et vos centres d'intérêt, comptez plus ou moins. Comparez avec d'autres carnets de Isfahan pour ajuster.

Comment se rendre à Isfahan ?

Vol, voiture, train : le mode de transport choisi par ce voyageur est mentionné dans le récit. Consultez notre comparateur de vols et les carnets de la communauté pour les itinéraires les plus pratiques.