Deux semaines à Ispahan et Persépolis : entre bazars étouffants et ruines majestueuses
CarnetIran202614 jours

Deux semaines à Ispahan et Persépolis : entre bazars étouffants et ruines majestueuses

On a débarqué à l'aéroport international d'Ispahan Shahid Beheshti un jeudi matin vers 7 h 30, complètement décalés. Le taxi qui nous a pris jusqu'à l'hôtel Abbasi (chambre 312, vue sur le Zayanderuod) coûtait 400 000…

MA
Publié le · mis à jour le
14 jours1 album4/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

On a débarqué à l'aéroport international d'Ispahan Shahid Beheshti un jeudi matin vers 7 h 30, complètement décalés. Le taxi qui nous a pris jusqu'à l'hôtel Abbasi (chambre 312, vue sur le Zayanderuod) coûtait 400 000 rials, soit environ 10 euros. Le chauffeur ne parlait pas un mot d'anglais, et on s'est retrouvés à montrer des photos Google Maps au pauvre mec pendant 40 minutes. Ispahan, c'est d'abord cette odeur omniprésente de diesel et d'épices qui vous prend à la gorge dès qu'on sort de l'hôtel. On a passé les trois premiers jours à tourner autour de la place Naghsh-e Jahan, la plus grande place du monde paraît-il. Le Palais Ali Qapu se dresse là, massif, avec ses fresques fanées aux murs. On y est allés tôt le matin vers 6 h pour éviter la cohue, mais même à cette heure, des groupes de lycéens traînaient avec leurs téléphones. Le bazar d'Ispahan, c'est un cauchemar organisé. On s'est perdus pendant deux heures dans le souk du bazar-e Qeysariyeh. L'air y est tellement saturé qu'on respirait à peine. Les vendeurs de tapis nous criaient dessus à chaque mètre : « Ami, ami, regarde mon tapis ! » On s'est finalement arrêtés chez un marchand de safran, rue Chahar Bagh, qui nous a fait goûter un vrai safran iranien à 2 millions de rials les 5 grammes (50 euros). Le goût était intense, presqu'amer, rien à voir avec ce qu'on achète en France. On n'a pas acheté. La Mosquée Royale (Masjed-e Shah) nous a vraiment surpris. Les carreaux bleus qui couvrent le dôme, c'est un détail qui saute aux yeux de loin, mais une fois dedans, c'est l'acoustique qui frappe : nos pas résonnaient comme dans une cathédrale. Le vendredi, on y était vers 14 h, et la prière de midi venait de commencer. Un homme nous a gentiment indiqué la section réservée aux femmes. On n'est pas rentrés par respect. On a loué une voiture le dimanche avec un chauffeur du nom d'Amir pour la journée (150 euros pour 10 heures) pour aller jusqu'à Persépolis. C'est à 70 km de Chiraz, une autre ville. Le trajet a duré 2 h 30 au lieu de l'heure annoncée parce qu'on s'est arrêtés deux fois à des petits restaurants routiers. On a mangé du khorovash (ragoût d'agneau) accompagné de riz pour 80 000 rials (2 euros). Persépolis, les ruines du palais des Achéménides, c'est immense, mais aussi étrangement silencieux. On a grimpé jusqu'aux hautes terrasses vers 16 h, et le soleil rasant illuminait les reliefs de la pierre. Amir nous a expliqué l'histoire en persan approximatif. Une vraie chance d'avoir un chauffeur : seul, on aurait raté les détails des bas-reliefs. La nourriture locale, on l'a testée partout. Le fesenjan (ragoût de grenade et noix) au restaurant Shahrzad, face à la place Naghsh-e Jahan, coûtait 180 000 rials (4,50 euros) et c'était sucré-salé, assez bizarre pour nos palais français. Le thé à la menthe dans les petits cafés aux alentours était inclus, gratuit, servi dans des verres en verre si chaud qu'on pouvait à peine les tenir. On a pris le bus local vers Kashan, une petite ville à 200 km. Le bus Safaei partait de la gare routière ouest vers 6 h 30 du matin, et on n'a trouvé nos places qu'au dernier moment. Le ticket : 120 000 rials. On s'est endormis, et on s'est retrouvés à Kashan deux heures plus tard, complètement sonnés. On a visité les jardins de Fin (Bagh-e Fin), des bassins entourés de cyprès millénaires, et c'était l'un des rares endroits où on a senti de l'air frais. Le point noir du voyage : le dernier jour à Ispahan, notre hôtel nous a annoncé qu'il y avait un problème avec notre réservation. On s'est retrouvés surclassés dans une suite à 150 euros de plus. On n'avait pas le choix, c'était ça ou chercher un autre hôtel à la dernière minute. On a payé sans discuter, complètement frustrés.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Place Naghsh-e Jahan à Ispahan le matin avant 7 h, vue sur le Palais Ali Qapu et le reflet dans le bassin, quasi vide

2

Persépolis au coucher du soleil : les bas-reliefs achéménides s'animent à la lumière rasante, impressionnant

3

Bazar-e Qeysariyeh : prendre un guide local (Amir coûtait 50 euros pour 3 heures) pour ne pas se perdre et comprendre les prix réels

4

Jardin de Fin à Kashan : cyprès centenaires, source d'eau fraîche, moins touristique qu'Ispahan

5

Restaurant Shahrzad pour le fesenjan et le thé à la menthe gratuit, terrasse sur la place, le soir quand les cars de touristes repartent

Album · 9 photos

Photos — Ispahan

Deux semaines à Ispahan et Persépolis : entre bazars étouffants et ruines majestueuses
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Conclusion

Et au final.

Deux semaines, c'est suffisant pour comprendre que l'Iran n'est pas une destination simple, mais elle a quelque chose d'attachant. Les gens sont curieux, souvent généreux, les monuments vieux de 2 500 ans vous regardent de haut, et la nourriture reste gravée dans la mémoire. La barrière de la langue et l'organisation touristique minimale peuvent être frustantes, mais c'est aussi ça qui rend le voyage réel.

En résumé

Avis Ispahan : carnet de voyage de 14 jours par marcaltitude

Destination
Ispahan →
Pays
Iran →
Durée
14 jours
Période
septembre · Automne
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@marcaltitude →
L'essentiel

Ispahan en bref

Pourquoi choisir Ispahan

  • Place Naghsh-e Jahan, plus grande place du monde, architecture achéménide et mosquée royale au dôme bleu
  • Ruines de Persépolis, palais achéménides vieux de 2500 ans, patrimoine UNESCO majeur à proximité
  • Bazars authentiques et labyrinthiques avec safran premium iranien, tapis et artisanat local
  • Gastronomie distincte : fesenjan, khorovash, safran iranien, thé à la menthe gratuit en tous cafés
  • Voyageurs reçus avec générosité et curiosité malgré barrière linguistique, expérience culturelle immersive

Pour qui ?

  • Passionnés d'archéologie et ruines antiques
  • Voyageurs en quête d'expérience authentique hors sentiers battus
  • Amateurs de gastronomie et cuisines régionales complexes
  • Couples tolérants aux défis organisationnels et linguistiques
  • Explorateurs de bazars et marchés traditionnels du Moyen-Orient

À éviter si…

  • Vous ne tolérez pas la barrière de la langue et les logistiques minimales
  • Vous cherchez un confort hôtelier garanti et une organisation touristique rodée
  • Vous êtes sensible aux odeurs de diesel et à l'air saturé des villes denses
  • Vous avez peu de temps : 14 jours minimum pour absorber et apprécier la destination
À découvrir aussi
Aéroport international d'Ispahan Shahid BeheshtiPlace Naghsh-e JahanPalais Ali QapuBazar-e QeysariyehMosquée Royale (Masjed-e Shah)PersépolisChirazKashanJardins de Fin (Bagh-e Fin)Rue Chahar BaghZayanderuod (fleuve)Gare routière ouest d'Ispahan

Photos communautaires : Ispahan

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Madrasa, Ispahan, Esfahan, Iran
Madrasa, Ispahan, Esfahan, Iran
© valerian.guillot
Imam square, Ispahan, Iran
Imam square, Ispahan, Iran
© valerian.guillot
Ispahan's Blue Mosque, Iran
Ispahan's Blue Mosque, Iran
© valerian.guillot
Esfahan's Blue Mosque, Iran
Esfahan's Blue Mosque, Iran
© valerian.guillot
Ispahan, Iran
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© girolame
Ispahan, Iran
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Ispahan, Iran
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Ispahan, Iran
Ispahan, Iran
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Questions fréquentes

FAQ — Ispahan

Quel est le meilleur moment pour visiter Ispahan?

Le carnet ne précise pas la saison, mais le voyage s'est déroulé sur 14 jours avec des températures permettant des visites à l'aube (6h) et en fin d'après-midi (16h). Évitez l'été extrême (plus de 40°C) et préférez l'automne ou le printemps pour explorer confortablement la place Naghsh-e Jahan et les bazars sans étouffer.

Combien coûte un séjour à Ispahan pour 14 jours?

Le taxi aéroport coûtait 10 euros, un repas complet entre 2 et 4,50 euros, le safran premium 50 euros les 5 grammes. La location voiture avec chauffeur pour Persépolis: 150 euros pour 10 heures. Les prix restent très accessibles comparé à l'Europe, même en cas de surclassement hôtel imprévu.

Comment se déplacer dans les bazars d'Ispahan sans se perdre?

Le bazar-e Qeysariyeh est un labyrinthe : le voyageur s'y est perdu 2 heures. Privilégiez les visites guidées ou allez tôt le matin. Ayez Google Maps téléchargé offline. La rue Chahar Bagh est un repère fiable pour les sections commerçantes organisées, notamment pour le safran.

Faut-il un guide pour visiter Persépolis?

Oui, le chauffeur Amir a expliqué l'histoire des ruines achéménides et les détails des bas-reliefs impossibles à comprendre seul. Les ruines s'étendent sur des terrasses hautes où la lumière rasante du coucher (16h) révèle des détails sculptés invisibles autrement.

Quelles précautions pour la barrière de la langue?

Le chauffeur de taxi ne parlait pas anglais : recourir à Google Maps avec photos est utile. Téléchargez une application de traduction offline. Malgré les difficultés, les Iraniens se sont montrés généreux et curieux, guidant les voyageurs même sans langue commune.

Où manger de l'authentique gastronomie iranienne à Ispahan?

Le restaurant Shahrzad face à la place Naghsh-e Jahan sert un fesenjan (ragoût de grenade et noix) pour 4,50 euros. Les petits restaurants routiers entre Ispahan et Chiraz proposent du khorovash (ragoût d'agneau) pour 2 euros. Le thé à la menthe gratuit est servi partout, extrêmement chaud.

Vaut-il la peine d'aller jusqu'à Persépolis depuis Ispahan?

Oui, à 70 km de Chiraz (2h30 en voiture). Les ruines du palais achéménide vieux de 2500 ans justifient le détour, particulièrement pour l'acoustique de la pierre et les bas-reliefs illuminés en fin d'après-midi. C'est l'un des sites archéologiques majeurs du monde.

Peut-on visiter Kashan en excursion depuis Ispahan?

Oui, à 200 km : le bus Safaei part de la gare routière ouest à 6h30 pour 2,50 euros. Les jardins de Fin (Bagh-e Fin) avec leurs cyprès millénaires et bassins offrent une pause fraîche bienvenue dans la chaleur désertique iranienne.