Isfahan et Shiraz : entre bazars étouffants et jardins persans apaisants
CarnetIran202612 jours

Isfahan et Shiraz : entre bazars étouffants et jardins persans apaisants

Nous avons atterri à l'aéroport international Imam Khomeini d'Isfahan un jeudi soir à 21 h 30, après un vol Turkish Airlines depuis Lyon (escale à Istanbul). Le taxi depuis l'aéroport coûtait 450 000 rials, soit environ…

MA
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Le récit

Comment ça s'est passé.

Nous avons atterri à l'aéroport international Imam Khomeini d'Isfahan un jeudi soir à 21 h 30, après un vol Turkish Airlines depuis Lyon (escale à Istanbul). Le taxi depuis l'aéroport coûtait 450 000 rials, soit environ 10 euros. L'odeur de pollution urbaine nous a frappés immédiatement, mélange de gaz d'échappement et de poussière désertique. Nous avions réservé une chambre à l'hôtel Abbas, un petit établissement tenu par un couple de Téhéranis, situé dans la ruelle derrière la Mosquée Sheikh Lotfollah. La nuit, depuis notre balcon, on entendait l'appel à la prière à 5 h du matin, criard et répétitif. Pas réellement du dépaysement, plutôt du choc. Isfahan : sous les arcades du bazarVendredi matin, nous avons marché vers la Naqsh-e Jahan. L'immensité de cette place m'a surpris – environ 500 mètres de long. Moins spectaculaire que prévu en photos. Nous avons filé au Bazar-e Bozorg d'Isfahan vers 8 h, avant qu'il ne devienne infernal. Les vendeurs criaient « Hello ! Carpet ! Souvenir ! » en même temps, un brouhaha permanent et fatigant. Nous avons pris un thé à la menthe (15 000 rials, 35 centimes) dans une petit café étouffant du bazar, sans climatisation. La température avait déjà atteint 38 degrés. J'avais commandé un « zereshk polo » (riz aux baies acidulées) au restaurant Azadeh, situé sous les arches de la place ; plat correct pour 85 000 rials (2 euros), mais trop salé et le riz un peu trop sec. Moment marquant : vers 10 h 30, alors que nous photographiions les tilework de la Mosquée Royale, un enfant d'environ 8 ans nous a abordés en anglais, demandant notre aide pour un « projet scolaire ». Mensonge classique. Ses copains attendaient à côté. Nous avons refusé fermement. Un malentendu culturel récurrent ici – la limite entre hospitalité et arnaque est floue. Samedi, nous avons pris un minibus orange (marshrutka) depuis la gare routière Kaveh vers Shiraz : 210 km en 4 heures. Dix-sept personnes dans un bus prévu pour quinze. L'chauffeur roulait à 130 km/h sur des routes en mauvais état. Pas d'arrêt toilette programmé – nous avons demandé après 2 h 30. La compagnie Behnam Bus était fiable, mais inconfortable. Shiraz : les jardins et les souvenirsShiraz, ville plus agréable. Moins de pollution, plus d'espaces verts. Nous avons séjourné chez une habitante via Airbnb, dans le quartier de Darvazeh Quran. La femme, Parisa, parlait français et nous a recommandé ses resto du coin. Le Jardin d'Eram (Bagh-e Eram) nous a vraiment apaisés – ce fut notre moment préféré du voyage. L'air frais sous les cyprès anciens, les fontaines qui clapotent, une température 3-4 degrés plus basse qu'en ville. Nous avons déboursé 200 000 rials (4,50 euros) pour l'entrée. Aucun touriste à 7 h du matin, juste des joggeurs locaux. Mausolée de Hafez : nous y avons passé 45 minutes. Une femme iranienne âgée nous a expliqué les versets du poète sur le marbre blanc. Elle ne parlait pas anglais, nous non plus le persan – mais l'échange avait du sens quand même. Ses yeux humides. Elle nous a offert du sucre d'orge rose traditionnel (nabat), gratuitement. Nous avons mangé une « fesenjan » (poulet à la grenade et aux noix) au restaurant Khaneye Shahrzad : 180 000 rials (4 euros), le meilleur plat du voyage. Goût acidulé intense, sauce veloutée. Le serveur nous a apporté du sangak chaud en supplément, pain plat cuit à l'ancienne. Cette générosité sans calcul nous a touchés. Retour vers Isfahan, galères inclusesRetour le mercredi en bus depuis Shiraz. Notre marshrutka n'est pas parti à l'horaire annoncé (14 h 15 au lieu de 14 h 00). Attente 45 minutes sans explication. Puis, à 60 km d'Isfahan, panne moteur sèche. Trois heures immobilisés sur le bas-côté sous 42 degrés. Pas de climatisation à l'arrêt. Le chauffeur transpirait à grosses gouttes, criait sur son téléphone en persan, complètement dépassé. Un passager nous a offert une bouteille d'eau limonée froide (zest de citron très amer, délicieux malgré tout). Nos derniers jours, nous avons revu Isfahan sans nouvelles découvertes. Le Palais Chehel Sotoun était fermé pour restauration (nous l'avions appris en arrivant devant, pas de communication préalable). Nous avons visité le Pont Si-o-se-pol à plusieurs reprises – ses arches reflétées dans la rivière Zayandeh restent belles, mais la rivière était à moitié à sec, moins dramatique qu'en photo.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Jardin d'Eram à Shiraz au lever du soleil (7 h) : cyprès centenaires, silence, 200 000 rials d'entrée

2

Bazar d'Isfahan avant 8 h du matin : tilework bleu et turquoise, moins de monde, thé à la menthe à 15 000 rials

3

Mausolée de Hafez : conversation non-verbale avec une habitante âgée qui offre du nabat rose traditionnel

4

Restaurant Khaneye Shahrzad à Shiraz : fesenjan à 180 000 rials, sangak offert en surplus

5

Minibus Behnam Bus Shiraz-Isfahan : expérience chaotique mais authentique de transport iranien, 210 km inconfortables

Album · 7 photos

Photos — Isfahan / Shiraz

Isfahan et Shiraz : entre bazars étouffants et jardins persans apaisants
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Conclusion

Et au final.

Ce voyage nous a divisés. Isfahan offre de véritables moments de grâce architecturale et Shiraz une humanité moins commerciale que celle que nous craignions. Mais la pollution urbaine, les fausses approches de touristes, les transports inconfortables et les coupures de programme impromptues ont gâché un tiers de notre séjour. À refaire, oui – mais en mai plutôt qu'en août, et avec beaucoup moins d'attentes.

En résumé

Avis Isfahan / Shiraz : carnet de voyage de 12 jours par marionfromlyon

Destination
Isfahan / Shiraz →
Pays
Iran →
Durée
12 jours
Période
septembre · Automne
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@marionfromlyon →
L'essentiel

Isfahan / Shiraz en bref

Pourquoi choisir Isfahan / Shiraz

  • Jardins persans centenaires offrant fraicheur et paix méditative loin des villes
  • Architecture islamique grandiose : mosquées tilework, ponts historiques, places monumentales
  • Coût ultra-réduit : repas 2-4 euros, hébergement 15-25 euros, transports bon marché
  • Rencontres humaines authentiques avec Iraniens hospitaliers au-delà clichés touristiques
  • Gastronomie persane riche : fesenjan, zereshk polo, sangak et thés traditionnels

Pour qui ?

  • Couples en quête de calme et jardins secrets
  • Voyageurs avec petit budget cherchant authenticité
  • Amateurs d'architecture islamique et histoire persane
  • Personnes tolérant inconfort logistique et imprévu
  • Photographes en quête de tilework et compositions géométriques

À éviter si…

  • Vous êtes sensible à la pollution urbaine et gaz d'échappement continu
  • Vous tolérez mal les températures extrêmes (38-42°C) et transports non climatisés
  • Vous cherchez confort, horaires fiables et communication préalable
  • Vous êtes allergique aux approches commerciales agressives en bazars
À découvrir aussi
Naqsh-e JahanBazar-e Bozorg IsfahanMosquée Sheikh LotfollahMosquée Royale IsfahanPalais Chehel SotounPont Si-o-se-polRivière ZayandehBagh-e Eram ShirazMausolée de HafezQuartier Darvazeh Quran ShirazAéroport International Imam KhomeiniGare Routière Kaveh Isfahan
Questions fréquentes

FAQ — Isfahan / Shiraz

Quel est le meilleur moment pour visiter Isfahan et Shiraz?

L'auteur recommande mai plutôt qu'août, évitant ainsi les températures extrêmes (38-42°C en août). Le climat désertique rend le voyage physiquement éprouvant en haute saison estivale, particulièrement en transports sans climatisation fiable.

Combien coûte un voyage de 12 jours à Isfahan et Shiraz?

Budget très réduit : thé menthe 35 centimes, repas 2-4 euros, taxi aéroport 10 euros, bus interurbain pour 210 km sur 4 heures. Les entrées (Bagh-e Eram 4,50 euros) restent minimes. Compter 300-500 euros pour deux personnes en hébergement modeste et repas locaux.

Comment se déplacer entre Isfahan et Shiraz?

Marshrutka (minibus orange) de la gare Kaveh : 210 km en 4 heures, fiable mais surpeuplé et inconfortable. Attention aux pannes moteur potentielles et absence d'arrêts toilettes programmés. Compagnie Behnam Bus exemple réel rencontré.

Quels sont les risques de tourisme et arnaque à Isfahan?

Approches d'enfants prétendant avoir un projet scolaire, demandant aide ou argent. Limites floues entre hospitalité authentique et escroquerie. Rester vigilant particulièrement au Bazar-e Bozorg où vendeurs multiplient les appels commerciaux agressifs.

Quels sont les incontournables à Shiraz?

Jardin d'Eram (Bagh-e Eram) pour son atmosphère paisible, cyprès centenaires et fontaines : moment préféré du voyage avec températures plus fraiches. Mausolée de Hafez pour rencontres humaines authentiques. Restaurants locaux pour gastronomie persane (fesenjan 4 euros).

La Naqsh-e Jahan d'Isfahan vaut-elle vraiment le détour?

Place monumentale de 500 mètres surprenant par son immensité mais moins spectaculaire que sur photos. Visiter au bazar avant 8h du matin, quand affluence et pollution restent réduites. Tilework de la Mosquée Royale vaut observation attentive.

Quels plats locaux essayer absolument?

Fesenjan au poulet, grenade et noix (4 euros chez Khaneye Shahrzad) : meilleur plat du voyage. Zereshk polo (riz baies acidulées) moins convaincant. Sangak pain plat traditionnel généralement offert en supplément. Thé menthe dans cafés du bazar.

Isfahan ferme-t-elle des monuments sans avertissement?

Oui : Palais Chehel Sotoun fermé pour restauration, découvert seulement sur place sans communication préalable. Vérifier l'état des monuments importants avant visite, prévoir alternatives.