Comment ça s'est passé.
Arrivés à l'aéroport de Sydney à 6 h du matin après 22 heures de vol avec Qantas, on était complètement hébétés. L'air était déjà chaud et sec, une vraie gifle après le climat parisien d'automne. On a pris le train Airport Link jusqu'à Central Station (15 AUD par personne), puis un Uber jusqu'à notre Airbnb à Surry Hills. Le chauffeur nous a parlé pendant 25 minutes de la compétition entre Cronulla et Manly pour le meilleur beach break. On n'a rien compris, mais on a adoré son accent. Les trois premiers jours, on a marché. Beaucoup. Bondi Beach, où on a vu des surfeurs en wetsuits affronter des vagues grises plutôt que le bleu turquoise des brochures. C'est violent, l'océan là-bas. On a pris un café au Bill's Bondi (cappuccino 4,80 AUD), assis sur la mezzanine, à regarder les gens faire des selfies devant la mer. C'est ça la réalité de Bondi : c'est bondé, bruyant, touristique, et honnêtement, on s'y sent comme dans un parc d'attractions. La galère : et la gare routière impossibleOn avait réservé un bus Greyhound vers Coffs Harbour pour le jour 5. Le problème : la gare routière s'appelle Coach Terminal et elle est au-dessus de Central Station, mais personne n'indique comment y monter. On a demandé à trois employés de la gare NSWRC, et chacun nous a pointé une direction différente. Au final, on a dû monter par un escalier de service, un gamin de 12 ans nous a dit « this way, mates » et nous a sauvés. Le bus avait 45 minutes de retard. On a raté notre première expérience programmée à Coffs Harbour. Mais sur la route, assis à côté d'une femme qui revenait d'une retraite spirituelle à Byron Bay, on a appris l'existence des koalas nocturnes de Yengo National Park. Elle nous a donné son numéro. On ne l'a jamais appelée, mais c'était gentil. Coffs Harbour et ses saveursCoffs est plus relaxe que Sydney. Moins touristique, des plages presque vides à 7 h du matin quand on est allés courir. On a mangé des fish and chips au Jetty Kiosk (18 AUD le barramundi frais), et là, le goût avait du sens. Le poisson sortait de l'eau probablement la veille. On s'est installés sur les rochers et on a regardé les pélicans chercher des restes. Une odeur d'algue salée montait avec le vent. C'est bête à dire, mais c'est là qu'on s'est senti vraiment en Australie. On a aussi visité le Solitary Islands Marine Park en snorkeling avec un guide nommé Derek qui roulait en Land Rover cassée et adorait raconter des histoires de requins qui n'ont probablement jamais eu lieu. L'eau était à 22 degrés. On a vu des coraux, des poissons tropicaux jaune vif, et une tortue verte qui s'en fichait complètement de nous. Byron Bay : la galère des hippiesByron Bay, c'est le rêve des gens qui veulent échapper au rêve. On y a passé 3 jours. Le problème : tout le monde y pense pareil, donc ça crée une sorte de monoculture à base de açai bowls (16 AUD) et de yoga au coucher du soleil. On a essayé. C'était serein, mais aussi un peu vide. On a dormi à la Byron Bay Beachfront Apartments. Sympa, mais surcharge pour ce qu'on avait (120 AUD la nuit). Le moment marquant : être allés au Cape Byron Lighthouse à 5 h 30 pour voir le lever du soleil. Seuls là-bas, le ciel passait du noir au rose au orange en 15 minutes. L'océan était calme comme du lait. On a entendu les cris des oiseaux marins qui se réveillaient. Et puis un groupe de 40 touristes avec des trépieds est arrivé. Mais les 10 premières minutes, c'était juste nous et cette lumière qui changeait. Ça méritait le coup. Sydney : retour et muséesOn a repris le bus pour Sydney (42 AUD). À Central Station, on s'est perdus en essayant de prendre le train vers Manly. On a dû demander à un contrôleur qui nous a littéralement mis dans le train en nous criant « Platform 5, go, go! » comme si on allait rater le départ. On n'a pas raté. Le trajet en train vers Manly (3,50 AUD) passe par des tunnels et des banlieues résidentielles. Manly Beach est plus jolie que Bondi, moins peuplée, avec des falaises rouges qui dominaient l'eau. On a musardé au Art Gallery of NSW (12 AUD), où une femme nous a dit qu'il fallait voir les œuvres d'art aborigènes. Elle avait raison. Les peintures avec les points, les histoires du Rêve, les couleurs rouge ocre et jaune, c'était hypnotisant. On a passé 2 heures là-dedans. Fish and chips au Jetty Kiosk à Coffs Harbour : le barramundi frais qui change toutLever du soleil au Cape Byron Lighthouse : arriver à 5 h 30 pour avoir 10 minutes seul avant les touristesAboriginal Art Gallery à Sydney : les peintures avec points du Rêve, deux heures de fascinationTrain Manly à Sydney depuis Central Station : fenêtres ouvertes, vent chaud, vraiment beauSnorkeling à Solitary Islands avec Derek et sa Land Rover cassée : tortue verte et coraux vivants
Les bons plans repérés sur place.
Jetty Kiosk à Coffs Harbour : barramundi frais grillé, 18 AUD, assis sur les rochers
Cape Byron Lighthouse : lever à 5 h 30, 10 minutes seul avant la foule des touristes
Snorkeling à Solitary Islands avec Derek : tortue verte à 3 mètres, eau à 22 degrés
Aboriginal Art Gallery à Sydney : deux heures devant les peintures du Rêve, entrée 12 AUD
Train vers Manly : trajet depuis Central Station, 3,50 AUD, fenêtre ouverte, falaises rouges
Photos — Sydney, Nouvelle-Galles du Sud
Et au final.
On repart avec la sensation d'avoir eu de la chance sur les petites choses : une tortue qu'on croise sans la chercher, un mec sympa dans un bus, une lumière à l'aube. Mais Sydney elle-même, c'est un peu déçu. C'est une grande ville sympa, touristique, avec de bons restaurants et des plages, mais rien qui casse les briques. La côte Nord de la Nouvelle-Galles du Sud, par contre, on y revient.
