Comment ça s'est passé.
Arrivé à Quito le 14 janvier par un vol Iberia via Madrid, j'ai tout de suite senti l'altitude : 2850 mètres. Les poumons brûlent légèrement, même en descendant tranquille du taxi depuis l'aéroport Mariscal Sucre. J'ai pris un Uber jusqu'à l'Hôtel Casa Gangotena dans le centre historique, 120 dollars la nuit, un peu cher mais les murs en pierre du XVIIe siècle valaient le coup. Le centre-ville de Quito pue la pollution et l'humidité mélangées. Les gaz d'échappement des minibus jaunes flottent partout. On respire avec difficulté les premiers jours. Mais dès qu'on monte à la Basilica del Voto Nacional à pied (une heure depuis la Plaza Grande), l'air devient plus clair, plus frais. La vue sur les toits coloniaux aux tuiles rouges vaut vraiment l'effort. J'ai mangé un locro de papa (ragoût de pommes de terre avec fromage) au restaurant La Mariscal pour 6 dollars, savoureux et réchauffant après cette montée. Le 16 janvier, prise de bus avec Flota Imbabura vers le sud, direction Vilcabamba. Neuf heures de route sinueuse, chauffeur qui klaxonne à chaque courbe. Les paysages changent brutalement : collines verdoyantes, nuages bas qui frôlent les vitres. À Vilcabamba, petit village de 5000 habitants, j'ai trouvé une chambre à l'Hosteria Izhcayluma pour 35 dollars. Le propriétaire, un Équatorien quinquagénaire, m'a raconté que le village attire beaucoup de retraités allemands qui y viennent pour la longévité supposée de ses habitants. Galère concrète du voyage : le 18 janvier, en randonnée vers les thermes naturels de Podocarpus, j'ai pris un guide local recommandé par l'auberge. Le mec m'a dit « deux heures maximum ». Résultat : cinq heures de marche chaotique, avec lui qui se trompait de sentier deux fois. Je suis arrivé aux sources chaudes à 16h30, épuisé. Mais l'eau était à 38 degrés, cristalline, entourée de rochers moussus. J'y ai trempé une heure entière, savourant cette délivrance après la sueur et la frustration. À Vilcabamba, j'ai goûté le ceviche d'eau douce (crevettes d'eau douce, pas de poisson) au restaurant El Terraza pour 8 dollars. Texture différente, goût plus subtil que le ceviche côtier. Le jus de citron vert piquait les papilles. Pain blanc chaud servi à côté, parfait. Le marché de Vilcabamba, tous les samedis matins, déborde de bananes plantain, d'avocats gros comme des poings, de tomates cerises locales. J'ai acheté 2 kilos de fruits frais pour 3 dollars. L'odeur des fruits fermentés, mélangée aux cris des vendeurs en espagnol, reste gravée. Une femme m'a roulé sur le poids d'une livre de café, mais c'était dérisoire. Le 20 janvier, avant de remonter vers Ambato, j'ai passé une journée au Jardín Botánico de Vilcabamba. Entrée 5 dollars. Les orchidées fleurissaient, certaines minuscules (2 cm), d'autres spectaculaires. La température y était stable, 18 degrés, agréable après les 22-24 degrés du village. Retour à Quito le 22 janvier par le même bus. Cette fois, le trajet m'a semblé plus court, ou j'étais juste habitué au paysage. J'ai dormi deux nuits supplémentaires à Quito, visité le musée de la Chambre de la Culture (Cámara de Cultura) pour 2 dollars, avec des œuvres d'art équatorien du XXe siècle. Beaucoup de thèmes paysans, de couleurs terreuses. Pas transcendant, mais solidement rodé. Le bilan équilibré : Quito offre vraiment une transition culturelle fascinante (architecture coloniale, musées décents), mais la pollution est pénible et les prix ont augmenté. Vilcabamba m'a apaisé, avec ses thermes et ses fruits. Les Équatoriens sont accueillants, même quand on se trompe de direction. Le coût global reste bas (60-80 euros par jour sans vols), ce qui permet de rester longer que prévu.
Les bons plans repérés sur place.
Basilica del Voto Nacional à Quito : montée à pied depuis Plaza Grande, vitraux impressionnants, entrée 2 dollars
Thermes naturels de Podocarpus près de Vilcabamba : eau minérale à 38 °C, attention aux faux guides
Restaurant La Mariscal à Quito : locro de papa et chicha de maïs fermentée, ambiance locale authentique, 6 dollars le repas
Marché du samedi de Vilcabamba : fruits frais à prix imbattables, négociation possible sans abus
Jardín Botánico de Vilcabamba : orchidées rares en floraison, calme absolu, 5 dollars d'entrée
Et au final.
Douze jours partagés entre l'énergie chaotique de Quito et la tranquillité montagnarde de Vilcabamba. L'altitude m'a fatigué au départ, et le trajet en bus était éprouvant, mais les rencontres humaines et la cuisine locale m'ont compensé. Je reviendrai, mais plutôt en mai pour éviter les pluies de février.