Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport Mariscal Sucre de Quito un mardi à 14 h 30, complètement désorientés par l'altitude (2850 m). L'air était sec, frais, presque piquant dans les narines. Dès la sortie, un chauffeur de taxi informel nous a surcharger de 8 dollars au lieu des 5 attendus pour rejoindre l'hôtel Casa Cultura dans le centre colonial. C'était notre première galère, mais aussi notre premier apprentissage : négocier avant de monter. Le centre historique de Quito nous a frappés différemment que prévu. Pas par une beauté surréelle, mais par l'usure. Les façades colorées de la Calle García Moreno flaquaient sous les intempéries, les vendeurs de souvenirs nous interpellaient sans cesse, les bus rouges qui passaient dégageaient des bouffées d'essence qui piquaient la gorge. Nous avons découvert le Mercado Central un mercredi matin vers 8 h : le sol était mouillé, glissant, les vendeurs criaient les prix des tomates et des avocats. Une femme vendait des humitas (pâtes de maïs enrobées dans des feuilles) pour 1,50 dollar. Nous en avons mangé deux, assises sur un banc, regardant les gens passer. C'était bon, mais gras, lourd au ventre. L'Amazonie : trois jours dans la réalitéNous avons pris un vol interne avec TAME (compagnie locale) vers Coca, une petite ville portuaire sur le Napo. Le vol a décollé avec quarante minutes de retard. Une fois là-bas, un guide touristique local, Miguel, nous a pris en charge pour une excursion de trois jours en lodge fluvial : l'Amazon Dolphin Lodge. Le trajet en pirogue a duré quatre heures. L'air était humide, collant à la peau. Les sons de la jungle n'étaient pas des symphonies douces, mais des crissements aigus, des appels aigus, répétitifs, sourds. Nous avons vu effectivement des dauphins roses du Napo au second jour, mais de loin, leurs silhouettes grises juste sous la surface, pas assez proche pour vraiment s'émouvoir. Le lodge lui-même était rudimentaire : chambres en bois avec moustiquaires, repas collectifs à 18 h. Miguel nous a servi du ceviche de poisson et une soupe de plantain. Honnêtement, ce n'était pas mémorable. Ce qui l'a été, c'est la nuit du deuxième jour. Miguel nous a réveillés à minuit pour observer les insectes bioluminescents. Nous avons marché pieds nus dans la boue tiède (presque 28 °C la nuit), autour de nous les sons nocturnes de la jungle, presque insoutenables. Un moment étrange, pas confortable, mais qui vous remue quelque chose. Miguel parlait peu, juste pointait, souriait. Nous sommes restés silencieux une heure. Retour à la côte et petits détails oubliésDe retour à Quito, nous avons visité le Teleferico, ce petit tramway qui monte à 3945 m. La température a chuté d'un coup. Il faisait 12 °C au sommet. Une fille entre deux randonneurs vendait du café de altiplano (café d'altitude) pour 2 dollars la tasse. Amer, riche, bon. Ça nous a réveillés. Nous avons mangé à La Mariscal, le quartier touristique. Ted's Montana Grill, un resto de biftek, 18 dollars le plat principal. Trop cher pour l'Équateur, mais c'était un relâchement. Nous avions envie d'un bon steak après les soups fluviales. Nous n'avions pas prévue de détails : cette fatigue liée au décalage qu'on traîne, l'impression d'avancer lentement même si on marche vite, les genoux qui crient après les escaliers du colonial. Un jour, nous nous sommes perdus en cherchant la gare routière Quitumbe pour prendre un bus express vers Otavalo (compagnie Transportes Ecuador, 8 dollars, trois heures). Nous avons marché 45 minutes en suivant notre GPS défaillant.Le repas du soir était souvent une empanada achetée dans la rue pour 0,75 dollar. Excellent, doré, chaud. Les vendeurs ambulants vers 18 h les gardaient dans un four portable gris. Notre dernier jour, nous avons pris un café chez Café Cultura (oui, homonyme de notre hôtel, coïncidence) dans La Floresta. Cappuccino correct, 4 dollars. Nous avons regardé passer les gens. Quito n'est pas Rome, n'est pas Cusco. C'est une ville de transit, bruyante, avec des murs gris, des graffitis, du béton. Mais elle bouge. Les gens y vivent vraiment.
Les bons plans repérés sur place.
Marché Central de Quito, mercredi matin vers 8 h : humitas à 1,50 dollar, jus de grenade frais
Napo River Lodge, pirogue au coucher, dauphins roses distants mais réels
Teleferico jusqu'à 3945 m : café d'altitude, froid sec, vue sur les nuages cotonneux
La Mariscal, bar à tapas 'Quiteño' : crevettes à l'ail, 6 dollars, ambiance locale sans touristes
Calle García Moreno au coucher : architecture coloniale usée mais encore debout, vendeurs de masques quichua
Photos — Quito / Provincias de Pichincha y Orellana
Et au final.
Deux semaines équatoriennes, c'était court mais dense. L'Amazonie nous a déçus un peu (moins d'animaux, plus de moustiques et de pluie que prévu), et Quito demande de l'effort pour être aimée. Mais le Napo à minuit, Miguel en silence, le café d'altitude au sommet du Teleferico : ça reste.
