Comment ça s'est passé.
Levé à 5 h le premier matin pour attraper le vol LATAM LR2421 depuis Paris. Arrivée à Quito vers 16 h 30 à l'aéroport Mariscal Sucre. Le taxi officiel m'a coûté 30 USD jusqu'à l'hôtel Casa Gangotena dans le centre historique, un vieux palais du XIXe siècle transformé en boutique-hôtel avec patio intérieur où pousse un oranger qui sentait bon le printemps même en octobre. Les trois premiers jours, j'ai exploré La Ronda, la ruelle la plus ancienne de Quito. L'odeur de la calle Morales était surréaliste : sucre d'orge grillé, fumée de cigares bon marché et urine de chat mélangées. J'ai mangé un locro de papas (ragoût de pommes de terre avec fromage frais) chez Mama Cuchara, situé au 1215 Calle Ambrosio Carbo. Compté 8 USD. La chaleur écrasante d'octobre m'a surpris malgré l'altitude (2 850 m). Le Palacio Carondelet (siège présidentiel) fermait ses portes en fin d'après-midi, et j'ai dû demander trois fois pour connaître les vrais horaires de visite : 10 h-13 h seulement, mardi au vendredi. Galère à noter. J'ai pris un bus urbain (0,25 USD, itinéraire n° 32 depuis la Avenida 10 de Agosto) vers le Parc La Carolina le mercredi. Trajet de 20 minutes. Un jeune à bord m'a fait du baratin pour un faux ticket de musée : arnaque classique, j'ai refusé. À midi, j'ai dégusté un encebollado (ragoût de poisson blanc avec oignons rouges) à l'Alley Cat Espresso Bar, très touristique mais les portions étaient vraies (12 USD). Le jus de guanabana frais était glacé et sucré, ça m'a revigoré après deux heures de marche. Le moment marquant : ascension du volcan Cotopaxi à 5 897 m avec un guide local, Diego, de l'agence Sierra Nevada Trek. Départ à 6 h du matin en minibus depuis Quito (tarif 80 USD la journée, groupe de quatre personnes). À 4 600 m d'altitude, j'avais mal à la tête, les mains froides. Diego m'a donné du thé de coca chaud (feuilles de coca bouillies) qui a vraiment aidé au mal d'altitude. La vue depuis le refuge était grise, nuageuse, pas spectaculaire comme je l'espérais. Décidé de ne pas monter jusqu'au sommet. Diego n'a pas insisté, professionnel. Puis cinq jours en Amazonie. J'ai pris un vol domestique avec la compagnie TAME vers le Napo (itinéraire Quito-Coca, 140 USD l'aller-retour). Arrivée à Puerto Francisco de Orellana, petit aéroport sans prétention. Une pirogue motorisée m'a conduit au Lodges Sable Blanco, trois heures sur le río Napo. Bruit constant du moteur, humidité à 85 %, le t-shirt collait à la peau. Nuit blanche : les sons nocturnes étaient flippants, singes à trois doigts qui hurlaient vers minuit, puis silence oppressant. Le lodge servait des repas basés sur le poisson local (tilapia, 15 USD le dîner). Une excursion dans la forêt profonde avec le guide Gustavo. Je m'attendais à voir des jaguars : j'ai vu trois papillons géants et des traces de capybara. Le retour fut mouvementé : la pirogue a eu une fuite le quatrième jour, réparation d'urgence avec du caoutchouc brut. Pas de panique, mais cinq heures d'attente sur le rio sous une pluie tropicale. Retour à Quito, puis dernier soir au restaurant Zazu (Calle Reina Victoria 1721) : fusion équatorienne, excellents ceviches de fruits de mer (28 USD). L'équipe m'a conseillé le caldo de bolas de leur mère, servi à midi seulement : ragoût de riz avec plantain frit. Promesse tenue le lendemain à 12 h 30 exactement.
Les bons plans repérés sur place.
La Ronda à Quito : ruelle pavée du XVIe siècle, boulangerie Pan y Arte (Calle García Moreno 1080) ouvert 7 h-18 h, pain frais à 1,50 USD
Refuge du Cotopaxi : 4 600 m, thé de coca et vue sur les nuages à 6 h du matin (prévoir vêtements chauds)
Puerto Francisco de Orellana : point de départ pour l'Amazonie, petit marché aux fruits tropicaux tôt le matin (ananas, passion, papaye à 1-2 USD le kilo)
Palacio Carondelet : visite guidée 10 h-13 h mardi-vendredi, gratuit, escaliers et dorures XVIIIe siècle
Casa Gangotena : patio intérieur, petit-déjeuner inclus 7-10 h, personnel anglophone
Photos — Quito
Et au final.
L'Équateur m'a impressionné par sa densité géographique et sa malveillance douce : climat, altitudes, et cultures qui se contredisent en quelques heures. Mais l'infrastructure touristique manque de transparence (prix cachés, fausses réductions, horaires flous). La Vallée de Quito vaut le détour, l'Amazonie moins que prévu : trop humide, peu d'animaux spectaculaires.






