Comment ça s'est passé.
On a débarqué à l'aéroport Julius Nyerere de Dar es-Salaam un mardi matin vers 8h30, complètement décalés. La chaleur nous a frappés dès la sortie de l'avion : 34°C et une humidité de fou. On a pris un taxi collectif blanc déglinguée (3500 TZS, environ 1,50 euros) jusqu'au centre-ville. Le chauffeur écoutait du Bongo Flava à fond, et on s'est retrouvés coincés dans un embouteillage monstrueux pendant 45 minutes sur la route de Morogoro. C'est là qu'on a compris : Dar, c'est pas des vacances de carte postale, c'est une vraie métropole africaine, bruyante, grouillante, chaotique. On a logé à l'hôtel Protea Dar es-Salaam (chambres à partir de 120 euros la nuit). Franchement, c'était correct mais un peu étouffant. Le premier jour, on a traîné dans la vieille ville près de la gare centrale de Dar es-Salaam. L'odeur mélange de diesel, d'épices et de sueur était partout. On a mangé dans une petite gargote sans nom près du marché Kariakoo : des urojo (soupe de tripes et pommes de terre frites) pour 5000 TZS. Délicieux mais notre estomac a protesté le soir même. C'est con à dire, mais on s'attendait à mieux côté hygiène. Le vendeur utilisait de l'eau du seau pour rincer les couteaux. Le moment qui m'a vraiment marquéeLe deuxième jour, on a visité le Musée national de Tanzanie. C'était fermé « pour maintenance » (on a jamais su si c'était vrai). On s'est retrouvé dehors avec 35°C à midi. Pas cool. Mais en cherchant un café, on a découvert le Slow Goat (tiny coffee shop rue Samora Machel) où on a bu le meilleur café au lait qu'on ait jamais eu : 8000 TZS. Le serveur nous a expliqué en anglais que les grains venaient des hauts plateaux du Kilimandjaro. On s'est posé deux heures là, à regarder passer les gens. Ça m'a changé de ma vision « touristique » de la ville. Direction ZanzibarAprès quatre jours à Dar, on a pris le ferry Precision Air vers Stone Town à Zanzibar (35 euros par personne, 1h de traversée). L'arrivée à Stone Town vers 11h du matin, c'était fou : les odeurs de clou de girofle, la labyrinte des ruelles étroites, les boutiques colorées. On a marché pendant deux heures sans GPS, complètement paumés, et on s'est arrêtés dans un restaurant au hasard : le Archipelago (excellent, plats entre 20 et 35 euros). J'ai mangé du poisson grillé à la sauce coco, vraiment trop bon. On a passé cinq nuits dans une riad traditionnelle (The Stone Town House, 90 euros la nuit) avec une petite cour intérieure. Les nuits, on entendait l'appel à la prière depuis la mosquée Jami (à 50 mètres) vers 17h. Au début, ça nous a choqués, puis finalement on a trouvé ça beau. On a exploré l'île : plage de Nungwi au nord (eau translucide, vraiment magnifique), et on a fait une excursion en dhow (bateau voilier traditionnel) pour snorkeler près de Pemba Channel. 50 euros par personne, 6 heures. L'eau était froide (je dirais 24°C), pas ce qu'on imaginait. On s'attendait à du turquoise tropical ; c'était plutôt bleu foncé. Une grosse galère : on a essayé de louer des scooters pour visiter l'île (15 euros la journée). On les a récupérés vers 10h, et vers 14h, un des deux a eu un pneu crevé en pleine route. Le loueur nous a dit que c'était de notre faute, qu'on devait payer 50 euros de réparation. On a refusé, on s'est énervés. Finalement, on a négocié : 20 euros. Pas ouf comme vibe. Dernier jour à Stone Town, on a pris un taxi jusqu'à la plage de Kiwengwa (côté est). On s'est arrêtés manger dans une petite warung au bord de l'eau : du riz avec du poulet tandoori pour 6000 TZS. C'était calme, tranquille. On regardait les pêcheurs tirer les filets au coucher du soleil vers 18h30. Là, j'ai eu l'impression que Zanzibar attendait juste qu'on arrête de la chercher comme des touristes.
Les bons plans repérés sur place.
Slow Goat Coffee (Dar es-Salaam, rue Samora Machel) : petit café tranquille avec vue sur la rue, vraiment notre refuge
Musée du Palais de Tippu Tip (Stone Town) : entrée 15000 TZS, hôtel ancien bien restauré avec balcons sur la baie
Plage de Nungwi (nord Zanzibar) : pas bondée en mai, eau transparente jusqu'à 5 mètres
Marché Kariakoo (Dar) : chaos complet mais authentique, fruits tropicaux à prix locaux (mangues 1000 TZS)
Excursion dhow au coucher du soleil : moins cher le soir (30 euros), moins de touristes que le matin
Photos — Dar es-Salaam / Zanzibar
Et au final.
Tanzanie, c'est complexe. Dar nous a paru sale et chaotique au début, puis on a trouvé du charme à sa rugosité. Zanzibar, c'est joli mais pas épargné par le tourisme de masse et les arnaqueurs. On recommande, mais il faut vraiment laisser les illusions de carte postale au vestiaire.
